L’AP contre l’inclusion des implantations dans l’accord scientifique US-Israël
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L’AP contre l’inclusion des implantations dans l’accord scientifique US-Israël

Considérées par certains comme précurseur de l'annexion de la Cisjordanie, Washington supprime les restrictions géographiques de 3 accords de coopération scientifique des années 70

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d'une réunion pour discuter de l'accord de normalisation des relations entre les Emirats arabes unis et Israël, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 18 août 2020. (Mohamad Torokman/Pool Photo via AP, File)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d'une réunion pour discuter de l'accord de normalisation des relations entre les Emirats arabes unis et Israël, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 18 août 2020. (Mohamad Torokman/Pool Photo via AP, File)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a condamné mercredi l’accord américano-israélien visant à étendre la coopération scientifique aux zones conquises par Israël lors de la guerre des Six Jours de 1967, le décrivant comme un premier pas vers la reconnaissance américaine de la souveraineté israélienne en Cisjordanie.

« C’est un précédent dangereux et inacceptable, que nous ne pouvons pas passer sous silence », a déclaré le porte-parole officiel d’Abbas, Nabil Abu Rudeineh, dans un communiqué.

« Nous rejetons cette politique américaine qui tente d’aider Israël à consolider son occupation des terres palestiniennes. Aucune de ces politiques ne donnera une quelconque légitimité à qui que ce soit. Les colonies vont un jour disparaître », a ajouté Abu Rudeineh.

Mercredi, Israël et les Etats-Unis ont signé un accord qui a supprimé toutes les restrictions géographiques précédentes de leur coopération scientifique, une mesure que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifiée de « victoire sur toutes les organisations et tous les pays qui boycottent la Judée et la Samarie », en utilisant le terme biblique pour la Cisjordanie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman signent un accord bilatéral à l’université d’Ariel en Samarie, le 28 octobre 2020. (Amos Ben Gershom/GPO)

Au cours d’une cérémonie festive à l’université d’Ariel, au cœur de la Cisjordanie, Netanyahu et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman ont signé un protocole modifiant trois accords des années 1970 qui constituent la base de la coopération scientifique bilatérale.

Ces accords stipulaient que les projets de coopération « ne peuvent être menés dans les zones géographiques qui ont été placées sous l’administration de l’État d’Israël après le 5 juin 1967, et ne peuvent porter sur des sujets concernant principalement ces zones ».

L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a déclaré en réponse à cette initiative que « l’interdiction des produits et services des colonies et la prise de mesures à l’encontre des entreprises opérant en Palestine occupée est une obligation de la communauté internationale pour mettre fin aux colonies israéliennes ».

L’OLP a ajouté que « les tentatives de l’administration Trump de normaliser [les colonies], comme il est clairement indiqué dans leur plan d’annexion (le fameux plan de paix pour la prospérité), sont un encouragement pour Israël à perpétuer son contrôle sur la terre et le peuple de Palestine et à leur refuser leur droit inaliénable à l’autodétermination ».

Une responsable de l’OLP, Hanan Ashrawi, a déclaré que cette décision était « une reconnaissance claire de l’annexion par Israël du territoire palestinien » et qu’elle « fait passer l’implication de l’administration Trump dans les crimes de guerre israéliens à une participation active et délibérée ».

Sous le président Donald Trump, les États-Unis ont reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan. Ils ont également inversé la position de longue date de Washington sur les implantations en Cisjordanie, arguant qu’elles ne violent pas nécessairement le droit international.

L’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, s’exprimant lors d’un événement à l’université d’Ariel en Samarie, le 28 octobre 2020. (Capture d’écran GPO)

« Il est évident que cette restriction géographique dans le cadre de ces trois accords était un anachronisme », a déclaré l’ambassadeur américain.
« Nous corrigeons un vieux tort, et nous renforçons une fois de plus le lien indissoluble entre nos deux
pays ».

L’ambassadeur a souligné que les États-Unis et Israël continueront à financer des projets basés sur la qualité mais ne refuseront plus de soutenir les chercheurs en raison de leur code postal. « Nous dépolitisons un processus qui n’aurait jamais dû être politisé en premier lieu », a-t-il déclaré.

Raphael Ahren a contribué à cet article.

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