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Lapid s’exprime sur Ben Gvir et sa crainte que Netanyahu conteste les résultats

Le Likud rejette cette crainte, jurant de respecter "la volonté des électeurs" ; le Premier ministre voudrait un gouvernement d'unité avec le Likud - sans son chef

Le Premier ministre Yair Lapid, chef de la faction Yesh Atid, s'exprime pendant une réunion de faction à Tel Aviv, le 18 octobre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Le Premier ministre Yair Lapid, chef de la faction Yesh Atid, s'exprime pendant une réunion de faction à Tel Aviv, le 18 octobre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le Premier ministre Yair Lapid a déclaré dans un entretien publié dimanche qu’il s’inquiétait de ce que le leader de l’opposition, Benjamin Netanyahu, puisse ne pas accepter la légitimité des résultats du scrutin du 1er novembre.

« Je crains cela, oui », a confié le Premier ministre au site d’information Ynet. « [Le bloc religieux et de droite] commence déjà à présenter des choses devant la Commission chargée des élections, et il est possible qu’il soit en train de planifier une initiative ou une autre si Netanyahu devait ne pas l’emporter – et je crois, moi, qu’il ne l’emportera pas. Je crains que Netanyahu ne tente de remettre en question la légitimité des élections. »

Lapid a indiqué que la meilleure option, pour la nation, serait la formation d’un gouvernement d’unité entre son parti Yesh Atid et le Likud – mais pas si ce dernier continuait à être dirigé par Netanyahu, qui est actuellement traduit devant la justice pour des faits de corruption.

« Le mieux serait un gouvernement d’unité avec le parti du Likud et sans Netanyahu. Netanyahu ne peut pas siéger au sein d’un gouvernement parce qu’il est au centre actuellement de trois mises en examen », a expliqué Lapid.

« C’est une affaire de valeurs. Il s’agit d’une personnalité qui est aujourd’hui mise en examen pour des faits graves. Netanyahu doit avant tout aller au terme de son procès », a-t-il continué. « Des personnes accusées de délits pénaux graves ne devraient pas occuper de hautes fonctions au sein de l’État d’Israël ».

Le Likud a rejeté les propos tenus par Lapid sur un possible refus d’accepter les résultats du scrutin, affirmant que le parti « est un symbole et un exemple de démocratie qui respecte toujours la volonté des électeurs ».

Le leader de l’opposition et chef du Likud, Benjamin Netanyahu, s’exprimant lors d’une conférence de l’Association des Fabricants d’Israël à Tel Aviv, le 19 octobre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Au cours de son entretien avec Ynet, Lapid a aussi fait savoir qu’il n’était pas inquiet à l’idée de la possibilité que le ministre de la Défense, Benny Gantz, prenne la décision de rejoindre Netanyahu dans un gouvernement. Gantz est un ancien partenaire de coalition de Lapid et de Netanyahu.

Gantz a tenté de se positionner comme troisième choix au poste de Premier ministre si Netanyahu et Lapid devaient être dans l’incapacité de rassembler une coalition.

La majorité des sondages ne donnent une majorité ni au bloc de centre-gauche de Lapid, ni au bloc de droite de Netanyahu. Le parti de Gantz, HaMahane HaMamlahti, obtient actuellement onze sièges dans les enquêtes d’opinion.

Le ministre de la Défense Benny Gantz parle lors d’une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 12 octobre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Alors qu’il lui était demandé s’il pourrait chercher un soutien extérieur pour la formation d’une potentielle coalition auprès du parti Hadash-Taal, à majorité arabe, Lapid a dit qu’il ne discuterait pas « de simples hypothèses ».

Il a néanmoins rejeté l’idée que la faction dirigée par Ayman Odeh puisse être un partenaire de coalition.

« Nous l’avons dit mille fois », a-t-il indiqué. « Ces partis ne veulent pas intégrer un gouvernement et, plus important encore, je ne le veux pas moi-même ».

Lapid a ajouté qu’il s’inquiétait d’un taux de participation électorale potentiellement faible chez les Arabes israéliens.

« Inquiet, c’est le bon terme… Il s’agit de 20 % des citoyens de l’État d’Israël, de citoyens qui ont des problèmes réels qui ont été négligés, comme un million d’autres choses qui ont été laissées de côté et notamment l’idée de sécurité individuelle », a-t-il continué, faisant référence au crime croissant qui touche la communauté arabe israélienne.

« La société israélienne – et c’est l’un des problèmes que nous devons affronter – est en proie à un sentiment profond de méfiance. La méfiance fait partie de nos vies dorénavant – la méfiance entre les différentes parties de la société israélienne, entre Juifs et Arabes, entre religieux et laïcs, et c’est ça que je combats », a poursuivi Lapid.

Le chef de Hadash Ayman Odeh (à gauche) et le chef de Taal Ahmad Tibi assistent à une réunion de la Liste arabe unie à la Knesset, le 30 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Lapid a ajouté être préoccupé par l’ascension du leader d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir.

« Voter pour Ben Gvir, c’est voter contre l’armée et c’est voter en faveur de ces gens qui agressent la 202e Brigade et ses soldats », a noté Lapid.

La semaine dernière, des résidents d’implantation – avec parmi eux au moins un soldat qui n’était pas en service – ont attaqué les troupes israéliennes qui tentaient de disperser une manifestation violente qu’ils avaient organisée à proximité de Naplouse, dans un contexte de tensions accrues en Cisjordanie. Quatre militaires, et notamment l’officier commandant le 202e bataillon des parachutes, avaient essuyé les gaz lacrymogènes utilisés par les habitants d’implantation à cette occasion.

Suite à cette attaque, Lapid avait indiqué que les agresseurs étaient « des émissaires de Ben Gvir » dont le parti HaTzionout HaDatit devrait remporter 16 à 14 fauteuils lors du scrutin du 1er novembre.

Le député du parti Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, s’exprime à Rishon LeZion pour la Douzième chaine, le 20 octobre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Dans quel monde Ben Gvir est-il une solution ? Le problème qu’il souligne est un problème réel – nous avons besoin de renforcer la sécurité individuelle, nous avons besoin d’une police, de soldats et de personnels de sécurité qui soient déployés partout dans les rues », a commenté Lapid dans l’article publié dimanche.

« Mais dans quel monde un homme qui n’a pas fait son service militaire, un homme qui a été condamné pour soutenir le terrorisme, qui ne sait absolument pas ce qu’il fait, est-il la solution à ce problème ? », s’est interrogé Lapid. « C’est un homme dangereux qui dirige des milices qui attaquent les soldats et les officiers de l’armée, et qui affirme être la solution. Mais il n’est pas la solution, il est le problème. »

Lapid a aussi évoqué la question du coût de la vie qui ne cesse d’augmenter, disant que son gouvernement mettait en œuvre des politiques pour tenter de s’y attaquer.

« Il n’y a pas de solution magique au coût de la vie et ceux qui disent le contraire sont des menteurs », a déclaré Lapid, confirmant qu’il faisait ici référence à des promesses de campagne faites par Netanyahu.

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