L’armateur français CMA-CGM met fin à sa desserte de l’Iran
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L’armateur français CMA-CGM met fin à sa desserte de l’Iran

"Vous ne pouvez pas diriger un groupe international dans 130 pays sans accès au monde financier américain," a déclaré le PDG Rodolphe Saadé

(FICHIERS) Dans ce dossier photo prise le 26 décembre 2015, le CMA CGM Benjamin Franklin, le plus grand porte-conteneurs jamais appelé dans un port nord-américain, est amarré au port de Los Angeles à San Pedro, en Californie.
 (Crédit : AFP/Robyn BECK)
(FICHIERS) Dans ce dossier photo prise le 26 décembre 2015, le CMA CGM Benjamin Franklin, le plus grand porte-conteneurs jamais appelé dans un port nord-américain, est amarré au port de Los Angeles à San Pedro, en Californie. (Crédit : AFP/Robyn BECK)

Le groupe français CMA-CGM, numéro 3 mondial du transport maritime par conteneur, a décidé de se retirer d’Iran en raison des sanctions américaines annoncées en mai par le président Donald Trump, a annoncé samedi son PDG Rodolphe Saadé.

« A cause de l’administration Trump, nous avons décidé de mettre un terme à la desserte de l’Iran », a-t-il déclaré aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, dans le sud-est de la France.

« Nos concurrents chinois hésitent un peu, donc ils ont peut-être des relations différentes avec l’administration Trump », a-t-il ajouté.

L’armateur français avait signé en 2016 un protocole d’accord avec l’Islamic Republic of Iran Shipping Lines pour échanger ou louer des espaces de navires, exploiter des lignes maritimes communes et coopérer sur l’utilisation de terminaux portuaires.

Interrogé sur la radio RTL en marge des Rencontres, le PDG du groupe pétrolier Total Patrick Pouyanné, qui avait déjà annoncé qu’il se retirerait d’un vaste projet gazier en Iran faute d’obtenir une exemption de Washington, a assuré n’avoir pas d’autre « choix ».

« Vous ne pouvez pas diriger un groupe international dans 130 pays sans accès au monde financier américain. Donc, de fait, la loi américaine s’applique et donc nous devons quitter l’Iran », a-t-il déclaré.

Mais « j’espère qu’on pourra revenir un jour en Iran », a poursuivi M. Pouyanné.

Selon lui, Total a perdu « 40 millions de dollars » à cause de l’abandon de son projet en Iran. « A l’échelle de Total, qui investit 15 milliards de dollars par an, ce n’est pas beaucoup », a-t-il souligné.

Donald Trump a annoncé début mai le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et le rétablissement des sanctions contre l’Iran ainsi que contre toutes les entreprises ayant des liens avec la République islamique.

Washington avait précisé que les sanctions seraient effectives immédiatement pour les nouveaux contrats et avait donné jusqu’à 180 jours aux entreprises étrangères pour cesser leurs activités avec l’Iran.

Cette annonce a commencé à faire fuir les investisseurs étrangers, comme le constructeur automobile français Peugeot ou l’armateur danois de navires pétroliers Maersk Tankers.

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