L’armée israélienne enquêterait sur la mort de plus de 20 Palestiniens
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L’armée israélienne enquêterait sur la mort de plus de 20 Palestiniens

L'armée serait en train de réunir les témoignages des soldats et des groupes de défense des droits de l'Homme

Enterrement de Abdel Rahman Abdullah, 13 ans, tué par l'armée israélienne pendant des affrontements dans un camp de réfugiés Aida près de Bethléem, en Cisjordanie, le 6 octobre 2015. (Crédit : AFP/Musa al-Shaer)
Enterrement de Abdel Rahman Abdullah, 13 ans, tué par l'armée israélienne pendant des affrontements dans un camp de réfugiés Aida près de Bethléem, en Cisjordanie, le 6 octobre 2015. (Crédit : AFP/Musa al-Shaer)

L’armée israélienne serait en train de mener des enquêtes sur la mort de près de deux douzaines de Palestiniens morts abattus par des soldats ou des membres des forces de sécurité dans des circonstances obscures depuis que la vague actuelle de violence et de terrorisme a commencé en octobre dernier.

L’avocat général militaire a ordonné une enquête sur la mort de tous les Palestiniens en Cisjordanie qui « n’ont pas été impliqués dans des activités de combat », a révélé le quotidien Haaretz jeudi. Il n’y a eu aucune confirmation officielle des faits rapportés dans l’article de Haaretz.

Selon l’article, plus de 20 incidents font l’objet d’une enquête militaire. Les militaires collectent les preuves et les témoignages des organisations locales de défense des droits de l’Homme et d’autres soldats présents sur les lieux.

Depuis que la vague d’attaques menées par des loups solitaires palestiniens a commencé l’année dernière, 35 Israéliens et 4 ressortissants étrangers ont été tués dans des attaques aux couteaux, des attaques à la voiture bélier ou des fusillades. Au moins 214 Palestiniens ont été tués par les forces de sécurité israéliennes dans la même période, environ les 2/3 d’entre eux pendant qu’ils menaient des attaques contre des Israéliens, et le reste lors d’affrontements avec les troupes, principalement en Cisjordanie, a déclaré l’armée israélienne.

Les Palestiniens ont appelé Israël à enquêter sur ce qu’ils prétendent être des « exécutions extrajudiciaires ». Une poignée d’incidents – certains qui ont été accidentels, selon l’armée – ont suscité l’indignation et le débat sur les règles d’engagement de l’armée israélienne.

Selon Haaretz, l’un des incidents qui est actuellement à l’étude est la mort d’un garçon palestinien de 15 ans qui a été tué par balle le mois dernier en dehors de la ville de Ramallah en Cisjordanie par des soldats israéliens qui l’ont pris pour un lanceur de pierres.

La famille de Mahmoud Rafat Badran a déclaré que le garçon était en train de rentrer à la maison d’un parc aquatique le 22 juin, lorsque les soldats ont ouvert le feu sur la voiture dans laquelle il était, le tuant sur le coup et blessant quatre de ses cousins. L’enquête initiale sur l’incident a révélé que Badran avait été abattu par erreur.

L’armée est également en train d’enquêter sur la mort d’Abd a-Rahman Obeid Allah, un adolescent palestinien de 13 ans qui – qui comme l’armée l’a admis précédemment – a été accidentellement abattu par des soldats qui tentaient de disperser une violente émeute dans un camp de réfugiés dans la région de Bethléem l’année dernière. A l’époque, les responsables de Tsahal avaient déclaré que les soldats avaient visé un homme adulte debout près d’Allah mais qu’ils avaient raté leur tir et avaient touché le garçon par erreur.

Les enquêtes israéliennes sur les soldats, les officiers des forces de sécurité, ou les membres de la police accusés d’avoir tiré à tort sur des Palestiniens donnent rarement lieu à des arrestations ou à des accusations criminelles.

Ces dernières années, le seul cas d’un soldat accusé d’avoir ouvert le feu sur des Palestiniens est l’affaire du sergent Elor Azaria, un sergent de Tsahal qui a été filmé en train de tirer dans la tête d’un terroriste palestinien désarmé plus tôt cette année.

Le 24 mars, Abdel Fattah al-Sharif et un autre Palestinien ont attaqué un soldat et un officier près du quartier de Tel Rumeida à Hébron avec un couteau. Al-Sharif a été neutralisé, blessé et désarmé par les troupes au point de contrôle. Environ 15 minutes plus tard, Azaria est arrivé sur les lieux et a abattu alors qu’al-Sharif neutralisait, gisait sur le sol.

Azaria, qui a maintenu qu’il avait tiré sur al-Sharif parce qu’il craignait qu’il ne porte un gilet explosif qui pourrait être utilisé pour nuire aux secouristes et aux autres soldats sur les lieux de l’incident, est jugé pour homicide involontaire.

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