L’armée ne parvient pas à aider les « soldats seuls » mais affirme « y travailler »
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L’armée ne parvient pas à aider les « soldats seuls » mais affirme « y travailler »

Un nouveau rapport détaille les nombreux points sur lesquels l’armée ne parvient pas à répondre aux besoins des soldats qui n’ont pas de soutien familial en Israël

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman et la ministre de l'Immigration Sofa Landver posent pour une photo avec des soldats seuls lors d'un événement à Tel Aviv, le 25 janvier 2018 (Flash90)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman et la ministre de l'Immigration Sofa Landver posent pour une photo avec des soldats seuls lors d'un événement à Tel Aviv, le 25 janvier 2018 (Flash90)

Selon un nouveau rapport du bureau du contrôleur d’Etat publié ce mercredi, l’armée israélienne s’efforcent de fournir les services nécessaires et importants pour les surnommés « soldats seuls » – les soldats qui n’ont ni famille ni soutien en Israël — et ont conscience des nombreux défis auxquels ces jeunes sont confrontés.

Environ 6 800 soldats servent actuellement dans l’armée israélienne et sont reconnus comme n’ayant pas de parents dans le pays ou ne recevant pas de soutien financier de leur famille. La plupart des soldats qui appartiennent à la première catégorie sont de nouveaux immigrants qui ont émigré en Israël seuls, tandis que le second groupe est surtout composé de citoyens nés en Israël et issus de milieux socio-économiques défavorisés.

Ces soldats seuls bénéficient d’avantages spéciaux, notamment un meilleur salaire, une aide au logement et davantage de jours de congés.

Malgré cela et suite à des sondages, le contrôleur d’Etat Yosef Shapira a découvert que les programmes de l’armée ne répondaient pas de manière adéquate aux besoins de ces soldats seuls.

Le contrôleur a examiné non seulement le traitement dont ces soldats seuls bénéficient lorsqu’ils sont dans l’armée, mais aussi la période qui suit leur service, constatant que beaucoup d’entre eux avaient du mal à s’intégrer dans la société israélienne.

« Il n’existe pas de programme inter-agences complet qui définisse les objectifs du pays concernant l’intégration dans la société israélienne des soldats seuls vétérans qui n’ont pas de soutien familial », indique le rapport.

Photo d’illustration de jeunes olim américains qui envisagent de s’enrôler dans l’armée israélienne comme soldats seuls, le 17 août 2015 (Nefesh B’Nefesh)

En juillet 2017, la Direction des ressources humaines de l’armée a distribué des questionnaires à 6 562 soldats seuls et reçu les réponses de 893 d’entre eux.

Les résultats étaient mitigés : 43 % des personnes interrogées avaient un avis positif concernant l’aide fournie par l’armée, 32 % l’ont qualifiée de « modérée » et 25 % ont répondu qu’elle n’était pas adéquate.

Les critiques les plus significatives portaient surtout sur les options de logement pour les soldats seuls.

L’armée propose à ces troupes différents choix de lieux de vie, et notamment des chambres dans des appartements réservés aux soldats, des lits dans des « maisons du soldat » gérées par une organisation caritative – une sorte d’hôtel militaire – ou un placement dans un kibboutz. Cependant, la majorité des soldats seuls renoncent à ces options en faveur d’une modeste allocation de logement qui leur permet de louer un appartement seul ou avec des colocataires.

Shapira a constaté que, bien que ces problèmes soient « connus et reconnus », la Direction des ressources humaines n’avait pas examiné « les besoins budgétaires et la qualité des solutions fournies par l’armée israélienne aux soldats seuls ».

En réponse, l’armée a déclaré qu’elle commencerait à mener un tel examen afin d’améliorer les options de logement.

Dans son rapport, le contrôleur critique également les organisations spécifiquement formées pour soutenir les soldats seuls mais qui violent les protocoles militaires en les aidant de façon directe.

Dans le but de s’éloigner de la vieille habitude des unités militaires israéliennes recevant des dons directement – ce qui a été jugé comme injuste et problématique –, l’armée a exigé que tous les dons passent par une organisation connue sous le nom de « United for Israel’s Soldiers ».

Cependant, le contrôleur a constaté que de nombreux groupes contournaient ce système.

Dans une déclaration, l’armée a affirmé avoir conscience du problème et travaillait afin de trouver « dans un proche avenir » une nouvelle façon d’obtenir des dons en faveur des soldats seuls.

Des colis en préparation pour les soldats seuls de Tsahal (Diego Mitelberg / FIDF)

Le bureau de Shapira a également décelé des défauts dans la façon dont l’armée traite les soldats seuls qui sont temporairement libérés pour des raisons médicales, bien que cela concerne un nombre relativement restreint de soldats. Dans un tel cas, ces soldats ont toujours droit à leurs avantages militaires, même si ceux-ci sont parfois jugés insuffisants, écrit le contrôleur.

La plupart des problèmes identifiés par le bureau de Shapira étaient déjà connus de l’armée, même si, pour une raison ou une autre, ils n’ont pas été traités, selon le rapport. Il a donc recommandé à la Direction des ressources humaines des forces armées d’enquêter et de corriger ces défauts.

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