L’armée se prépare à la guerre en 2018 – général israélien
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L’armée se prépare à la guerre en 2018 – général israélien

Le chef des opérations militaires dit que si aucune des deux parties ne désire le conflit, les victoires d'Assad en Syrie augmentent pourtant les probabilités d'un affrontement

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Illustration. Des soldats israéliens se préparent à ouvrir le feu sur le site où deux soldats israéliens ont été tués dans la région du mont Dov le nord le long de la frontière israélienne avec le Liban le 28 janvier, 2015. (Crédit : Armée israélienne)
Illustration. Des soldats israéliens se préparent à ouvrir le feu sur le site où deux soldats israéliens ont été tués dans la région du mont Dov le nord le long de la frontière israélienne avec le Liban le 28 janvier, 2015. (Crédit : Armée israélienne)

Un important général de l’armée israélienne a averti lundi que les possibilités d’une guerre sont plus importantes que jamais en 2018 au vu des batailles remportées sur le terrain de la guerre civile syrienne par le dictateur du pays, Bashar el-Assad, et ses alliés de l’Iran et du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

« L’année 2018 a le potentiel d’une escalade [de conflit militaire militaire], pas nécessairement parce que les parties voudraient l’initier mais en raison d’une détérioration graduelle des choses. Ce qui nous a mené à élever notre état d’alerte », a expliqué le général de division Nitzan Alon, chef des opérations de l’armée, au micro de la radio militaire lors d’un rare entretien.

Assad est sur le point d’éradiquer les dernières poches de résistance rebelle à Idlib et, à terme, dans le sud-ouest du pays, le long des frontières israélienne et jordanienne. Ce qui, selon Alon, offrira aux alliés du régime une opportunité de tourner leur attention vers Israël.

« Dans le secteur nord, il y a un changement qui s’opère en raison des développements stratégiques survenus dans les luttes internes syriennes. Les Iraniens et le Hezbollah, qui appuient Assad, commencent à être libres de construire leur puissance », a-t-il dit.

Maj. Gen. Nitzan Alon (photo credit: IDF Spokesman/Flash90)

« Nous ne laisserons pas cela arriver sans nous impliquer. Nous agissons et nous continuerons à agir », a-t-il dit, se référant apparemment aux frappes israéliennes rapportées en Syrie contre le Hezbollah et des cibles iraniennes.

Même si le pays s’oppose depuis longtemps à l’ancrage iranien en Syrie, Israël a adopté ces dernières semaines un ton de plus en plus belliqueux face aux actions de la République islamique là-bas et dans tout le Moyen-Orient, en particulier suite à un round d’affrontements aériens survenus au début du mois.

Le matin du 10 février, un drone iranien est entré dans l’espace aérien israélien et a été abattu par un hélicoptère de combat israélien. Les avions-chasseurs des forces aériennes ont mené une série de frappes en Syrie, notamment contre le centre de commandement mobile d’où un opérateur iranien avait activé le drone, selon les militaires.

Au cours de l’opération de représailles, un F-16 israélien a été détruit en vol dans le nord d’Israël, précipitant une nouvelle série de frappes aériennes qui ont permis d’éliminer entre un tiers et la moitié des défenses aériennes syriennes, selon les militaires.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tient un morceau du drone iranien abattu dans l’espace aérien israélien au troisième jour de la 54ème conférence sécuritaire de Munich organisée à l’hôtel Bayerischer Hof , dans le sud de l’Allemagne, le 28 février 2018 (Capture d’écran)

Dimanche, le Premier ministre a exhibé un morceau du drone iranien durant un discours prononcé à la conférence sécuritaire de Munich au cours duquel il a appelé le monde à reconnaître et à agir contre l’agression iranienne dans la région.

Alon a également averti que si la guerre était déclarée, l’Iran demanderait probablement à ses groupes mandataires de combattre Israël depuis le Liban, la Syrie et potentiellement depuis la bande de Gaza.

« La guerre contre le Hezbollah pourrait faire venir d’autres acteurs que nous devrons aussi combattre », a-t-il estimé.

Selon Israël, l’Iran fournit des financements aux deux plus importants groupes terroristes de la bande de Gaza : le Hamas et le Jihad islamique palestinien.

Les militaires israéliens évaluent que chaque groupe, à Gaza, est formé de milliers de combattants, possédant des réserve de roquettes et d’obus de mortier ainsi que des tunnels d’attaques dont certains pénètrent sur le territoire israélien. D’autres ont été creusés pour les conflits au sein de l’enclave côtière.

Alon a indiqué que des groupes palestiniens pourraient être appelés par l’Iran à participer dans les combats lors d’une future guerre.

« L’Iran ne se retiendra pas à Gaza. Le pays voudra payer ses intérêts en sang palestinien sur la frontière nord », a-t-il dit.

L’un des premiers F-35 israélien avec un F-16 pour son vol inaugural, le 13 décembre 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Il a poursuivi en disant que dans le cas d’une guerre, l’armée israélienne chercherait à riposter « avec le maximum de force en un minimum de temps ».

« Nous devons utiliser les avantages dont bénéficie l’armée israélienne face à ses ennemis avec autant de force que possible et aussi rapidement que possible », a précisé Alon.

Des responsables militaires et des analystes de la défense ont indiqué qu’un futur conflit avec le Hezbollah – qu’il soit considéré comme une troisième guerre contre le Liban ou comme une première guerre israélo-iranienne – serait dévastatrice pour l’Etat juif comme pour le Liban.

Le Hezbollah possède environ 150 000 missiles, qu’il pourrait envoyer sur Israël au rythme de plus de 1 000 missiles par jour, et le groupe s’est préparé à faire entrer des combattants au sein du territoire israélien et à attaquer des communautés situées à proximité de la frontière libanaise, en massacrant les résidents ou en les prenant en otages.

Israël, pour sa part, a préparé une liste massive de cibles du Hezbollah que l’Etat juif pourrait frapper par le biais de ses forces aériennes ou d’artillerie et les soldats ont été préparés à se battre sur des terrains ressemblant au Liban.

« Si la prochaine guerre éclate, cela sera dur. Mais avant tout, cela sera dur pour l’autre partie », a averti Alon. « Je ne pense pas qu’un citoyen israélien en viendrait à échanger sa place avec un citoyen libanais au cours de la prochaine guerre ».

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