L’Assemblée des experts reste aux mains des ultra-conservateurs iraniens
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L’Assemblée des experts reste aux mains des ultra-conservateurs iraniens

Renouvelée le 26 février, l'organe clé du régime en Iran est chargé de nommer, superviser et de démettre le guide suprême

Ahmad Jannati, le 16 octobre 2009 pendant le sermon du vendredi à l'Université de Téhéran. Il a été élu à la tête de l'Assemblée des experts de l'Iran le 24 mai 2016, l'organe clé qui supervise le travail du guide suprême du pays. (Crédit : AFP PHOTO / BEHROUZ MEHRI)
Ahmad Jannati, le 16 octobre 2009 pendant le sermon du vendredi à l'Université de Téhéran. Il a été élu à la tête de l'Assemblée des experts de l'Iran le 24 mai 2016, l'organe clé qui supervise le travail du guide suprême du pays. (Crédit : AFP PHOTO / BEHROUZ MEHRI)

Les ultraconservateurs gardent la main sur l’assemblée chargée en Iran de nommer le guide suprême, la plus haute autorité du pays, après l’élection mardi à sa tête de l’ayatollah Ahmad Janati, 89 ans, qui succède à un autre conservateur radical.

L’élection de M. Janati à la tête de l’Assemblée des experts est une défaite pour les partis modérés et réformateurs qui avaient fait campagne contre lui.

Et ce d’autant plus que les deux vice-présidents de l’Assemblée élus ce mardi, les ayatollahs Mohammad Ali Movahedi Kermani et Mahmoud Hachémi Chahroudi, sont également des conservateurs réputés.

L’ayatollah Janati a remporté une majorité de 51 voix (sur 85 votants) tandis que les deux autres candidats, les ayatollahs Ebrahim Amini et Chahroudi, ont obtenu respectivement 21 et 13 votes.

Renouvelée le 26 février au suffrage universel pour un mandat de huit ans, l’Assemblée des experts est chargée de nommer, superviser et éventuellement démettre le guide suprême. Elle pourrait être amenée à jouer un rôle primordial en raison de l’âge du guide actuel, l’ayatollah Ali Khamenei, 76 ans.

Les partis réformateurs et modérés, soutenant le président Hassan Rouhani et l’ex-président Akbar Hachemi Rafsandjani, tous les deux membres de cette assemblée, avaient fait campagne pour l’élection de l’ayatollah Amini pour faire barrage à l’ayatollah Janati.

A l’occasion des élections de cette assemblée le 26 février, la coalition des partis modérés et réformateurs avait demandé aux électeurs d’éliminer l’ayatollah Janati ainsi que deux autres religieux ultraconservateurs, les ayatollahs Mohammad Yazdi et Mohammad Taghi Mesbah Yazdi.

Ces deux derniers avaient été battus, M. Janati étant élu de justesse à Téhéran.

Son élection renforce les pouvoirs de M. Janati, connu pour ses positions anti-occidentales. Il dirige déjà le Conseil des gardiens de la Constitution, chargé de superviser les élections et d’approuver la conformité des lois votées par le Parlement avec la Constitution et les règles de l’islam.

L’élection de M. Janati est le signe que les conservateurs dominent toujours largement la nouvelle Assemblée des experts, malgré la défaite de MM. Yazdi et Mesbah Yazdi.

‘Assemblée révolutionnaire’

L’ayatollah Khamenei avait affirmé en mars que l’Assemblée des experts devait « rester une assemblée révolutionnaire, penser de manière révolutionnaire et agir de manière révolutionnaire ».

Dans un message envoyé mardi aux religieux, il a redit que « la responsabilité de l’Assemblée des experts est de préserver la nature islamique et révolutionnaire du régime ».

L’élection de M. Janati intervient à une semaine de celle du président du Parlement, dont les membres ont également été élus en février et avril.

Selon les médias, Ali Larijani, un conservateur modéré, devrait être réélu à la tête du Parlement face au chef de file des réformateurs/modérés Mohammad Reza Aref.

Les réformateurs avaient crié victoire après les deux tours des législatives du 26 février et du 29 avril. Leurs médias avaient affirmé que les élus réformateurs et modérés avaient obtenu la majorité.

Mais, selon un décompte de l’AFP fait à partir des résultats officiels, aucun des deux camps n’a obtenu la majorité absolue.

Certains candidats élus sur la liste des réformateurs penchent du côté de M. Larijani, tout comme certains indépendants.

« Larijani peut mieux diriger le Parlement qu’Aref », a récemment déclaré Gholamhossein Karbaschi, le chef du parti des Reconstructeurs, l’une des principales formations réformatrices du pays, au quotidien Shargh.

L’élection des présidents de ces deux assemblées est d’autant plus importante que les électeurs voteront dans un an à la présidentielle. Hassan Rouhani, un religieux modéré devrait être candidat pour un nouveau et dernier mandat de quatre ans.

Il mise sur sa politique d’ouverture et sur les retombées économiques de l’accord nucléaire du 14 juillet 2015 avec les grandes puissances pour se faire réélire.

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