L’avenir de la Tayelet de Jérusalem ? Sur Facebook, les locaux sont pragmatiques
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L’avenir de la Tayelet de Jérusalem ? Sur Facebook, les locaux sont pragmatiques

Lorsque la fondation l'ayant financé a demandé aux internautes ce dont le site avait besoin, un consensus est apparu : plus d'éclairage et de sécurité, pas d'attractions

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Un groupe touristique écoute un guide sur la promenade  Armon Hanatziv de Jérusalem avec la Vieille Ville en arrière-plan, en 2018. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Un groupe touristique écoute un guide sur la promenade Armon Hanatziv de Jérusalem avec la Vieille Ville en arrière-plan, en 2018. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Parfois, une question sur les réseaux sociaux peut apporter des véritables réponses.

Lorsque Karen Katzman Hanan, la représentante israélienne du Fonds Walter & Elise Haas, a demandé sur deux groupes Facebook privés de Jérusalem, la page anglaise « Arnona and Armon Hanatziv » et une autre page Facebook en hébreu, ce que les habitants aimeraient voir ajouter ou construire sur la Promenade Haas, également connue sous le nom de Tayelet, elle a été plus que surprise d’obtenir autant de réponses identiques.

« J’ai été époustouflée par la lecture des 250 à 300 réponses de personnes qui y vivent et qui l’utilisent », commente Karen Katzman Hanan. « Tout le monde a dit que ce dont ils avaient besoin étaient des choses très simples. »

Plusieurs personnes ont écrit qu’ils aimeraient un meilleur éclairage, des toilettes fonctionnelles, des agents de sécurité et peut-être un café ou un kiosque sur la promenade de 400 mètres de long, qui offre une vue imprenable sur Jérusalem et relie le côté palestinien de Jérusalem aux quartiers juifs voisins.

Ce qu’ils ne veulent pas ? Un London Eye miniature et des toboggans aquatiques.

En juillet, la Jerusalem Development Authority, une agence conjointe du gouvernement israélien et de la municipalité de Jérusalem qui promeut et développe l’économie de la ville, a annoncé des plans pour une grande roue et une série de 13 toboggans aquatiques descendant les pentes des trois promenades reliées entre elles qui surplombent la vieille ville de Jérusalem.

Selon une déclaration de la municipalité, l’objectif est de rafraîchir et de revitaliser les promenades, nommées d’après les donateurs Haas, Sherover et Goldman, en améliorant l’expérience touristique et en développant la zone comme un centre de culture, de loisirs et de divertissement.

La ville souhaite débarrasser le parc urbain du sentiment de dépérissement qui la caractérise depuis qu’il a été le théâtre d’un certain nombre d’attaques terroristes. La plus récente, en 2017, a été marquée par la mort de quatre soldats israéliens et onze autres ont été blessés. Ces incidents ont eu un effet dissuasif sur les visiteurs et les touristes.

Six hôtels sont également prévus sur un site en face de la promenade.

« Il y a toutes sortes d’attractions à la Disney sur ce site patrimonial incroyable », déplore Karen Katzman Hanan.

La Fondation Haas était au courant de ces plans depuis cinq ans, a-t-elle dit, et a exprimé son mécontentement.

Comme le complexe de divertissement prévu est considéré comme un projet de développement, les organisations impliquées ne sont pas tenues de demander l’avis du public, à l’exception de plusieurs réunions tenues au centre communautaire local au début du processus.

Karen Katzman Hanan représente aujourd’hui les troisième et quatrième générations de la famille Haas, dont la fortune est venue du poste de Walter Haas en tant que président puis président du conseil d’administration de Levi Strauss & Co, qui est devenu à l’époque la plus grande entreprise de vêtements au monde.

Les intérêts de la famille basée en Californie du Nord sont désormais plus locaux, précise-t-elle.

Les décisions concernant la grande roue et le toboggan aquatique doivent être prises dans les prochaines semaines, et Karen Katzman Hanan prévoit d’inclure les demandes des locaux, qui pourraient être traitées par un futur don de la fondation familiale.

« Les résidents se sentent frustrés de ne pas avoir leur mot à dire », rapporte la représentante, prévoit de tirer au clair les points les plus importants du fil de discussion sur Facebook.

« Je n’ai jamais vu un si grand consensus sur Facebook », indique-t-elle.

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