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Le 60e anniversaire de la Marche sur Washington se fera en présence de Juifs ce Shabbat

Une dizaine d'orateurs juifs prendront la parole devant les 75 000 personnes attendues. Créé il y 60 ans, ce mouvement comprendra cette fois des Juifs afro-américains

Des Américains installés en Israël défilent en direction de l'ambassade américaine de Tel Aviv avec des pancartes en hébreu sur lesquelles on peut lire « Les Américains en faveur de l'égalité des droits », le 28 août 1963. (Photo AP)
Des Américains installés en Israël défilent en direction de l'ambassade américaine de Tel Aviv avec des pancartes en hébreu sur lesquelles on peut lire « Les Américains en faveur de l'égalité des droits », le 28 août 1963. (Photo AP)

JTA – Il y a de cela soixante ans, peu de temps avant le célèbre discours « I Have a Dream » de Martin Luther King, Jr, prononcé sur les marches du Lincoln Memorial, le rabbin Joachim Prinz revendiquait l’égalité raciale dans un discours commençant par ces mots : « Je vous parle en ma qualité de Juif américain ».

Ce samedi, une dizaine de Juifs feront partie de la centaine d’orateurs qui prendront la parole depuis les marches de marbre du mémorial, pour ce qui est annoncé comme la continuation de la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté (en anglais March on Washington for Jobs and Freedom), à l’occasion de son 60e anniversaire. Au-delà de la marche anniversaire, le jour de Shabbat, une initiative invite à réfléchir à la question de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme lors du dîner du vendredi soir.

L’événement, coordonné par des organisations d’activistes dirigées par le fils de King, Martin Luther King III, le révérend Al Sharpton et d’autres leaders des droits civiques, devrait attirer 75 000 personnes, selon le Washington Post. La marche de 1963 en avait attiré plus de 200 000.

Les orateurs juifs sont rabbins, activistes ou représentants d’organisations juives et on trouve parmi eux des Juifs afro-américains. Yolanda Savage-Narva, vice-présidente adjointe de l’Union du judaïsme réformé pour l’équité raciale, la diversité et l’inclusion, explique à la Jewish Telegraphic Agency que la participation des Juifs de couleur est le signe que « notre pays a évolué ».

« Notre communauté comprend que les gens de toutes origines peuvent être de diverses confessions. La présence de Juifs de couleur à la tribune de la Marche sur Washington témoigne du fait que nous sommes des êtres pluriels », précise Savage-Narva, qui est afro-américaine et juive. « Nous ne sommes pas unidimensionnels, nous ne sommes pas que notre identité raciale, notre identité de genre, notre origine religieuse, les gens sont entiers. »

Savage-Narva devrait brièvement s’exprimer à la tribune et faire passer le message que les gens doivent « se rapprocher les uns des autres, établir des relations afin de connaitre notre histoire à chacun et nous voir b’tzelem elohim, à l’image de Dieu. Nous sommes tous enfants de Dieu. »

Le président américain John F. Kennedy pose le 28 août 1963 à la Maison Blanche avec un groupe de dirigeants de la Marche sur Washington. Le rabbin Joachim Prinz du Congrès juif américain est au centre, à la droite du Dr Martin Luther King, Jr. (Crédit : AP Photo)

La marche de 1963 a eu lieu pendant la campagne pour le Civil Rights Act, adopté l’année suivante.

Lors de la marche de ce samedi, King III, qui dirige le Drum Major Institute et perpétue l’action de son père, plaidera en faveur du renforcement du droit de vote et d’autres mesures destinées à protéger la démocratie américaine, indique le Washington Post.

« On a l’impression d’avoir régressé sur la question des droits civiques et humains. Papa parlait d’éradiquer les trois maux : pauvreté, racisme et violence », explique King III au Post. « Nous devons donc être plus vigilants, engagés, tout en fait. Et plus déterminés que jamais à résoudre ces gros problèmes. »

L’Anti-Defamation League, une organisation juive de défense des droits civiques co-présidera la marche et son PDG, Jonathan Greenblatt, prendra la parole. Il a rappelé que les dirigeants de l’ADL avaient déjà pris part à la marche initiale, « au moment où le simple fait de se tenir aux côtés du Dr King n’était pas nécessairement facile » en raison de la controverse sur les droits civiques.

« C’est une marche qui ne concerne pas seulement l’égalité pour les Afro-américains ou la lutte contre l’antisémitisme ». « Il s’agit de défendre tout le monde. »

Le PDG de l’ADL, Jonathan Greenblatt, à la tribune, aux côtés du procureur général du district de Columbia, Karl Racine, à gauche, pour intenter une action en justice contre les organisations à l’origine de l’insurrection du Capitole, s’exprime lors d’une conférence de presse au Capitole des États-Unis, le 14 décembre 2021. (Capture d’écran/Karl Racine Facebook Watch)

Greenblatt espère inciter à la coopération entre dirigeants afro-américains et juifs. « J’évoquerai plus particulièrement la nécessité pour les communautés afro-américaine et juive de travailler ensemble, ne pas laisser ceux qui ont des arrière-pensées nous diviser et nous concentrer sur ce que nous avons en commun, nos valeurs communes ».

Dans son programme pour la marche de samedi, l’ADL intègre le Shabbat autour d’une initiative destinée à vivifier les liens entre Afro-américains et Juifs.

Vendredi soir, l’ADL donnera un dîner de Shabbat avec l’auteur Michael Twitty, dont les mémoires « Koshersoul », évoquent son travail pour fusionner les histoires culinaires afro-américaines et juives. Des chambres d’hôtel ont été réservées à proximité du lieu de la marche pour permettre aux participants qui ne conduisent pas le Shabbat de s’y rendre et il y aura des offices pour les prières du matin, assure Greenblatt.

Michael W. Twitty en train de prier, en avril 2022. (Crédit : Johnny Shyrock)

L’ADL, la National Urban League et OneTable, organisatrice du dîner de Shabbat, ont lancé ensemble une initiative destinée à encourager la réflexion sur la Marche et la lutte contre le racisme et l’antisémitisme au moment des dîners de Shabbat. Le petit guide édité pour l’occasion comprend des textes de Juifs afro-américains et des suggestions d’actions.

« Shabbat est un moment de repos et de régénération pour les Juifs, et aussi un moyen de s’impliquer, faire communauté et faire comprendre aux autres à quel point ce moment est important », estime Savage-Narva. « Même si c’est Shabbat, c’est une sorte d’offrande de dire ‘Hineni’, je suis là, présent(e) car c’est important pour moi et ce qui fait mon identité ».

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