Le British Museum reporte une conférence sur l’Israël antique, invoquant la sécurité
Selon le musée, un grand nombre d'inscriptions avaient été prises par de potentiels manifestants : l'événement sera reprogrammé dès que la sécurité du public et l'intégrité de l'exposition seront garanties
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Le British Museum de Londres a reporté une conférence sur « L’Israël antique et la Judée au British Museum » qui était prévue ce jeudi dans le cadre du Mois de la culture juive, en invoquant des raisons de sécurité.
C’est Paul Collins, le conservateur du département du Moyen-Orient, qui devait animer cette conférence d’une heure sur la façon « de lire l’histoire des royaumes d’Israël et de Judée grâce à l’archéologie et à l’art du Moyen-Orient antique au sens large », en prenant appui sur les objets conservés au musée.
L’institution a annoncé mercredi que l’événement aurait lieu à une date ultérieure qui restera à déterminer.
« Ces derniers jours, nous avons été informés du fait qu’un nombre important de personnes inscrites étaient des individus ayant l’intention de semer le désordre lors de cet événement de façon à empêcher les autres d’y participer, compromettant la conférence », lit-on dans le le communiqué.
« Le British Museum reconnaît l’importance des manifestations autorisées et de la liberté d’expression au sein d’une société démocratique », poursuit la déclaration. « De la même manière, nous avons la responsabilité de veiller à ce que les événements organisés au sein du musée se déroulent en toute sécurité, dans le calme et sans intimidation envers les intervenants, le personnel ou les visiteurs. »
Des membres du collectif Jewish Artists For Palestine s’étaient, semble-t-il, inscrits à l’événement, mais l’identité exacte des groupes qui prévoyaient de manifester reste indéterminée.
Le Mois de la culture juive est le premier événement de ce type au Royaume-Uni, organisé par le Board of Deputies of British Jews [NDLT : Conseil des députés des Juifs britanniques]. Les festivités ont débuté le 15 mai dernier et elles se poursuivront jusqu’au 16 juin, au gré d’une centaine d’événements célébrant le patrimoine, la créativité et la culture juive au Royaume-Uni. De grandes institutions britanniques, dont la British Library, la Tate Modern, le Victoria and Albert Museum et la BBC, y participent.
Le musée s’est engagé à continuer d’apporter son soutien au Mois de la culture juive.
Lucy McDonald, attachée de presse adjointe du British Museum, a déclaré à l’agence JTA que le musée ne pouvait pas en dire plus sur les « dispositifs opérationnels ou de sécurité », renvoyant au communiqué officiel précisant que l’événement serait reporté « à une date ultérieure, dès que possible, dans un contexte tout autant respectueux du public que de l’intégrité de la conférence ».
Dans un communiqué publié en réaction à ce report, le Board of Deputies, l’organisation faîtière de la communauté, a déclaré : « Il est extrêmement regrettable que des individus aient cherché à perturber un événement du Mois de la culture juive célébrant le patrimoine culturel juif au British Museum. »
« Nous allons travailler avec nos partenaires du British Museum pour reprogrammer cet événement dès que possible », ont-ils ajouté.
Lors du lancement de l’événement, en début de mois, le président par intérim du Board of Deputies, Adrian Cohen, avait rappelé que ces rendez-vous s’adressaient tout autant aux membres de la communauté juive qu’au grand public, car « la culture juive britannique n’existe pas de manière isolée ».
Liat Rosenthal, directrice de la culture, de l’éducation et des communautés au sein du Board of Deputies, a ajouté : « La culture juive n’a jamais été figée derrière une vitrine. C’est une culture vivante, une culture de débat, une culture accueillante. C’est une culture de mémoire et de réinvention, faite d’histoires qui traversent les frontières et les générations et qui se réécrivent, encore et encore. »
Ces derniers mois, le British Museum s’est trouvé au cœur d’une polémique concernant l’utilisation du terme « Palestine » et de l’adjectif « palestinien » dans certaines de ses expositions.
En février dernier, à la suite de plaintes déposées par un groupe pro-israélien, le musée avait retiré certaines mentions de la « Palestine » et de personnes « d’origine palestinienne » dans plusieurs de ses galerie. Il examine encore actuellement d’autres cas, estimant que ces termes sont historiquement inexacts et qu’ils manquent de neutralité.
L’organisation UK Lawyers for Israel a annoncé par voie de communiqué avoir fait part de ses inquiétudes quant-à l’utilisation de ce terme sur les panneaux et cartels des galeries décrivant le Levant antique et l’Égypte.
L’antisémitisme a connu une forte recrudescence au Royaume-Uni depuis que le Hamas a déclenché sa guerre contre Israël, le 7 octobre 2023. L’an dernier, pas moins de 3 700 incidents ont été enregistrés, un chiffre que seul surpasse le record historique de l’année 2023, explique le Community Security Trust, une organisation sans but lucratif qui surveille l’antisémitisme et assure la sécurité des Juifs britanniques.
la Communauté du Times of Israël !







