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Le Centre Wiesenthal salue la fermeture de la mosquée de Beauvais pour radicalisme

L'institution réclame que des enquêtes soient menées sur les mosquées et les écoles coraniques au sujet de leurs financements et des antécédents de leurs imams

La grande mosquée de Beauvais en 2020. (Crédit : capture d’écran Google Maps)
La grande mosquée de Beauvais en 2020. (Crédit : capture d’écran Google Maps)

Le gouvernement français a annoncé mardi avoir lancé une procédure de fermeture administrative de la Grande mosquée de Beauvais, dans le nord du pays, pouvant aller jusqu’à six mois, estimant ses prêches radicaux « inacceptables ». Le Centre Simon Wiesenthal a réagi en saluant la fermeture de cette mosquée « pour son incitation à l’antisémitisme, à la haine anti-chrétienne et homophobe ».

« Aujourd’hui, nous avons enclenché la fermeture de la mosquée de Beauvais, (qui est) tout à fait inacceptable, qui combat les chrétiens, les homosexuels, les Juifs », avait déclaré le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur la chaîne Cnews.

La préfecture du département de l’Oise a confirmé « envisager » de prendre une telle décision de fermeture « pouvant aller jusqu’à six mois », sur la base de prêches « incitant à la haine », « à la violence » et « faisant l’apologie du jihad ». Elle a précisé avoir notifié la Grande mosquée, qui a 10 jours pour transmettre « toutes observations ».

Les autorités lui reprochent « certains propos tenus dans le cadre des prêches par l’un des imams de la mosquée, qui intervenait à titre bénévole » et a été « suspendu », a expliqué à l’AFP Samim Bolaky, avocat de l’association Espoir et fraternité qui gère le lieu.

Mais pour les autorités, cet homme, « présenté comme intervenant occasionnel », « en réalité fait office d’imam attitré ». Il tiendrait des propos faisant « l’apologie du jihad » et défendrait « une pratique rigoriste de l’islam » ainsi que « sa supériorité par rapport aux lois de la République ».

Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin arrive à l’Elysée avant la cérémonie en l’honneur des médaillés olympiques et paralympiques français au Tokyo 2021, à Paris le 13 septembre 2021. (Photo de Ludovic MARIN / AFP)

D’après le ministère, ses propos « fustigent » les « mécréants et présentent les sociétés occidentales comme islamophobes ». Ils poussent « les fidèles à rompre avec la République » et « incitent à la haine des homosexuels, des Juifs et des chrétiens ».

« La majorité des propos sont sortis de leur contexte », a rétorqué Me Bolaky. L’association qu’il défend « a toujours combattu le terrorisme, a toujours favorisé le vivre ensemble. C’est une mosquée qui est respectable », a-t-il assuré.

Selon le ministère de l’Intérieur, 2 623 mosquées et salles de prières sont établies sur le territoire national et parmi ces lieux de culte, « 99 étaient soupçonnés de séparatisme ». Tous ont « été contrôlés au cours de ces derniers mois ».

« Pour 36 lieux de culte, les contrôles ont permis de démontrer que la loi de la République y était strictement respectée, par exemple à la suite d’un changement d’imam ou de gouvernance associative », a indiqué le ministère.

En outre, « 21 lieux de culte sont actuellement fermés, du fait de prescriptions administratives, d’une décision judiciaire, d’une reprise de bail, de travaux ou d’une fermeture administrative », six « font l’objet d’une instruction qui permettra d’engager une fermeture, notamment sur la base de la loi séparatisme ».

La « loi confortant le respect des principes de la République », dite contre le « séparatisme », promulguée en août, contient une batterie de mesures portant sur la neutralité du service public, la lutte contre la haine en ligne, l’encadrement de l’instruction en famille, le contrôle renforcé des associations, la transparence des cultes et de leur financement.

Shimon Samuels (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Beauvais est la 21e fermeture à ce jour », a déclaré le Dr. Shimon Samuels, directeur du Centre Simon Wiesenthal pour les relations internationales. « En octobre, la mosquée d’Allonnes, près du Mans, a été fermée pour promotion du ‘jihad armé’… Sur quelque 2 600 mosquées, salles de prière et écoles islamiques en France, 99 ont à ce jour fait l’objet d’une enquête sur la base du projet de loi ‘anti-séparatisme’ du président Macron. Cela faisait suite à l’attentat contre un enseignant, décapité pour avoir montré des caricatures de Mahomet comme exemples de ‘liberté d’expression’ », a noté Samuels.

Le Conseil musulman de France (CFCM) a été appelé à signer une « Charte des valeurs républicaines », à signer également par tous les imams, rappelle le Centre Wiesenthal, qui réclame que des enquêtes soient menées sur les mosquées et les écoles coraniques au sujet de leurs financements et des antécédents de leurs imams.

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