Le chef de la diplomatie allemand accuse Israël d’ ‘apartheid’
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Le chef de la diplomatie allemand accuse Israël d’ ‘apartheid’

Une lettre ouverte d'une femme juive accuse Sigmar Gabriel de "fournir davantage de munitions aux jeunes qui ont été nourris à l'antisémitisme avec le lait de leur mère"

Sigmar Gabriel, ministre allemand des Affaires étrangères, à Yad Vashem, à Jérusalem, le jour de Yom HaShoah, le 24 avril 2017. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)
Sigmar Gabriel, ministre allemand des Affaires étrangères, à Yad Vashem, à Jérusalem, le jour de Yom HaShoah, le 24 avril 2017. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)

BERLIN – Le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a été vivement critiqué pour avoir suggéré qu’Israël poursuivait une politique d’ « apartheid ».

Au cours d’une réunion avec des représentants musulmans à la mi-décembre, Gabriel a raconté qu’il s’était rendu à Hébron il y a plusieurs années et qu’il avait dit que ce qu’il avait vu « lui rappelait l’apartheid », a rapporté le journal Berliner Zeitung.

Dans une lettre ouverte adressée à Gabriel, une femme juive a demandé des excuses pour « fournir davantage de munitions aux jeunes qui ont été nourris à l’antisémitisme avec le lait de leur mère », selon un article de l’hebdomadaire juif allemand, le Juedische Allgemeine.

Gabriel avait abordé la question de l’antisémitisme chez les musulmans en Allemagne avec un groupe de représentants communaux musulmans. L’événement était organisé par le Kreuzberg Initiative Against Anti-Semitism, une organisation non gouvernementale qui travaille dans des écoles avec des enfants issus de l’immigration, dans le but de combattre les attitudes antisémites dès le plus jeune âge.

Au lieu d’aider à combattre l’antisémitisme, Gabriel a attisé le feu, a déclaré la lettre de Malca Goldstein-Wolf.

Dans sa lettre ouverte à Gabriel, publiée sur le site Internet de défense d’Israël « Honestly Concerned » le 21 décembre, Goldstein-Wolf a applaudi l’idée de rencontrer des dirigeants musulmans. « Mais si vous utilisez cette occasion pour diffamer Israël en le traitant d’Etat d’apartheid, alors ce n’est pas seulement contre-productif, mais cela doit être condamné avec véhémence. »

Répondant à une question de l’hebdomadaire juif allemand, le bureau de Gabriel a déclaré qu’il avait souligné lors de la réunion qu’il n’y avait pas de place pour l’antisémitisme en Allemagne.

Ses commentaires, qui se référaient à sa visite de 2012 dans la région, reflétaient un article qu’il avait publié sur Facebook à l’époque accusant Israël de « régime d’apartheid ».

« J’étais à Hébron. Il y a un vide juridique là-bas pour les Palestiniens. C’est un régime d’apartheid, pour lequel il n’existe aucune justification », a écrit Gabriel, qui était alors président du principal parti d’opposition en Allemagne. La publication a rapidement attiré des centaines de réponses, la plupart provenant d’internautes pro-israéliens, dont certains ont menacé d’annuler leur adhésion au SPD.

Depuis qu’il est devenu ministre des Affaires étrangères, Gabriel s’est publiquement opposé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

En avril, Netanyahu a annulé une réunion prévue avec Gabriel après que celui-ci ait refusé d’annuler une rencontre avec Breaking the Silence, une ONG qui recueille des témoignages anonymes de soldats de l’armée israélienne sur de présumées violations des droits de l’homme en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Gabriel a également rencontré B’Tselem, un autre groupe qui s’occupe des questions de droits de l’homme et des campagnes contre la construction d’implantations israéliennes.

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