Le chef de l’ONU appelle « à la plus grande retenue » au Sahara occidental
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Le chef de l’ONU appelle « à la plus grande retenue » au Sahara occidental

Le Maroc a accusé l'Iran d'avoir livré des armes au Front Polisario, soutenu par l'Algérie, par l'intermédiaire du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, à l'ouverture de la 72e Assemblée générale de l'institution, à New York, le 19 septembre 2017. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)
Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, à l'ouverture de la 72e Assemblée générale de l'institution, à New York, le 19 septembre 2017. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé samedi dans un communiqué « à la plus grande retenue » au Sahara occidental, que se disputent le Maroc et le Front Polisario, en mettant en garde contre une modification du « statu quo ».

« Le secrétaire général suit de près l’évolution de la situation au Sahara occidental », note le communiqué diffusé par son porte-parole Stéphane Dujarric, sans préciser les raisons qui ont poussé à la publication de ce texte.

Conformément à la dernière résolution fin avril du Conseil de sécurité « et afin de maintenir un environnement propice à la reprise du dialogue sous les auspices de son envoyé personnel, Horst Köhler, (il) appelle à la plus grande retenue », indique le communiqué.

« Aucune action susceptible de modifier le statu quo ne doit être entreprise », insiste aussi Antonio Guterres, là aussi sans évoquer ce à quoi il fait allusion.

Ces derniers mois, le Maroc a accusé plusieurs fois le Front Polisario, un mouvement indépendantiste, d’actions visant à changer la donne sur le terrain, avec des mouvements de personnels et des transferts d’implantations administratives.

Rabat a aussi rompu le 1er mai ses relations diplomatiques avec l’Iran, accusé d’avoir aidé militairement, avec « l’appui » d’Alger, le Front Polisario. Selon le Maroc, Téhéran a livré, via son allié le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, des armes au Front Polisario, soutenu par l’Algérie.

Les intéressés ont démenti.

Le 27 avril, lors du renouvellement annuel de la mission onusienne Minurso d’observation du cessez-le-feu entre Maroc et Front Polisario, le Conseil de sécurité avait appelé les parties à des « négociations sans préconditions ». Le dernier round de discussions remonte à 2008.

Sa résolution exprimait aussi « sa préoccupation face à une présence du Polisario dans la zone tampon de Guerguerat » et appelait « à son retrait immédiat ». Elle chargeait Antonio Guterres de faire retomber les tensions récentes.

Fin avril, les Etats-Unis ont imposé à leurs partenaires du Conseil de sécurité ainsi qu’aux belligérants un renouvellement seulement pour six mois et non pour un an comme d’ordinaire du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental.

Selon des diplomates, Washington, sous l’impulsion de son nouveau conseiller présidentiel à la sécurité nationale John Bolton, entend mettre ainsi une pression maximale pour obtenir des résultats au Sahara Occidental, jugeant que ce conflit n’a que trop duré.

Le Maroc a pris en 1975, au départ de la puissance colonisatrice espagnole, le contrôle de la majeure partie du Sahara occidental, étendue désertique de 266 000 km2. Le Polisario y a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique (RASD) et combattu les troupes marocaines, jusqu’à un cessez-le-feu conclu en 1991.

Le Front Polisario réclame depuis un référendum d’auto-détermination alors que le Maroc rejette toute solution autre qu’une autonomie sous sa souveraineté.

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