Le chef de l’ONU appelle « à soutenir fermement » la conférence sur la Libye
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Le chef de l’ONU appelle « à soutenir fermement » la conférence sur la Libye

Antonio Guterres a également invité les belligérants à confirmer la cessation des hostilités, dans un rapport remis au Conseil de sécurité

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, à l'ouverture du sommet de la COP24 à Katowice, en Pologne, le 3 décembre 2018. (Crédit : Janek SKARZYNSKI/AFP)
Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, à l'ouverture du sommet de la COP24 à Katowice, en Pologne, le 3 décembre 2018. (Crédit : Janek SKARZYNSKI/AFP)

Le secrétaire général de l’ONU a appelé mercredi « à soutenir fermement » la conférence de paix pour la Libye dimanche à Berlin, alors que le chef de la diplomatie allemande se rend à Benghazi pour rencontrer l’homme fort de l’Est libyen, Khalifa Haftar.

Antonio Guterres a également invité les belligérants à confirmer la cessation des hostilités, dans un rapport remis au Conseil de sécurité.

« J’exhorte toutes les parties belligérantes à consolider rapidement la cessation sans condition des hostilités développée sous les auspices des présidents de la Russie et de la Turquie et à s’engager de manière constructive à cette fin, y compris dans le cadre du processus de Berlin », écrit Antonio Guterres dans ce document obtenu par l’AFP.

En vue de la conférence prévue dimanche à Berlin, le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a annoncé une visite surprise à Benghazi et affirmé avant son départ qu’une « fenêtre » s’ouvrait pour faire cesser les ingérences étrangères dans le conflit.

« J’espère que toutes les parties vont saisir cette occasion de remettre l’avenir de la Libye entre les mains libyennes », a ajouté M. Maas qui rencontrera sur place le maréchal dissident Haftar. Il effectue ce déplacement après avoir déjà rencontré la semaine dernière le chef du gouvernement d’union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj.

(FILES) L’homme fort de Libye Khalifa Haftar salue pendant une parade militaire à Benghazi, à l’est de la Libye, le 7 mai 2018 (Crédit : Abdullah DOMA / AFP)

« Pour cela la disposition (de chacun) à un véritable cessez-le-feu et la participation des deux parties en conflit au format de dialogue proposé par les Nations unies sont requises », a-t-il insisté, précisant que c’était « dans l’intérêt de la population libyenne ».

A New-York, en se félicitant de la tenue de la conférence de Berlin, à laquelle il assistera, le secrétaire général de l’ONU rappelle qu’elle vise « à unifier la communauté internationale afin de mettre un terme au conflit et revenir à un processus politique en créant les conditions nécessaires à un dialogue inter-libyen ».

« J’exhorte tous les Etats membres et les organisations régionales à soutenir fermement le sommet de Berlin », souligne-t-il.

En évoquant « les interférences extérieures », l’arrivée dans le pays de matériels de guerre et de combattants étrangers – dont il se garde de préciser la nationalité – au profit des deux côtés, le chef de l’ONU avertit que « tout soutien étranger aux parties en guerre ne fera que renforcer le conflit en cours et compliquer les efforts pour un engagement international clair vers une résolution pacifique de la crise dans le pays ».

Le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj, à Rome,le 26 octobre 2018. (Crédit . Filippo MONTEFORTE / AFP)

Antonio Guterres précise dans son rapport que le projet de communiqué qui doit être publié lors de la conférence de Berlin est organisé autour de « six volets » : « cessation des hostilités et cessez-le-feu permanent; application de l’embargo sur les armes; réforme du secteur de la sécurité; retour à un processus politique; réforme économique; et respect du droit humanitaire et des droits humains ».

Plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est aujourd’hui déchirée par un conflit civil entre le gouvernement du GNA, reconnu par l’ONU, et les forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen.

Si le GNA, soutenu notamment par la Turquie qui a récemment autorisé l’envoi de militaires dans le pays, a signé un accord de cessez-le-feu, le maréchal Haftar, appuyé entre autres par l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et l’Arabie saoudite, ne l’a toujours pas fait. Malgré ses dénégations, la Russie est soupçonnée d’aider aussi Khalifa Haftar avec des armes, de l’argent et quelque 2 000 mercenaires.

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