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Le Congrès juif mondial salue le plan de l’UE pour combattre l’antisémitisme

Le Conseil de l'Europe a "déploré l'augmentation alarmante du nombre d'incidents à caractère raciste et antisémite, et invité les États membres à élaborer des stratégies"

Assemblée plénière du Conseil de l'Europe. (Crédit : Wikipédia)
Assemblée plénière du Conseil de l'Europe. (Crédit : Wikipédia)

Le Congrès juif mondial (WJC) s’est félicité de l’adoption jeudi dernier par le Conseil de l’Union européenne de mesures visant à combattre le racisme et l’antisémitisme.

Dans ses conclusions, le Conseil a « déploré l’augmentation alarmante du nombre d’incidents à caractère raciste et antisémite dans les États membres de l’UE, et invité les États membres à élaborer des plans d’action et des stratégies d’ici fin 2022, pour mettre en œuvre le plan d’action de l’UE contre le racisme (2020) et la stratégie européenne de lutte contre l’antisémitisme (2021) ».

Le Conseil a notamment souligné « l’importance de l’éducation et de la formation », « invité les États membres à sensibiliser leur population à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme et à pérenniser le devoir de mémoire envers les victimes de violences racistes et antisémites », et encouragé « les États membres à promouvoir la recherche et l’éducation sur la vie juive, l’antisémitisme et l’Holocauste, ainsi que sur le racisme et l’esclavage ».

« Dans ces conclusions, les États membres sont invités à demander instamment aux médias, aux réseaux sociaux et aux entreprises de technologie et de communication d’appliquer les codes de conduite convenus au niveau européen et d’adopter des solutions pour détecter, évaluer et supprimer rapidement les discours de haine illégaux en ligne », a rapporté le Conseil. « En outre, les États membres devraient renforcer leur capacité à poursuivre en justice les crimes et discours de haine illégaux en ligne, notamment en mettant en place des observatoires de la haine en ligne et des plateformes permettant aux citoyens de dénoncer les contenus haineux. »

Rassemblement place de la République pour protester contre l’antisémitisme, à Paris, en France, le mardi 19 février 2019. (Crédit : AP / Thibault Camus)

Aussi, concernant les signalements et les enquêtes, les États membres ont également été invités à « encourager les victimes et les témoins d’incidents à caractère raciste ou antisémite à signaler de tels incidents, à veiller à ce que ces signalements fassent bien l’objet d’enquêtes, et à offrir un accompagnement avec un soutien psychologique, social et matériel quand cela apparaît nécessaire ». Il a enfin été demandé aux États membres « d’inclure des contenus sur la lutte contre la discrimination dans la formation des autorités répressives et judiciaires, et à élaborer des bonnes pratiques pour identifier et soutenir les victimes ».

Il est aussi demandé aux États membres de « veiller à ce que les coordinateurs nationaux, les organismes publics, les partenaires sociaux et les organisations de la société civile, collaborent étroitement afin d’élaborer des mesures de prévention et d’évaluer leur efficacité ».

« La lutte contre le racisme et l’antisémitisme est l’une des priorités de l’UE », a rappelé le Conseil. « La Commission européenne a présenté en septembre 2020 un plan d’action contre le racisme, qui comporte une série de mesures pour les cinq prochaines années. Ce plan d’action appelle à une meilleure application du droit européen, à une coordination plus étroite, à des activités de police et à une protection équitable, à des actions de sensibilisation et à une meilleure collecte des données. En octobre 2021, la Commission a présenté une stratégie de lutte contre l’antisémitisme et de soutien à la vie juive. Cette stratégie prévoit une série de mesures s’articulant autour de trois piliers : la prévention de toutes les formes d’antisémitisme ; la protection et le soutien de la vie juive ; et la promotion de la recherche, de l’éducation et de la mémoire de la Shoah. »

Dans son communiqué se félicitant de ces conclusions, le Congrès juif mondial rapporte avoir travaillé « en étroite collaboration avec les gouvernements européens à tous les niveaux, ainsi qu’avec les communautés juives à travers l’Europe, pour codifier ces nouvelles mesures de lutte contre la haine anti-juive ».

Illustration : Une jeune femme tient un panneau contre l’antisémitisme, le 15 octobre 2020, à New York. (AP Photo/Kathy Willens)

« Les conclusions qui viennent d’être publiées démontrent que la France et l’ensemble des dirigeants de l’Union européenne reconnaissent le danger que représente l’antisémitisme pour le peuple juif et la société en général », a déclaré le président du WJC, Ronald S. Lauder. « Nous ne devons jamais être passifs ou négligents dans la lutte contre l’antisémitisme ou toute autre forme de sectarisme. »

« Nous faisons également écho aux sentiments de Francis Kalifat, vice-président du WJC et responsable du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), qui a appelé la France et d’autres nations à développer une stratégie nationale ciblée pour combattre l’antisémitisme en reconnaissant qu’il est distinct des autres formes de haine », a-t-il ajouté.

Selon le Congrès juif mondial, l’engagement du Conseil à combattre la plus ancienne haine du monde est « plus crucial que jamais » alors que l’antisémitisme continue de progresser en Europe – « une étude récente a relevé 10 incidents antisémites par jour dans le monde, dont près de la moitié en Europe », rappelle le communiqué. « Les États membres devront maintenant adopter les politiques spécifiques définies pour s’assurer que la haine des Juifs est combattue de front, que les auteurs sont tenus responsables et que les générations futures apprennent que toutes les formes de haine sont inacceptables. »

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