Le conseil municipal dit ne pas être responsable de la décision de bloquer la construction d’une synagogue pour raisons sécuritaires
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Le conseil municipal dit ne pas être responsable de la décision de bloquer la construction d’une synagogue pour raisons sécuritaires

Les leaders juifs critiquent la décision qui a été prise dans une banlieue de Sydney et prévoient de porter plainte pour assurer la poursuite du projet

Un dessin d 'architecte montre le projet de synagogue qu'un groupe affilié au mouvement Habad, l'Amicale des réfugiés d'Europe de l'est, espérait faire construire à proximité d'une plage populaire de Sydney, en Australie (Crédit : Amicale des réfugiés d'Europe de l'est)
Un dessin d 'architecte montre le projet de synagogue qu'un groupe affilié au mouvement Habad, l'Amicale des réfugiés d'Europe de l'est, espérait faire construire à proximité d'une plage populaire de Sydney, en Australie (Crédit : Amicale des réfugiés d'Europe de l'est)

Le conseil municipal d’une banlieue de la ville la plus importante d’Australie a expliqué n’être pas responsable de la décision prise d’interdire la construction d’une synagogue dans la mesure où elle pourrait devenir la cible d’un attentat terroriste.

Dans une déclaration faite vendredi, le conseil de Waverley a indiqué que cette décision de bloquer le projet de synagogue avait été prise par un tribunal de planification urbaine locale, qui affirmait que la congrégation n’avait pas géré les inquiétudes sécuritaires qu’elle avait elle-même soulevées dans son dossier de développement.

« Le conseil de Waverley n’a pas refusé ce dossier », a fait savoir le conseil. « Cette décision a été prise par le tribunal de la terre et de l’environnement et confirme qu’une synagogue est un usage autorisé à cet endroit ».

La congrégation Habad, connue sous le nom d’Amicale des réfugiés d’Europe de l’est ou FREE, avait cherché à ériger une synagogue à proximité du quartier populaire de Bondi Beach dans la banlieue de Sydney. Il a appelé le rejet de ce dossier – pour des raisons évoquant des « risques potentiels pour les usagers et les autres membres du public en général » – une récompense du terrorisme.

Photo d'illustration de Bondi Beach à Sydney, en Australie, en janvier 2009 (Crédit : CC BY-SA Liz Lawley, Flickr)
Photo d’illustration de Bondi Beach à Sydney, en Australie, en janvier 2009 (Crédit : CC BY-SA Liz Lawley, Flickr)

Selon le conseil, la congrégation FREE a soumis un rapport sur l’analyse des risques qui a été préparée par un consultant en anti-terrorisme dans le cadre de son dossier de candidature. Le rapport a identifié un certain nombre de risques et de menaces potentiels envers la synagogue. Le conseil a noté que FREE avait cherché un jugement auprès du Tribunal de la terre et de l’environnement, qui a estimé que les risques potentiels n’étaient pas suffisamment considérés.

« La communauté de Waverley s’enrichit de nos différentes confessions et lieux de culte, dont nos synagogues », a fait savoir le conseil dans son communiqué. « Le conseil de Waverley a une histoire forte de partenariats avec la communauté juive et il continuera à oeuvrer étroitement aux côtés de la communauté et des organisations juives ».

L’un des trois conseillers juifs de Waverley, Leon Goltsman, a expliqué à JTA que « son passé montre très exactement combien ce conseil a travaillé pour la communauté juive, et la manière dont les principaux médias se sont hâtés de sauter sur une information sans effectuer de recherches préalables sur les faits est déplorable ».

Les leaders communautaires ont été toutefois choqués par la décision, un porte-parole de FREE affirmant qu’elle est « sans précédent ».

« Les implications sont énormes », a commenté un porte-parole, le rabbin Yehoram Ulman, auprès de news.com.au. « Cette décision implique à la base qu’aucune organisation juive ne devrait exister dans les zones résidentielles. Elle étouffe l’existence juive et les activités communautaires à Sydney et, en effet, en créant un précédent, dans toute l’Australie, récompensant par extension le terrorisme ».

D’autres responsables juifs ont également tiré la sonnette d’alarme, disant que la décision est inacceptable et perturbante.

Peter Wertheim, directeur du Conseil exécutif de la communauté juive australienne, a indiqué au Times of Israël que cette décision était « mystérieuse autant qu’inquiétante ».

« La menace du terrorisme islamiste concerne tout le monde, pas seulement la communauté juive. Va-t-on cesser de construire des églises et des temples hindous dans nos banlieues simplement parce que ces édifices pourraient devenir les cibles de terroristes islamistes ? Est-ce qu’on va cesser de construire des mosquées simplement parce qu’elles pourraient devenir les cibles d’extrémistes anti-musulmans ? », a-t-il demandé.

Wertheim a suggéré que « la bonne manière de traiter les menaces émanant de terroristes est de prendre des précautions de sécurité, tout en maintenant malgré tout notre manière de vivre », et il a prédit que « les propriétaires du site n’abandonneront pas et utiliseront tous les autres moyens légaux disponibles pour poursuivre le projet ».

Jeremy Jones, directeur des Affaires internationales et communautaires à l’AIJAC (Australia/Israel & Jewish Affairs Council) a indiqué que c’était une « façon méprisable de s’attaquer aux questions du terrorisme et de l’antisémitisme ».

« Cela ne va pas s’arrêter là au vu de la manière dont cette décision vient défier la liberté religieuse, les droits de l’Homme et le sens commun », a-t-il dit.

Vic Alhadeff, directeur général du Conseil d'administration juif de Nouvelle-Galles du sud et président de la commission des relations communautaires (Capture d'écran: YouTube/desitvaustralia)
Vic Alhadeff, directeur général du Conseil d’administration juif de Nouvelle-Galles du sud et président de la commission des relations communautaires (Capture d’écran: YouTube/desitvaustralia)

Vic Alhadeff, de l’organisation juive régionale locale, le Conseil des présidents juifs de Nouvelle-Galles du Sud, a partagé le même point de vue en disant : « C’est un jour très triste pour l’Australie car une communauté établie, qui a besoin d’un lieu de culte, se voit refuser l’autorisation de la construire en raison de la crainte que d’autres puissent constituer une menace ».

« Dans le climat d’aujourd’hui, de nombreuses communautés doivent prendre des précautions sécuritaires tout comme les institutions publiques comme la police, les services d’urgence, les établissements gouvernementaux et un certain nombre d’autres structures », a dit Alhadeff. « Ce jugement établit un précédent très dangereux ».

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