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Le drame familial « Let It Be Morning » triomphe aux Ophir Awards

Les acteurs avaient boycotté le festival de Cannes pour dénoncer la "campagne de nettoyage ethnique... contre le peuple palestinien" menée, selon eux, par Israël

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

La cérémonie des Ophir Awards 2021, également connue sous le nom des Oscars israéliens, à Tel Avivo le 5 octobre 2021 (Courtesy Tomer Neuberg/ Flash90)
La cérémonie des Ophir Awards 2021, également connue sous le nom des Oscars israéliens, à Tel Avivo le 5 octobre 2021 (Courtesy Tomer Neuberg/ Flash90)

Le cinéaste israélien Eran Kolirin a été le grand gagnant de la cérémonie annuelle des Ophir Awards, mardi soir, pour son dernier film, « Let It Be Morning ».

Plus connu pour son film primé en 2007 « The Band’s Visit », qui a également été adapté à Broadway, Kolirin a basé son film sur le roman éponyme de l’écrivain palestinien Sayed Kashua en 2006.

« Let It Be Morning » a raflé les Ophirs, remportant sept prix, dont ceux du meilleur réalisateur et du meilleur scénario pour Kolirin, ainsi que ceux du meilleur acteur et de la meilleure actrice, respectivement, pour les co-stars palestiniennes Alex Bakri et Juna Suleiman.

Un autre acteur palestinien, Ehab Elias Salami, a remporté le prix du meilleur second rôle, tandis que Juna Suleiman a également remporté le prix du meilleur casting.

Reymonde Amsellem a remporté le prix du meilleur second rôle féminin pour sa performance dans le drame sur la prostitution « The House On Fin Street » d’Amir Manor à Tel Aviv.

« Let It Be Morning » raconte l’histoire de Sami, un comptable palestinien et citoyen israélien, qui rentre chez lui avec sa femme et son fils, après avoir assisté à un mariage familial dans le village de son enfance.

Il est arrêté par des soldats et renvoyé au village, qui est alors soumis à un verrouillage inexpliqué, ce qui perturbe leurs plans et le force à réévaluer son identité palestinienne.

La première de « Let It Be Morning » a eu lieu au Festival de Cannes cet été et a été présentée en Israël lors du récent Festival du film de Haïfa.

En tant que lauréat de l’Ophir du long métrage, il deviendra automatiquement la sélection israélienne pour une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger, bien qu’aucun film israélien n’ait été nommé dans cette catégorie depuis « Footnote » de Joseph Cedar en 2011.

Le film « Let It Be Morning » a connu un lancement difficile au festival de Cannes en juillet après que la plupart des acteurs, dont Bakri, Suleiman et Salami, ont refusé d’assister à la première mondiale.

Ils ont expliqué que leur non-participation visait à mettre en avant la « campagne de nettoyage ethnique… contre le peuple palestinien » menée, selon eux, par Israël.

Bakri et d’autres membres clés de la distribution ont assisté à la première israélienne au Festival international du film de Haïfa fin septembre, où le film a remporté le prix du meilleur scénario et un premier prix d’interprétation pour Salami. L’événement de Haïfa préfigure souvent les lauréats des Ophir Awards.

Parmi les autres lauréats des Ophir Awards figure le long métrage d’animation « Legend Of Destruction » de Gidi Dar, qui a remporté les prix de la meilleure musique, de la meilleure conception artistique, du meilleur montage et de la meilleure conception sonore.

Le film « Image of Victory » d’Avi Nesher, qui a reçu 15 nominations, a remporté les prix de la meilleure photographie, des costumes et du maquillage.

« Speer Goes To Hollywood » de Vanessa Lapa, sur la tentative du nazi Albert Speer de vendre les droits sur l’histoire de sa vie, a remporté le prix du meilleur documentaire.

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