Au festival Burning Man, une exposition sur la Shoah autour de poupées Barbie
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Au festival Burning Man, une exposition sur la Shoah autour de poupées Barbie

L'artiste juif derrière l'installation confirme que Burning Man n'est pas un endroit consensuel ; l'ADL qualifie le projet de profondément insultant

La scène macabre du Barbie Death Camp [Camp de la mort de Barbie] à l'édition 2019 du festival Burning Man au Nevada. (Autorisation : J. The Jewish News of Northern California via JTA)
La scène macabre du Barbie Death Camp [Camp de la mort de Barbie] à l'édition 2019 du festival Burning Man au Nevada. (Autorisation : J. The Jewish News of Northern California via JTA)

Un artiste présent au festival Burning Man a présenté une exposition composée de poupées nues transportées dans des fours dans un simili camp de la mort.

La « Barbie Death Camp and Wine Bistro » [Camp de la mort Barbie et bar à vin] a suscité un vaste tollé, beaucoup considérant qu’il s’agissait d’une banalisation de la Shoah.

L’exposition comprenait des centaines de poupées Barbie, certaines crucifiées sur des croix roses et d’autres disposées comme si elles étaient conduites dans des fours.

C’est un artiste juif, James Jacoby, qui en a eu l’idée, d’après un article du J. The Jewish News of Northern California.

Jacoby a expliqué qu’il présentait cette installation depuis 20 ans et que, bien qu’il n’ait souhaité provoquer personne, « Burning Man n’est pas un endroit consensuel ».

« Ce n’est pas l’université de Yale. On ne peut pas fuir et se cacher de quelque chose qui ne nous plaît pas. Il y a 1 100 campements thématiques. Si le nôtre ne vous plaît pas, allez-en voir un autre », a-t-il fait savoir.

Sur une photo publiée par le Jewish News, un panneau devant l’exposition indique « La Mattel co. & Auschwitz Inc., fournisseurs d’abat-jours raffinés et de savons depuis 1939, présente le Barbie Death Camp & Wine Bistro ».

Mattel, l’entreprise produisant les poupées Barbie, ne s’est pas associé à l’installation.

Le panneau comprend également un slogan, « arbeit macht plastik frei » [le travail rend le plastique libre], un détournement de la devise nazie « Arbeit macht frei » qui trônait à l’entrée du camp de la mort d’Auschwitz.

« Nous avons reçu de nombreuses plaintes », a rapporté le directeur de l’Anti-Defamation League à San Francisco, Seth Brysk.

« Chacun a droit à la liberté d’expression, assurément », a indiqué Seth Brysk. « Mais l’utiliser pour banaliser la Shoah à des fins politiques, sociales ou artistiques reste profondément insultant et déplacé. Nous invitons les gens à ne pas le faire. »

Depuis sa naissance sur un banc de San Francisco dans les années 80, le festival Burning Man est devenu un véritable phénomène. Des dizaines de milliers de personnes se rendent chaque année dans un paysage apocalyptique du désert du Nevada pour expérimenter temporairement la vie en communauté et l’autosuffisance. Il propose une grande variété d’activités et d’expériences, dont certaines tirées du judaïsme.

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