Le festival de Jérusalem remet au goût du jour un instrument oublié
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Le festival de Jérusalem remet au goût du jour un instrument oublié

Le percussionniste Zohar Fresco se produira jeudi soir sur son Tof Miriam à la Saison de la Culture de la capitale

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Le musicien israélien Zohar Fresco s’est attelé à remettre au goût du jour l’un des plus anciens instruments d’Israël pour son peuple d’aujourd’hui.

« Je joue du Tof Miriam (tambourin de Miriam). C’est un tambour sur cadre, et il appartient à la culture juive et israélienne, raconte Fresco. Ce que j’essaye de faire, mon projet de vie, c’est de ramener le tambourin dans la culture israélienne. »

Fresco, l’enfant de Ramat Gan, dans la banlieue de Tel Aviv, a voyagé à travers le monde pour étudier cet instrument, ce tambour simple, muni d’une seule membrane tendue sur un cadre. Jeudi soir, à Jérusalem, il rapportera tout ce qu’il a appris pour le festival Mekudeshet de cette année, à l’occasion de la Saison de la Culture de Jérusalem, un festival qui dure trois semaine et qui réunit artistes, conservateurs, musiciens et penseurs, pour célébrer la ville historique.

« J’ai invité quatre maitres – d’Italie, d’Espagne, d’Azerbaïdjan et d’Inde – et chacun d’entre eux joue sur son Tof Miriam, sur son tambourin, d’une façon qui est propre à sa culture », décrit Fresco.

Fresco a amassé des méthodes et des mélodies chez des gens plus âgés à travers le Moyen et l’Extrême Orient, pour établir des liens entre les différents types de tambourins à travers le monde. Il a étudié avec des joueurs de tambours irakiens, yéménites, marocains, ouzbeks, indiens, et turcs, d’où sa famille est originaire. Il a expliqué que c’est grandir en Israël, dans un pays si culturellement diversifié qui lui a permis d’apprendre.

Fresco et les autres joueurs de tambours ont répété pendant toute la journée à Jérusalem cette semaine. L’Espagnol est accompagné d’un guitariste et d’un chanteur ; l’Italien d’un accordéoniste et l’Indien d’un flûtiste. Durant les répétitions, l’ambiance était concentrée, mais détendue et agréable. Les joueurs de tambours ont été excellents, se sont échangés des astuces, et ont admiré mutuellement le travail des autres.

La représentation sera spéciale pour Fresco et pour son groupe.

« Ils sont géniaux, chacun dans son style, et maintenant, ils se joignent à notre musique. Pour nous, c’est une célébration », s’enthousiasme Fresco.

Le musicien sénégalais Baaba Maal (Crédit : Rob O’Connor)
Le musicien sénégalais Baaba Maal (Crédit : Rob O’Connor)

Les joueurs de tambours ne sont pas les seuls invités cette année. Mekudeshet accueille au total 250 artistes de 18 pays différents, explique Gil Rouvio, un des organisateurs du festival. Rouvio raconte que l’objectif des représentations est de créer quelque chose de complètement original, souvent grâce à la collaboration entre artistes nationaux et artistes étrangers.

« Nous espèrerons que les gens n’achèteront pas seulement un ticket d’entrée pour assister à un concert, applaudir et rentrer chez eux. Tous les concerts représentent une autre vérité de ce qui se passe ici à Jérusalem, par des personnes extraordinaires. J’espère que le public le comprendra. Oui, il comprendra ! »

Le festival a ouvert les portes de la ville à une variété de musiciens, notamment à Baaba Maal, l’artiste sénégalais qui a joué mercredi soir sur la Tour de David, mais également au groupe de reggae londonien, Misty in Roots, qui se produira jeudi soir sur la Tour de David.

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