Le fonds de R&D américano-israélien cherche à augmenter ses financements
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Le fonds de R&D américano-israélien cherche à augmenter ses financements

E. Yudilevich, PDG de la BIRD, espère obtenir des gouvernements américain et israélien 50 millions de $ sur 5 ans pour garantir l'avantage stratégique en cybersécurité, santé et IA

Illustration : drapeaux américains et israéliens (3dmitry; iStock by Getty Images)
Illustration : drapeaux américains et israéliens (3dmitry; iStock by Getty Images)

Dans une interview avec le Times of Israël, Eitan Yudilevich a annoncé que la Fondation binationale de recherche et développement américano-israélienne (BIRD), dont il est directeur exécutif, cherchait à doubler les fonds que les deux pays mettent à la disposition des entrepreneurs qui développent ensemble des technologies de pointe dans une variété de domaines d’importance stratégique.

Les domaines d’intérêt principaux dans lesquels il faut « conserver un avantage concurrentiel », selon Yudilevich, sont la cybersécurité, la robotique, les communications avancées et sans fil, la fabrication industrielle de pointe, la santé et les soins, l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique et le transport intelligent.

Israël et les États-Unis n’ont pas encore approuvé l’augmentation du financement, a-t-il ajouté. « Cela nécessitera de la patience ; c’est une nouvelle initiative qui a reçu le soutien de notre conseil d’administration. »

Eitan Yudilevich, directeur exécutif de la Fondation BIRD. (Pepe Gomez)

La Fondation BIRD promeut des projets conjoints d’entreprises américaines et israéliennes dans divers domaines technologiques afin qu’elles puissent créer ensemble de nouveaux produits. Chaque nation participe au fonds à raison de 5 millions de dollars par an, pour un budget annuel de 10 millions de dollars. À présent, Yudilevich cherche à augmenter ce fonds de 50 millions de dollars (25 millions de dollars de chaque côté) sur une période de cinq ans.

En règle générale, les projets conjoints de recherche et développement sélectionnés reçoivent jusqu’à 1 million de dollars de subventions de la BIRD, et la fondation travaille avec les entreprises pour identifier des partenaires stratégiques potentiels. Avec ce financement supplémentaire, Yudilevich espère que les subventions passeront à 1,5 million de dollars par projet.

La Fondation BIRD a été créée par les gouvernements américain et israélien en 1977 pour générer une « coopération mutuellement bénéfique » entre les secteurs privés des industries de haute technologie des deux pays, notamment les start-ups et les organismes établis. La BIRD fournit à la fois des services de mise en relation entre les entreprises américaines et israéliennes et un financement qui couvre jusqu’à 50 % des coûts de développement des projets et de commercialisation des produits.

Depuis sa création il y a 43 ans, la BIRD a soutenu 1 000 projets conjoints pour un total de 363 millions de dollars de subventions, et a contribué à générer des ventes directes et indirectes de plus de 10 milliards de dollars, selon les chiffres fournis par la fondation. En général, lorsque le projet obtient un financement gouvernemental, le secteur privé offre aussi des financements en contrepartie. 25 à 30 % des projets financés génèrent du chiffre d’affaire, selon Yudilevich, et environ 75 % des partenariats se poursuivent après la fin du financement du projet, ce qui prouve que les deux parties bénéficient de l’expertise de leurs partenaires et crée un avantage mutuel.

Illustration : robots en cours de fabrication. (PhonlamaiPhoto ; iStock by Getty Images)

Il est plus aisé, pour les entreprises israéliennes, d’obtenir des fonds de lancement auprès du secteur privé si elles ont un partenaire international pour leurs projets, a précisé Yudilevich. De plus, un partenariat avec une entreprise américaine leur donne accès au savoir-faire et aux réseaux de l’entreprise aux Etats-Unis, et leur fournit un point d’ancrage sur le marché américain. Les entreprises américaines, pour leur part, apprécient leurs partenaires israéliens car Israël est perçu comme un vivier de technologies de pointe.

La BIRD est la clé qui permet à ces partenariats de se concrétiser, a-t-il déclaré. « La BIRD devient un catalyseur, un facilitateur, et aussi une garantie d’approbation » de ces projets.

Au fil du temps, le fonds BIRD a diversifié ses activités, de plus en plus dirigées vers des projets basés en dehors des principaux pôles de haute technologie des États-Unis – 56 % des projets financés entre 2013 et 2018.

En outre, le financement s’est progressivement élargi aux PME américaines : entre 2013 et 2018, environ 60 % des entreprises participantes avaient un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions de dollars. Le fonds commence également à s’intéresser à des projets dans des secteurs à risque qui ont des difficultés à obtenir des financements, notamment l’énergie, l’agro-technologie et la santé.

« Les venture-capital [ou capital-risque] vont aux domaines les moins risqués », a-t-il expliqué. « Nous avons observé une évolution dans les domaines d’investissement de la BIRD. Entre 2002 et 2007, la plupart […] étaient en sciences de la vie, communications, électronique et logiciels. Mais dans la période 2013-2018, la BIRD a investi un pourcentage important de ses fonds dans des projets d’eau et d’environnement, de santé, d’agro-technologies, de sécurité intérieure », où les entreprises ont plus de difficultés à « obtenir des investissements en capital-risque », a-t-il ajouté.

La fondation a également mis en œuvre des projets supplémentaires, notamment la BIRD Energy qui a financé 47 projets avec près de 38 millions de dollars des gouvernements et 50 millions de dollars du secteur privé. Les gouvernements financent ensemble ce fonds à hauteur de 4 millions de dollars par an.

Un autre projet additionnel est la BIRD Homeland Security, qui a financé neuf projets avec près de 8 millions de dollars de subventions gouvernementales et environ 10 millions de dollars du secteur privé. Les deux gouvernements financent ensemble ce fonds à hauteur de 2 millions de dollars par an.

La fondation gère également le US-Israel Energy Center, un programme de 80 millions de dollars sur cinq ans, financé par les ministères de l’Energie américain et israélien et l’Autorité israélienne de l’innovation.

La fondation connaît une augmentation des demandes de financement, selon Yudilevich, en particulier dans le contexte de la pandémie de coronavirus, car les investisseurs privés sont devenus plus conservateurs et tatillons. Le financement de la BIRD aidera « les bonnes entreprises qui, en raison de la situation, pourraient avoir plus de mal à lever des fonds ».

Les projets soumis à la Fondation BIRD sont examinés par des évaluateurs nommés par l’Institut national des normes et de la technologie (NIST) du département américain du commerce et par l’Autorité israélienne de l’innovation.

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