Le forage de la mer Morte révèle des sécheresses « épiques » à travers l’histoire
Rechercher

Le forage de la mer Morte révèle des sécheresses « épiques » à travers l’histoire

Les scientifiques de l'université de Columbia ont réussi à déterminer les périodes arides grâce à un échantillon géologique

Un morceau de l'échantillon géologique prélevé à 450 mètres de profondeur dans le fond marin de la mer Morte révèle des couches de boue de la saison des pluies sur la gauche et des couches de dépôts de sel, pendant la saison sèche, à droite. (Créidit : Autorisation Yael Kiro / Observatoire de la Terre de Lamont-Doherty)
Un morceau de l'échantillon géologique prélevé à 450 mètres de profondeur dans le fond marin de la mer Morte révèle des couches de boue de la saison des pluies sur la gauche et des couches de dépôts de sel, pendant la saison sèche, à droite. (Créidit : Autorisation Yael Kiro / Observatoire de la Terre de Lamont-Doherty)

Les scientifiques qui ont foré 450 mètres dans le fond marin de la mer Morte ont annoncé cette semaine que la région a peut-être été affectée par des sécheresses « épiques » dont certaines auraient duré plusieurs siècles, ce qui est bien pire que ce que les chercheurs pensaient auparavant.

L’étude, menée par l’observatoire de la Terre Lamont-Doherty de l’université de Columbia et des scientifiques de six pays, a examiné un échantillon géologique révélant plus de 200 000 ans d’histoire du climat dans la région de la mer Morte.

« Toutes les observations montrent que cette région est l’une des plus touchées par les changements climatiques modernes et l’on prévoit encore plus de sècheresse », a déclaré Yael Kiro, l’auteur principal et géochimiste à l’observatoire de Columbia.

« Ce que nous avons démontré est que même dans des conditions naturelles, cela peut devenir beaucoup plus sec que ce que nous avait prédit chacun de nos modèles ».

Les scientifiques ont prélevé l’échantillon de base en 2010 lors d’une opération de forage qui a duré pendant 40 jours et 40 nuits, 24h/24. Mais, ils n’ont seulement publié leurs conclusions concernant la sécheresse que cette semaine dans le journal Earth and Planetary Science Letters.

Les scientifiques ont étudié l’épaisseur des couches de sel, ainsi que les bulles de liquide piégées dans les couches de sel, pour déterminer les niveaux de précipitations et le ruissellement vers la mer Morte. Ils ont découvert des tendances alarmantes.

Selon l’étude, la région a connu deux grandes périodes de sécheresse où les précipitations et les ruissellements étaient à certains points inférieurs à 20 % de la moyenne des précipitations pour le 20e siècle.

Saline sur les côtes de la mer Morte, le 11 janvier 2017. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israël)
Saline sur les côtes de la mer Morte, le 11 janvier 2017. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israël)

Généralement, le sel s’accumule à environ 1,2 centimètre par an, après quoi une couche de boue se dépose pendant la saison des pluies. Mais à certains endroits, les couches de sel étaient de 90 mètres d’épaisseur – indiquant une sécheresse épique avec peu ou pas de pluie.

Ces sécheresses « épiques » ont duré des décennies ou même des siècles. Il y avait au moins deux indices de ces sécheresses massives, l’une datant de 115 000 à 130 000 ans, et l’autre de 6 000 à 10 000 ans.

Selon les chercheurs, les précipitations ont diminué d’environ 10 % depuis 1950, et les modèles climatiques existants disent qu’il pourrait encore baisser de 20 % pendant ce siècle. Les longues sécheresses peuvent avoir des effets catastrophiques sur la région.

Beaucoup de gens considèrent la sècheresse en Syrie de 1998 à 2012, la pire sécheresse en 900 ans, d’être l’un des catalyseurs de la guerre civile actuelle.

Une série de dolines le long des rives de la mer Morte le 11 janvier 2017. aujourd'hui, on en compte plus de 6 000 et ces cratères continuent quotidiennement à apparaître. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
Une série de dolines le long des rives de la mer Morte le 11 janvier 2017. aujourd’hui, on en compte plus de 6 000 et ces cratères continuent quotidiennement à apparaître. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Les habitants de la mer Morte tentent de trouver de faire face à la mer Morte qui se rétrécit, alors que des millions de personnes en Syrie, en Jordanie et en Israël siphonnent l’eau pour l’agriculture et la consommation. La mer Morte se rétrécit à plus d’un mètre par an, créant plus de 5 000 cratères le long du rivage tandis que l’eau recule.

Actuellement, la mer de Galilée, qui est la principale source de ruissellement de la mer Morte, est à son niveau le plus bas depuis plus d’un siècle.

La source d’eau naturelle la plus importante d’Israël – également connue comme le lac Kinneret – n’a été seulement nourrie que 10 % de précipitations par rapport aux moyennes pour le mois de février. Cette année le mois de février a été le plus sec dans la région depuis que la tenue des registres a commencé.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...