Le Hamas appelle le gouvernement de l’AP à lever les sanctions ou à se dissoudre
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Le Hamas appelle le gouvernement de l’AP à lever les sanctions ou à se dissoudre

Le groupe terroriste accuse l'Autorité palestinienne de mener une "politique de désinformation, d'incitation à la violence et de négligence délibérée" à l'égard des Gazaouis

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Ismail Haniyeh, à gauche, dirigeant du Hamas, et le Premier ministre de l'Autorité palestinienne Rami Hamdallah dans le bureau de Haniyeh, à Gaza Ville, le 3 octobre 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)
Ismail Haniyeh, à gauche, dirigeant du Hamas, et le Premier ministre de l'Autorité palestinienne Rami Hamdallah dans le bureau de Haniyeh, à Gaza Ville, le 3 octobre 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Mardi, le Hamas a appelé le gouvernement de l’Autorité palestinienne à lever les sanctions imposées contre la bande de Gaza ou à démissionner.

L’organisation terroriste a également accusé le gouvernement de l’AP de poursuivre sa « politique de désinformation, d’incitation à la violence et de négligence délibérée » à l’égard des résidents palestiniens de la bande de Gaza.

Le gouvernement de l’AP ignore les besoins des Palestiniens dans la bande de Gaza, a accusé le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum.

M. Barhoum a également accusé le gouvernement de l’AP de chercher à « renforcer et justifier » les sanctions qu’il a imposées l’année dernière à la bande de Gaza.

« La politique du gouvernement a engendré des conditions tragiques et difficiles qui ont affecté toutes les couches de la société, en particulier en ce qui concerne la situation sanitaire désastreuse », a déclaré le responsable du Hamas.

« Le gouvernement doit cesser de manipuler les sentiments de notre peuple dans la bande de Gaza. »

Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas. (Crédit : capture d’écran YouTube)

L’année dernière, le président de l’AP, Mahmoud Abbas, a promis de prendre des mesures « douloureuses et sans précédent » contre le Hamas pour forcer le groupe terroriste à démanteler son gouvernement de facto dans la bande de Gaza, connu sous le nom de Comité administratif.

La menace d’Abbas a été suivie d’une série de sanctions comprenant des réductions drastiques des salaires des employés de l’AP dans la bande de Gaza, la suspension de l’aide sociale à des centaines de familles et la retraite forcée de milliers de fonctionnaires.

En outre, l’Autorité palestinienne a cessé de payer Israël pour l’approvisionnement en électricité et en carburant de l’enclave côtière.

Le Hamas avait espéré qu’Abbas lèverait les sanctions après la signature de l’accord de « réconciliation » entre le Hamas et le Fatah au Caire en novembre 2017, qui a depuis échoué.

Le Hamas affirme que, bien qu’il ait respecté les termes de l’accord en démantelant son Comité administratif et en permettant au gouvernement de l’AP de reprendre ses responsabilités dans la bande de Gaza, Abbas n’a pas permis d’assouplir les sanctions.

Plus tôt cette année, Abbas, dans un geste qui a encore fait monter la colère du Hamas, a publié un « décret présidentiel » pour rétablir le recouvrement des impôts dans la bande de Gaza. Après que le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007, le gouvernement de l’AP avait décidé que les Palestiniens vivant dans l’enclave côtière étaient exemptés de payer des impôts au gouvernement du Hamas.

Le gouvernement de l’AP, pour sa part, a accusé mardi le Hamas d’entraver la mise en œuvre de l’accord de réconciliation.

Le gouvernement a déclaré dans un communiqué après sa réunion hebdomadaire à Ramallah que le Hamas doit cesser « d’imposer des conditions et d’ignorer les conditions de notre peuple dans la bande de Gaza ».

Le gouvernement de l’AP a appelé le Hamas à faciliter son travail dans la bande de Gaza afin qu’il puisse assumer ses responsabilités conformément à l’accord.

« L’habilitation du gouvernement [PA] signifie que les ministres seraient autorisés à assumer leurs fonctions dans la bande de Gaza, comme ils le font en Cisjordanie, sans aucun obstacle », indique le communiqué. Le gouvernement de l’Autorité palestinienne poursuivra ses efforts pour mettre fin à la division entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, est-il précisé.

Saleh Arouri, assis à gauche, représentant du Hamas, et Azzam al-Ahmad, assis à droite, représentant du Fatah, pendant la signature d’un accord de réconciliation entre les factions palestiniennes rivales, au Caire, le 12 octobre 2017. (Crédit : Khaled Desouki/AFP)

La dernière guerre des mots entre le Hamas et l’AP s’inscrit au milieu de nouvelles tentatives des Égyptiens pour persuader les deux parties de mettre fin à leurs différends et de respecter l’accord.

Une délégation du Hamas conduite par Ismail Haniyeh est arrivée au Caire vendredi dernier pour discuter des obstacles à l’accord avec le Fatah et de la crise humanitaire et économique croissante dans la bande de Gaza.

La délégation du Hamas discute également avec les services de renseignement égyptiens des moyens d’améliorer la coordination de la sécurité pour empêcher les attaques terroristes contre les troupes et les civils égyptiens dans le Sinaï.

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