Le Hamas aurait proposé à Israël un cessez-le-feu à long terme à Gaza
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Le Hamas aurait proposé à Israël un cessez-le-feu à long terme à Gaza

Le groupe terroriste souhaiterait un assouplissement du blocus, l'approbation de projets d'infrastructure et éventuellement un échange de prisonniers ; Israël n’aurait pas répondu

Un manifestant palestinien utilise un lance-pierre pour affronter les forces de sécurité israéliennes près de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le vendredi 27 avril 2018 (Photo AFP / Said Khatib)
Un manifestant palestinien utilise un lance-pierre pour affronter les forces de sécurité israéliennes près de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le vendredi 27 avril 2018 (Photo AFP / Said Khatib)

Ces derniers mois, le Hamas a exprimé à maintes reprises sa volonté d’entamer des pourparlers avec Israël concernant un cessez-le-feu à long terme dans la bande de Gaza, soulignant la situation stratégique « désastreuse » du groupe terroriste palestinien, selon un article publié lundi.

Selon l’article du journal Haaretz, le Hamas souhaiterait que l’accord de cessez-le-feu de longue durée inclue un allégement considérable du blocus de Gaza par Israël, l’approbation de projets d’infrastructure à grande échelle et éventuellement un échange de prisonniers.

Les hauts responsables de la sécurité israélienne ont récemment présenté aux dirigeants politiques des informations indiquant que le Hamas, faisant face à une crise « sans précédent », était actuellement prêt à discuter concernant des points qu’il avait rejetés par le passé, a rapporté le journal Haaretz.

Néanmoins, l’article indiquait qu’Israël n’avait semble-t-il pas répondu à l’offre du Hamas.

Par le passé, le Hamas avait déjà fait des propositions similaires.

Selon différentes sources, le Hamas ferait actuellement face à une profonde division et chercherait une issue à la situation désastreuse dans laquelle est plongé Gaza, confronté à une crise économique, aux sanctions de l’Autorité palestinienne basée à Ramallah, aux pressions continues du blocus israélo-égyptien et à des troubles internes.

L’année dernière, le président de l’AP, Mahmoud Abbas, a imposé une série de mesures contre la bande de Gaza, notamment la suspension des paiements de l’Autorité palestinienne à Israël pour l’approvisionnement en électricité de l’enclave côtière. Abbas a également coupé les salaires de milliers de fonctionnaires de Gaza et forcé beaucoup d’autres à prendre une retraite anticipée.

Le mois dernier, le quotidien Israel Hayom a rapporté que des discussions étaient menées entre les hauts responsables du Hamas sur l’opportunité d’accepter une initiative égyptienne afin de stopper les manifestations du mouvement « Marche du retour » et promouvoir un accord d’échange de prisonniers.

Le leader du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, était intéressé par l’offre, tandis que le leader du groupe, Ismail Haniyeh, s’y opposait avec véhémence, selon l’article, qui citait de hauts responsables du Hamas et de l’Egypte. Le groupe se serait ainsi retrouvé divisé en deux camps opposés.

Des membres du Hamas surveillent la rue alors qu’un bus transportant des prisonniers palestiniens arrive dans le passage de Rafah limitrophe avec l’Egypte dans le sud de la bande de Gaza, suite à l’échange Shalit, le 18 octobre 2011 (Crédit : Abed Rahim Khatib / flash 90)

Un accord sur un échange de prisonniers a été conclu lors de réunions entre des responsables du renseignement égyptien et des dirigeants du Hamas, a rapporté le journal libanais affilié au Hezbollah, Al Akhbar, le 18 avril.

Les deux parties seraient parvenues à un accord sur le nombre et les détails concernant les prisonniers palestiniens qui seraient concernés par un échange de prisonniers avec Israël.

Selon l’article, les Egyptiens ont demandé au Hamas des informations sur deux soldats de l’armée israélienne tués dont les dépouilles seraient détenues dans la bande de Gaza. Les deux hommes, Hadar Goldin et Oron Shaul, ont été tués lors de la guerre de 2014 entre Israël et le Hamas, qui a depuis refusé de fournir des informations à leur sujet.

On pense également que le groupe terroriste détient deux civils israéliens entrés à Gaza de leur propre gré, Avraham Mengistu et Hisham al-Sayed.

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu (Crédit : Flash90/The Times of Israël)

« Sinwar a explosé de rage et a crié à l’encontre d’Haniyeh quand il a appris qu’il ne prévoyait pas d’accepter la proposition de la délégation égyptienne », aurait déclaré une source égyptienne selon Israel Hayom.

Ces dernières semaines, les Palestiniens ont organisé de grandes marches hebdomadaires à proximité de la frontière avec Israël, ce qui a provoqué des tensions et conduit à des affrontements meurtriers avec les forces israéliennes. Israël affirme que la violence est orchestrée par les dirigeants du Hamas à Gaza et les accuse de tenter de mener des attaques à la frontière sous couvert de grandes manifestations nommées « marches du retour ».

Yahya Sinwar (à droite), le nouveau dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza, et le haut responsable du Hamas Ismail Haniyeh assistent aux funérailles du dirigeant du Hamas Mazen Faqha dans la ville de Gaza, le 25 mars 2017 (Photo AFP / Mahmud Hams)

Vendredi, des manifestations ont été organisées dans le cadre de la « Marche du retour » pour la sixième semaine consécutive. Au moins 431 Palestiniens ont été blessés, selon les responsables de Gaza, et 7 000 personnes ont participé aux manifestations, fait voler des dizaines de cerfs-volants équipés de cocktails Molotov en Israël, jeté des pierres en direction des soldats et tenté de franchir la barrière frontalière. Aucun décès palestinien n’a été signalé vendredi, contrairement aux semaines précédentes.

Selon le ministère de la Santé du Hamas, 48 ​​Palestiniens ont été tués depuis le début des manifestations et des affrontements le 30 mars à la frontière de Gaza. Des centaines d’autres ont été blessés par balles. Le Hamas, un groupe terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël, a reconnu que cinq de ses membres figuraient parmi les victimes après la première manifestation, mais s’est depuis abstenu de reconnaître si ses hommes comptaient parmi les victimes. Israël a identifié d’autres défunts comme membres de groupes terroristes.

Israël et l’Egypte maintiennent un blocus sécuritaire sur Gaza depuis que le Hamas a pris le contrôle de l’enclave en 2007 lors d’un coup d’Etat sanglant contre le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas. Israël affirme qu’il est vital d’empêcher le Hamas, qui cherche ouvertement à détruire l’Etat juif, d’importer des armes.

Le Hamas s’est engagé dans trois différents conflits avec Israël depuis qu’il a pris le contrôle de la bande de Gaza, tirant des milliers de roquettes à travers la frontière et creusant des tunnels d’attaque sous la frontière.

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