Le Hamas disperse par la force une manifestation contre la pénurie d’électricité
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Le Hamas disperse par la force une manifestation contre la pénurie d’électricité

Les Gazaouis ont seulement quatre heures d'électricité par jour depuis la fin 2016 ; plusieurs journalistes blessés ou menacés

Des hommes palestiniens crient des slogans lors d'un rassemblement près de la frontière de Rafah, entre le sud de la bande de Gaza et l'Egypte le 5 février 2015. (Crédit : Abed Rahim Khatib / Flash90)
Des hommes palestiniens crient des slogans lors d'un rassemblement près de la frontière de Rafah, entre le sud de la bande de Gaza et l'Egypte le 5 février 2015. (Crédit : Abed Rahim Khatib / Flash90)

Les forces de sécurité du mouvement terroriste du Hamas ont dispersé par la force jeudi dans la bande de Gaza une manifestation contre la pénurie d’électricité, selon des témoins et un photographe de l’AFP.

Des milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, arborant des banderoles et lançant des slogans comme « nous voulons de l’électricité ».

Alors qu’ils se dirigeaient vers le siège de la compagnie publique d’électricité dans le nord du territoire, les forces du Hamas ont tiré en l’air et dispersé avec des matraques les manifestants, selon un photographe de l’AFP.

Les articles des médias, qui sont aussi bien pro-Hamas que pro-Fatah, ont fait était de plusieurs blessés.

Un responsable du Fatah a annoncé sur son compte Twitter que certains manifestants ont été blessés par des tirs à balle réelle.

Les médias pro-Hamas ont, quant à eux, expliqué que les manifestants avaient été blessés suite au coup de bâtons reçus par la police et qu’elle avait tiré en l’air pour disperser la manifestation.

Plusieurs manifestants ont jeté des pierres sur le bâtiment.

Iyad al-Bozum, un porte-parole du ministère de l’Intérieur à Gaza, a déclaré à l’AFP que le rassemblement s’était dispersé « naturellement » et que les forces de sécurité n’étaient intervenues que lorsqu’une « émeute » avait débuté.

Un photographe de l’AFP a dit avoir été frappé au visage avec une arme par un policier quand il a tenté de l’empêcher de lui prendre son appareil. Le photographe a été arrêté et la carte mémoire de son appareil confisquée. Il a été conduit sous escorte à l’hôpital où il a eu trois points de suture avant d’être relâché et de récupérer sa carte mémoire.

Un journaliste de l’agence de presse américaine Associated Press a lui été arrêté par des membres en civil des forces du Hamas qui l’ont forcé sous la menace d’une arme à leur donner ses téléphones portables, a rapporté l’Association de la presse étrangère (FPA) dans les Territoires palestiniens et en Israël.

Le FPA a condamné ces agissements « dans les termes les plus fermes », dans un communiqué. L’AFP a également adressé une protestation aux autorités du Hamas.

La bande de Gaza, contrôlée par le Hamas depuis 2007 et soumise à un blocus israélien et égyptien, a été le théâtre ces derniers jours de manifestations d’habitants protestant contre la dégradation de leur alimentation en électricité.

Les quelque deux millions de Gazaouis bénéficient seulement de quatre heures d’électricité par jour depuis la fin 2016, au lieu de huit heures en temps normal.

Les Palestiniens se plaignent de ces coupures, qu’ils ont du mal à supporter en raison de la météo glaciale.

L’émissaire des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, a appelé « au respect de la liberté d’expression et au droit à manifester pacifiquement à Gaza ». Il a exhorté « toutes les autorités concernées à coopérer pour résoudre immédiatement la crise de l’électricité ».

Les Nations unies imputent la crise à de nombreux facteurs, dont la faiblesse des infrastructures, les factures impayées par les abonnés, la fermeture des tunnels passant sous la frontière égyptienne et par lesquels transitait du combustible ainsi que les dommages causés à la centrale électrique de la bande de Gaza lors des combats avec Israël.

Les problèmes d’alimentation en électricité ont été aggravés récemment par une querelle entre le Hamas et le Fatah, parti rival qui domine la Cisjordanie, au sujet de taxes à payer sur le combustible importé dans le territoire.

Les Gazaouis, tributaires pour les deux tiers de l’assistance internationale, dépendent pour leur alimentation en courant d’une centrale ainsi que des importations en provenance d’Israël et d’Egypte.

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