Le Koweït, riche émirat du Golfe à la vie politique agitée
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Le Koweït, riche émirat du Golfe à la vie politique agitée

Ce scrutin est le premier dans le pays sous le règne du nouvel émir, cheikh Nawaf Al-Ahmad Al-Sabah, qui a pris ses fonctions fin septembre, après la mort de cheikh Sabah

Le cheikh Nawaf al-Ahmad Al-Sabah salue la foule après avoir prêté serment en tant que nouvel émir du Koweït à l'Assemblée nationale, le 30 septembre 2020. (Yasser Al-Zayyat / AFP)
Le cheikh Nawaf al-Ahmad Al-Sabah salue la foule après avoir prêté serment en tant que nouvel émir du Koweït à l'Assemblée nationale, le 30 septembre 2020. (Yasser Al-Zayyat / AFP)

Le Koweït, où des élections législatives ont lieu samedi, se distingue des autres monarchies pétrolières du Golfe par sa vie politique agitée, dans une région instable. Mais la famille Al-Sabah y conserve les clés du pouvoir depuis 250 ans.

Ce scrutin est le premier dans le pays sous le règne du nouvel émir, cheikh Nawaf Al-Ahmad Al-Sabah, qui a pris ses fonctions fin septembre, après la mort de cheikh Sabah.

Crises politiques à répétition

Le Koweït devient en 1962 la première monarchie du Golfe à opter pour le système parlementaire avec l’adoption d’une Constitution prévoyant une Assemblée nationale désignée au suffrage universel direct.

Mais le pays est secoué depuis de nombreuses années par des crises politiques à répétition impliquant le gouvernement, des personnalités de la famille régnante et le Parlement, dissous à plusieurs reprises, notamment sous le règne de cheikh Sabah.

De la mi-2006 à 2013, et notamment après le Printemps arabe de 2011, le pays a traversé des turbulences avec la démission d’une dizaine de gouvernements.

Cheikh Sabah Al-Ahmed Al-Sabah avait accédé au trône en 2006 après une crise politique sans précédent. Son règne a été marqué par des turbulences politiques, des manifestations et des arrestations d’opposants.

La loi interdit les partis politiques, et l’opposition est formée d’individus et de groupes mal structurés, à l’exception des mouvements islamistes, mieux organisés.

Droit de vote pour les femmes

Le droit de vote ainsi que le droit pour les Koweïtiennes de se présenter à une élection leur a été accordé en 2005.

Début septembre, huit femmes sont devenues juges de la Cour suprême, une première dans l’histoire du pays après une longue bataille pour permettre aux femmes d’exercer cette profession.

Mais des familles imposent encore de sévères restrictions des libertés à leurs membres féminins.

Invasion éclair

Début août 1990, les troupes irakiennes de Saddam Hussein ont envahi puis annexé le Koweït, avant d’être repoussées sept mois plus tard par les forces d’une coalition internationale conduite par les Etats-Unis.

Plusieurs contentieux opposaient les deux pays, dont le plus complexe était celui de la délimitation des frontières, en suspens depuis l’indépendance du Koweït en 1961.

Riche monarchie en déficit

A l’instar d’autres pays du Golfe, le Koweït, membre de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) dont l’or noir représente près de 90 % des revenus, a été durement touché depuis l’effondrement des prix du brut à la mi-2014.

Début 2020, le pays a adopté un budget largement déficitaire pour la sixième année consécutive.

Il a aussi été sévèrement touché par le ralentissement économique provoqué par la pandémie de Covid-19 et les strictes mesures de confinement.

Le Koweït, qui produit quelque 2,2 millions de barils de brut par jour, dispose d’énormes réserves fiscales estimées à 644 milliards de dollars (584 milliards d’euros) par le Fonds monétaire international. Mais l’économie n’a progressé que de 0,7 % l’année dernière et devrait se contracter en 2020, d’après le FMI.

Ce petit émirat de 17 818 km2 abrite une très importante communauté étrangère, composée principalement de travailleurs venus du Moyen-Orient ou d’Asie.

En juin, le pays a affirmé vouloir réduire drastiquement sa population immigrée, en ramenant le nombre d’étrangers à 30 % des 4,8 millions d’habitants contre 70 % actuellement.

Le Koweït maintient des relations avec l’Iran contrairement à son puissant voisin saoudien qui a rompu ses liens avec Téhéran, accusé par Ryad de s’ingérer dans les affaires intérieures de nombreux pays arabes.

Il entretient aussi de bonnes relations avec le Qatar et joue un rôle de médiateur dans la crise diplomatique qui oppose depuis 2017 Doha à certains de ses voisins du Golfe, dont l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

Le Koweït et les Etats-Unis sont liés par un accord de défense qui expire en 2022. Cette alliance avait été scellée après la première guerre du Golfe en 1991 contre l’Irak.

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