Le Likud et Kakhol Lavan réfutent la rumeur d’un accord évitant des élections
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Le Likud et Kakhol Lavan réfutent la rumeur d’un accord évitant des élections

Les informations contestées suggéraient que l’entrée en fonction de Gantz en tant que PM serait repoussée – ce qui aurait impliqué une modification rapide de la loi fondamentale

Benny Gantz (à gauche) et Benjamin Netanyahu à la Knesset lors d'un vote pour la dissolution du Parlement, le 2 décembre 2020. (Danny Shem Tov / Porte-parole de la Knesset)
Benny Gantz (à gauche) et Benjamin Netanyahu à la Knesset lors d'un vote pour la dissolution du Parlement, le 2 décembre 2020. (Danny Shem Tov / Porte-parole de la Knesset)

Le Likud et Kakhol Lavan ont tous deux démenti jeudi les informations faisant état de progrès soudains vers un compromis, qui aurait permis d’éviter au pays d’organiser une quatrième élection en moins de deux ans.

Les démentis sont intervenus après que la Treizième chaîne a rapporté des progrès « spectaculaires » dans les pourparlers entre le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu et Kakhol Lavan de Benny Gantz. Une source, manifestement de Kakhol Lavan, aurait affirmé à la chaîne que le parti centriste était parvenu à préserver l’accord de rotation qui prévoit que Gantz succède à Netanyahu en tant que Premier ministre, tout en conservant Avi Nissenkorn comme ministre de la Justice.

Le maintien de Nissenkorn à son poste signifierait qu’il présiderait aux nominations par le gouvernement des prochains procureur général et avocat général – deux postes considérés comme critiques pour Netanyahu, dont le procès en pénal devrait reprendre prochainement. Nissenkorn s’oppose aux efforts des alliés de Netanyahu pour la réforme du système judiciaire, la nomination de juges plus conservateurs et la limitation du pouvoir des tribunaux.

Mais le Likud a rapidement démenti les informations de la Treizième chaîne, les qualifiant de « fake news ».

Bien que la chaîne ait rapporté que Gantz avait sauvegardé le principe de rotation du mandat de Premier ministre, elle n’a pas précisé si le Likud respecterait l’accord initial qui prévoit que le dirigeant de Kakhol Lavan remplace Netanyahu en novembre 2021.

Le ministre de la Justice Avi Nissenkorn à la Knesset, le 21 octobre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Selon un autre reportage de la Douzième chaîne, les parties négocieraient le report du transfert à mai ou même août 2022, ce qui réduirait le mandat de Premier de Gantz à une durée de six mois à un an.

Entretemps, Gantz a semblé également réfuter ces informations. Lors d’une fête de Hanoukka de Kakhol Lavan jeudi soir, il aurait affirmé à ses collègues députés qu’aucun compromis n’était en cours de négociation et que le pays se dirigeait effectivement vers une autre élection.

« Reposez-vous maintenant car nous allons bientôt commencer à faire campagne », a-t-il déclaré, selon Kan News.

La dissolution imminente de la Knesset est le résultat direct de l’impasse de l’adoption d’un budget de l’État, longtemps retardée par le Likud – une démarche largement considérée comme une tentative d’empêcher Gantz de succéder à Netanyahu en tant que Premier ministre, comme le stipule l’accord de partage du pouvoir.

Kakhol Lavan exige qu’un budget soit adopté conjointement pour 2020 et 2021, comme prévu par l’accord de coalition, tandis que Netanyahu insiste sur un budget ne couvrant que le reste de 2020, arguant de l’incertitude de la pandémie de coronavirus. Mais l’adoption d’un budget limité à 2020 pourrait permettre à Netanyahu de rester au pouvoir encore un an avant de provoquer de nouvelles élections pour ne pas céder le poste de Premier ministre à Gantz l’année prochaine comme le stipule l’accord.

Quoi qu’il en soit, l’échec de l’adoption du budget d’ici au 23 décembre déclencherait automatiquement de nouvelles élections.

Jeudi également, le parti de droite Yamina de Naftali Bennett a révélé que Netanyahu lui avait proposé plusieurs portefeuilles importants pour le convaincre de rejoindre la coalition à la place de Kakhol Lavan et de ce fait prolonger l’existence de son gouvernement en difficulté. Yamina a déclaré avoir rejeté la proposition.

Selon les médias israéliens, le Likud lui a offert le portefeuille de la Défense et deux autres postes ministériels de haut niveau, dont celui des Transports. Le Likud aurait promis que cette nouvelle coalition complèterait son mandat de quatre ans sans avoir à réintégrer Kakhol Lavan. Le Likud aurait également affirmé que plusieurs membres de ce parti étaient prêts à quitter le navire et à rejoindre son bloc parlementaire.

La proposition ne prévoyait pas d’accord de partage du pouvoir similaire à l’accord actuel entre Netanyahu et Gantz, selon les médias.

Les députés au plénum de la Knesset, le 9 décembre 2020. (Dani Shem Tov / porte-parole de la Knesset)

Yamina – qui devrait renforcer sa représentation à la Knesset si des élections ont lieu – a déclaré dans un communiqué rejeter catégoriquement la proposition. « Nous avons besoin d’élections anticipées, nous fournirons de nouveaux dirigeants à Israël », a déclaré le parti.

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