Le maire d’Eilat : Un couvre-feu nocturne « détruirait » la station balnéaire
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Le maire d’Eilat : Un couvre-feu nocturne « détruirait » la station balnéaire

Le dirigeant dénonce la "décision bizarre" de soumettre la ville touristique à de nouvelles restrictions alors qu'elle est classée zone "verte" avec un faible taux d'infection

Le maire d'Eilat, Meïr Yitzhak Halevi, s'entretient avec l'AFP dans la station balnéaire de la mer Rouge à Eilat le 17 avril 2020, au milieu de la pandémie de coronavirus. (Menahem Kahana/AFP)
Le maire d'Eilat, Meïr Yitzhak Halevi, s'entretient avec l'AFP dans la station balnéaire de la mer Rouge à Eilat le 17 avril 2020, au milieu de la pandémie de coronavirus. (Menahem Kahana/AFP)

Le maire de la ville d’Eilat a déclaré lundi qu’un couvre-feu nocturne « détruirait » la ville de villégiature du sud, suite à des rapports indiquant qu’elle devrait rejoindre une liste de localités ayant un taux d’infection élevé qui seraient soumises à des restrictions nocturnes, bien qu’elle soit classée comme une ville « verte » avec un faible taux d’infection depuis dimanche.

« Une fermeture nocturne d’Eilat entraînera la destruction de l’industrie du tourisme et détruira inévitablement la ville, avec des dommages irréversibles à son économie et à son tissu social », a écrit Meïr Yitzhak Halevi dans une lettre à Ronni Gamzu, responsable de la gestion du coronavirus.

Le maire a déclaré que la ville avait accueilli plus d’un demi-million de touristes au cours de l’été et avait offert aux Israéliens un espace de détente au milieu de la pandémie. La ville a récemment fait la une des journaux suite au viol collectif présumé d’une jeune fille de 16 ans le mois dernier alors qu’elle était en vacances dans la ville.

L’économie d’Eilat repose fortement sur son industrie du tourisme.
« Nous continuons à panser les plaies du premier confinement [en début d’année], et même aujourd’hui nous avons environ 35 % de chômage. Une fermeture nocturne ramènera la ville à un taux de chômage de 80 % », a écrit Halevi.

Le club Hangar 72 à Eilat, 29 mai 2013 – Photo illustrative (Capture d’écran/YouTube)

“Je ne comprends pas bien comment nous sommes devenus une ville ‘rouge’ – c’est une décision bizarre », a déclaré Halevi au site d’information Ynet.

Dimanche soir, les ministres ont approuvé des couvre-feux nocturnes dans une quarantaine de villes où le nombre d’infections est élevé, au lieu du confinement total d’un petit nombre de villes, prévu précédemment – un plan qui avait déclenché une menace de rébellion de la part de certains maires ultra-orthodoxes et une crise politique majeure avec les partis ultra-orthodoxes.

La liste finale des villes devait être officialisée plus tard lundi, mais selon les rapports, elle inclurait probablement Eilat. Lundi matin, Eilat est toujours listée ville « verte » sur un site web du gouvernement.

Les couvre-feux seront en vigueur tous les jours entre 19h et 5h. Les commerces non essentiels seront fermés pendant les heures de couvre-feu. Les écoles seront fermées.

Le cabinet devait voter sur un plan formulé par Gamzu, visant à imposer de nouveaux confinements dans 10 municipalités, dont les villes arabes d’Umm al-Fahm, Tira et Kfar Qassem, et les villes ultra-orthodoxes d’Elad, Bnei Brak, Beitar Illit et Emmanuel.

Mais face à la réaction brutale des dirigeants haredis, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annulé la réunion spéciale du cabinet de bouclage et a tenu une réunion avec les chefs des deux principaux partis politiques ultra-orthodoxes, le ministre du Logement Yaakov Litzman de Yahadout HaTorah et le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri du Shas, pour élaborer une nouvelle politique à l’égard des municipalités dites « rouges » – celles qui ont les taux d’infection les plus élevés – cherchant à apaiser la colère croissante dans la rue Haredi.

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