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Le monde unanime dans ses hommages à la reine Elizabeth II

Minute de silence à l'ONU, drapeaux en berne sur le Capitole mais aussi dans le sultanat d'Oman, jours de deuil au Brésil ou en Jordanie, les marques de respect se sont multipliées

Le drapeau de l'Union sur le palais de Buckingham à Londres abaissé après le décès de la reine Elizabeth II de Grande-Bretagne, le 8 septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Frank Augstein)
Le drapeau de l'Union sur le palais de Buckingham à Londres abaissé après le décès de la reine Elizabeth II de Grande-Bretagne, le 8 septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Frank Augstein)

Le monde s’est associé jeudi au deuil des Britanniques après la mort d’Elizabeth II, « une reine de coeur » dont « la dignité » et « le sens du devoir inaltérable » ont suscité une pluie d’hommages unanimes.

Adressant « leurs pensées » à la famille royale et à son peuple, chefs d’Etat ou de gouvernement se sont dits personnellement affectés par le décès de la souveraine qui, en 70 ans de règne, a rencontré quasiment tous les grands responsables de la planète.

Minute de silence à l’ONU, drapeaux en berne sur le Capitole mais aussi dans le sultanat d’Oman, jours de deuil au Brésil ou en Jordanie, les marques de respect se sont multipliées aux quatre coins du globe.

« Grâce », « dignité », « sens du devoir » 

Joe Biden a salué « une femme d’Etat d’une dignité et d’une constance incomparables ». Elizabeth II était « plus qu’une monarque. Elle incarnait une époque », a ajouté le président américain, qui l’avait vue pour la dernière fois en juin 2021.

Le président américain Joe Biden et la première dame Jill Biden souriant alors qu’ils se tiennent aux côtés de la reine Elizabeth II de Grande-Bretagne et regardent une garde d’honneur défiler avant leur rencontre au château de Windsor, près de Londres, le 13 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Matt Dunham/Pool/Dossier)

Son règne est défini par la « grâce, l’élégance et un sens du devoir inaltérable », a renchéri Barack Obama.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a lui aussi noté « la grâce, la dignité et le dévouement » d’Elizabeth II.

« Il n’y a pas de mots pour rendre hommage, même partiellement, à l’importance primordiale de cette reine, à son sens du devoir, à son intégrité morale, à son dévouement et à sa dignité », selon l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel.

Consensus

Fait rare, la mort d’Elizabeth II a mis d’accord même les pires ennemis.

« Pendant de nombreuses décennies, Elizabeth II jouissait à juste titre de l’amour et du respect de ses sujets, ainsi que d’une autorité sur la scène mondiale », a commenté le président russe Vladimir Poutine.

Faisant part de « sa profonde tristesse », le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déploré « une perte irréparable ».

Aux Etats-Unis, l’ancien président républicain Donald Trump a abondé dans le sens des démocrates Joe Biden et Barack Obama, louant une souveraine qui laisse selon lui « un extraordinaire héritage de paix et de prospérité ».

« Amie » 

« Je garde le souvenir d’une amie de la France, une reine de cœur qui a marqué à jamais son pays et son siècle », a réagi le président français Emmanuel Macron.

De gauche à droite : Philip May, le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Theresa May, le Prince Charles, la reine Elizabeth II,le président américain Donald Trump, la Première Dame américaine Melania Trump, le président grec Prokopis Pavlopoulos,la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et son homologue luxembourgeois Xavier Bettel, à portsmouth, pour le 75 anniversaire du Débarquement en Normandie, le 6 juin 2019. (Crédit : Mandel NGAN/AFP)

Elle était aussi « une amie remarquable de l’Irlande », selon son président Michael D. Higgins, mais aussi « une présence constante » dans la vie des Canadiens qui la « chériront toujours », d’après le Premier ministre Justin Trudeau.

« Tristesse »

« Profondément attristé », le pape François a fait savoir qu’il priait pour Elizabeth II et Charles III.

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, s’est lui aussi dit « profondément attristé » par la mort de la souveraine.

En Inde, le Premier ministre Narendra Modi s’est dit « peiné par sa disparition ». Le gouvernement argentin a exprimé son « chagrin », les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et cubain Miguel Diaz-Canel leur « tristesse ».

« Elle nous manquera terriblement », a prédit la reine du Danemark Margrethe II.

« Son décès est une immense perte pour le peuple britannique », a estimé le président chinois Xi Jinping.

Le Maroc perd « une grande amie spéciale », a assuré son roi Mohammed VI, exprimant sa « profonde tristesse » et rappelant l’attachement de la reine à « renforcer l’amitié de longue date entre nos deux monarchies séculaires ».

Historique

Le roi des Belges Philippe et son épouse ont rendu hommage jeudi à « une monarque d’exception qui a profondément marqué l’Histoire » avec sa « personnalité hors-du-commun ».

Le grand-duc Henri du Luxembourg s’est dit « profondément attristé », assurant que son pays n’a « jamais oublié » le soutien du Royaume-Uni à sa famille, accueillie à Londres après l’invasion allemande en 1940.

Le roi d’Espagne Felipe VI a même jugé qu’elle avait « écrit les chapitres les plus pertinents de l’Histoire » ces sept dernières décennies.

La reine Elizabeth II a symbolisé « la réconciliation » avec l’Allemagne, contribuant à « panser les plaies » de la Seconde guerre mondiale, a notamment souligné le chef de l’Etat allemand Frank-Walter Steinmeier.

Au Japon, l’empereur Naruhito a salué ses « nombreuses réalisations et contributions » et le Premier ministre Fumio Kishida a rappelé qu’elle avait « joué un rôle extrêmement important pour la paix et la stabilité mondiales ».

Sa mort laisse un immense vide dont le souvenir « restera gravé en lettres d’or dans les annales de l’histoire mondiale », pour le président du Pakistan Arif Alvi.

« Sa vie et son héritage resteront gravés dans les mémoires à travers le monde », a renchéri le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

« Modèle » 

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué en Elizabeth II « un modèle de continuité », « dont le calme et le dévouement ont donné de la force à beaucoup ».

« Tout au long de sa riche carrière, elle a été une source d’inspiration et de noblesse », a renchéri l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.

Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a jugé que cette « figure exceptionnelle » « symbolisait la dévotion et l’amour pour sa patrie ».

La reine Elizabeth II de Grande-Bretagne et le duc d’Edimbourg, le prince Philip déposant une gerbe lors d’une visite sur le site de commémoration de l’ancien camp de concentration nazi de Bergen-Belsen, le 26 juin 2015. (Crédit : AFP/Julian Stratenschulte)

Pour le président philippin Ferdinand Marcos, « elle a montré au monde l’exemple de la grande dignité d’un vrai monarque, de son sens du devoir et de son dévouement envers tous ses sujets ».

Au Kénya, où elle avait appris la mort de son père en 1952, le président sortant Ujuru Kenyatta l’a qualifiée d' »immense icône du service désintéressé pour l’humanité » et le président élu William Ruto a souhaité « que son souvenir continue de nous inspirer ».

Souvenirs

De Joe Biden qui l’avait rencontrée pour la première fois en 1982, à Angela Merkel qui a évoqué « l’honneur de la recevoir » une dernière fois à la fin de son mandat l’an dernier, plusieurs personnalités ont partagé leurs souvenirs de la reine, y compris dans des enceintes inattendues.

Le footballeur Pelé a ainsi révélé être un « grand admirateur » de la souveraine depuis son séjour au Brésil en 1968, où elle avait assisté à un match dans le stade bondé du Maracana.

« Nous nous rappellerons toujours d’elle avec affection, surtout qu’elle a vécu ici quand elle était une petite princesse », a également tweeté le Premier ministre de Malte Robert Abela.

Nelson Mandela et la reine s’appelaient par leurs prénoms, rare privilège, a rappelé la fondation du héros de la lutte contre l’apartheid. Il l’avait surnommée « Motlalepula », qui signifie « venue avec la pluie », évocation d’une visite d’Etat en 1995 assortie de pluies torrentielles.

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