Le mouvement Massorti autorise le minyan virtuel en « temps de crise »
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Le mouvement Massorti autorise le minyan virtuel en « temps de crise »

Le communiqué précise que la diffusion en streaming ne doit pas être activée par une personne juive pendant Shabbat

Des Juifs conservateurs prient dans la section préparée pour la prière pour les Femmes du mur à l'arche de Robinson, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 30 juillet 2014 (Crédit : Robert Swift/Flash90)
Des Juifs conservateurs prient dans la section préparée pour la prière pour les Femmes du mur à l'arche de Robinson, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 30 juillet 2014 (Crédit : Robert Swift/Flash90)

Les dirigeants du mouvement Massorti ont publié une déclaration autorisant la récitation du kaddish des endeuillés avec un quorum de 10 hommes virtuels.

Dans un communiqué daté de cette semaine, les rabbins Elliot Dorff et Pamela Barmash, co-présidents de la Commission de la Loi juive et des Normes (CJLS) ont déclaré qu’au vu de la crise sanitaire actuelle, il est permis de constituer un quorum virtuel, un minyan, avec d’autres individus, par vidéo-conférence.

« La permission de constituer un minyan exclusivement en ligne, que ce soit pour les prières requérant un minyan ou uniquement pour le kaddish des endeuillés, est limité à cette « shaat had’hak » (heure de crise), où pendant des semaines, en former un sans risquer de porter atteinte à la vie d’autrui est impossible », ont écrit les rabbins. « Cette permission est limitée aux régions où la fermeture de la plupart des synagogues a été recommandée ou imposée. »

En vertu de la loi juive traditionnelle, un minyan se constitue par la présence de 10 adultes juifs dans un seul endroit physique pour la lecture de certains passages de la Torah. Le CJLS lui-même a défendu cette règle à une écrasante majorité dans un document de 2001 rédigé par le rabbin Avram Israel Reisner.

Mais le courrier d’Elliot Dorff et Pamela Barmash, qui ne forment pas un comité de responsa officiel, avance que la pandémie de coronavirus actuelle constitue une situation extraordinaire en vertu de laquelle certaines dispositions de la loi juive peuvent être suspendues. Leur opinion prévoit tout de même certaines limites, notamment que les participants se voient et s’entendent, et répondent « amen » au moment voulu.

Le courrier précise également qu’en ce qui concerne le respect du Shabbat, jour où l’usage des appareils électroniques est généralement prohibé, aucune diffusion en direct ne doit être activée par une personne juive, ce qui pose problème pour les plateformes comme Zoom, qui exigent que les utilisateurs se connectent en entrant pseudo et mot de passe.

Parmi les nombreuses façons dont la pandémie de coronavirus a bouleversé la vie des Juifs, la récitation du Kaddish des endeuillés est l’une des plus chargées sur le plan émotionnel. Les personnes en deuil récitent traditionnellement cette prière quotidiennement pendant 11 mois après le décès d’un parent, et pendant 30 jours après le décès d’un frère, sœur, enfant ou conjoint, et elle est souvent considérée comme un élément important du processus de deuil. Ces derniers jours, alors que les restrictions draconiennes sur les rassemblements sociaux sont devenues la norme dans le monde entier, de nombreux Juifs en deuil se sont trouvés dans l’impossibilité de réunir les dix personnes nécessaires pour la réciter.

« Les rabbins doivent rassurer les personnes en deuil qu’elles remplissent leurs obligations légales juives dans ces circonstances et ne doivent se sentir nullement coupables de se souvenir et d’honorer le défunt de cette manière », souligne la lettre.

Cette dernière comprend également un lien vers les prières qui peuvent être dites à la place du Kaddish.

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