Le parquet fait appel de la libération anticipée d’un tueur d’enfant
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Le parquet fait appel de la libération anticipée d’un tueur d’enfant

Zvi Gur, qui a purgé 37 ans de prison pour avoir tué Oron Yarden, 8 ans, en 1980, a été jugé apte à être libéré

Zvi Gur, au centre, devant la Cour suprême, en juillet 2009. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Zvi Gur, au centre, devant la Cour suprême, en juillet 2009. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le parquet a fait appel lundi de la décision de la commission des libérations anticipées, qui a autorisé la libération de Zvi Gur, emprisonné depuis 1980 pour avoir enlevé et assassiné Oron Yarden, un petit garçon de huit ans.

L’Etat s’oppose à la libération de Gur, qui devait avoir lieu mercredi. Il a purgé 37 ans sur les 45 prévues dans sa condamnation.

Le parquet a indiqué que la commission n’avait pas accordé un poids suffisant à la gravité des crimes et à leurs circonstances, particulièrement cruelles.

Le parquet a expliqué dans son appel que le scandale déclenché par le meurtre de Yarden ne s’était pas réduit, même après toutes ces années.

Le meurtrier « a réalisé un enlèvement cruel, de sang-froid et bien planifié », a indiqué le parquet. « L’enlèvement était planifié depuis le début dans l’objectif d’extorquer de l’argent aux parents de l’enfant. »

Le parquet a cité les preuves montrant que Gur avait planifié l’enlèvement, notamment en changeant les plaques d’immatriculation de sa voiture et en annulant des jours de réserve qu’il devait effectuer pour l’armée. Le parquet a indiqué qu’il « ne peut être contesté que ce meurtre était unique dans chacun de ses aspects. »

De plus, le parquet a affirmé que Gur n’avait pas reconnu la pleine responsabilité de ses actes. La commission de libération anticipée a ignoré le diagnostic psychologique qui a montré que Gur « ne voit pas les crimes comme un enlèvement et un meurtre. Il décrit la chaîne des évènements comme une série de mauvaises décisions et un échec à anticiper les conséquences. Il n’attribue aucune attention malveillante au meurtre. »

L’appel devait être entendu mardi par la cour du district de Lod.

Gur, qui avait 33 ans au moment des faits, avait initialement été condamné à perpétuité pour le meurtre et à 34 ans de prison supplémentaires pour l’enlèvement et le chantage. Sa peine avait ensuite été commuée en 45 ans de prison en 1999 par Ezer Weizman, qui était alors président.

Gur, illustrateur de livres pour enfants, avait demandé et reçu une rançon de deux millions de shekels, l’équivalent de 106 000 shekels actuels, pour Yarden. Il avait été arrêté deux semaines après, quand il avait déposé l’argent sur son compte en banque et que le guichetier avait reconnu les numéros de série des billets. Après son arrestation, Gur avait montré à la police où il avait enterré le corps de Yarden, à Netanya.

Il avait donné plusieurs explications à la mort de l’enfant, commençant par affirmer qu’il avait suffoqué dans la voiture, avant de dire qu’un parrain du crime avait ordonné l’enlèvement de l’enfant et qu’il avait lui-même tué Yarden.

La cour avait cependant conclu que Gur avait tué Yarden peu après l’enlèvement, et avant que la rançon ne soit payée.

En raison de son comportement exemplaire à la prison Ayalon, Gur avait été autorisé à peindre sans surveillance les murs extérieurs de la prison, et avait réussi à s’enfuir en 1985. Il avait été arrêté six jours plus tard.

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