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Le Parquet fait appel de la peine d’un Juif dans l’agression d’un Arabe à Bat Yam

Les procureurs estiment qu'un an de prison n'est pas suffisant au vu de l'usage du drapeau israélien et de l'interview donnée à la télévision pendant l'agression violente

Lynchage d'un Arabe à Bat Yam, diffusé en direct à la télévision le 12 mai 2021. (Capture d'écran)
Lynchage d'un Arabe à Bat Yam, diffusé en direct à la télévision le 12 mai 2021. (Capture d'écran)

Le bureau du procureur de l’État a fait appel, lundi, devant la Cour suprême suite à la condamnation d’un homme Juif à un an de prison pour son implication dans l’agression en bande d’un automobiliste arabe au cours de violences intercommunautaires qui, l’année dernière, s’étaient déclarées dans plusieurs villes mixtes du pays. Le bureau a précisé qu’il estimait que la peine était trop légère.

Lahav Nagauker, qui était alors âgé de 20 ans, a été condamné au début du mois pour incitations à la violence et racisme dans le cadre d’une négociation de peine qui a entraîné une réduction des chefs d’inculpation.

Cette condamnation a été la première dans le dossier de cet épisode violent survenu en mai dernier. Une bande de voyous s’en était pris à Saeed Mousa, le faisant sortir de force de sa voiture avant de le battre – une agression qui l’avait laissé, ensanglanté et immobile, à terre. La victime avait été grièvement blessée.

La cour a estimé que si Nagauker n’avait pas été impliqué directement dans l’attaque, il avait néanmoins jeté une bouteille en direction de la voiture de Moussa, endommageant le pare-brise arrière de son véhicule.

L’agression, qui avait eu lieu à Bat Yam, près de Tel Aviv, était survenue alors qu’un conflit avait éclaté entre Israël et les groupes terroristes du Hamas, dans la bande de Gaza. Cette guerre d’onze jours avait été à l’origine d’une vague de violences interethniques sans précédent entre Juifs et Arabes, dans tout le pays.

L’attaque gratuite de l’automobiliste avait été filmée en direct à la télévision, entraînant une onde de choc. Nagauker avait été interviewé, encore en direct, après l’agression. Il avait déclaré à cette occasion aux journalistes que « on est venus ce soir se battre avec les Arabes… Si on doit le faire, on les tuera et si on doit le faire, on les assassinera ».

Selon l’appel déposé par le bureau du procureur de l’État devant la Cour suprême, « les actions de l’accusé sont excessivement et particulièrement graves dans la mesure où il s’est rendu coupable d’une longue liste d’actions violentes et d’atteintes aux biens sur la base de motivations racistes, et en raison des incitations à la violence dont il s’est rendu coupable de manière répétée sur les lieux de l’incident et qui ont encouragé les auteurs des violences en temps réel, alors même qu’il utilisait le drapeau de l’État. »

« Même après que les émeutiers présents sur les lieux se sont livrés à une tentative de lynchage à l’encontre d’un innocent, dont la faute toute entière était son origine ethnique, l’accusé a trouvé approprié d’être interviewé à la télévision, en direct, et de justifier ses actions, incitant encore davantage à la haine et appelant même d’autres à commettre des crimes similaires », note l’appel.

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