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Le Pass vert obligatoire dans les magasins non-essentiels dès vendredi

De nombreux propriétaires de boutique promettent de s'opposer à cette proposition soutenue par Bennett - une directive qualifiée de "folie" par un ministre

Des personnes marchent dans un centre commercial à Rosh Pina, avant sa réouverture au public le 2 mars 2021. (Michael Giladi/FLASH90)
Des personnes marchent dans un centre commercial à Rosh Pina, avant sa réouverture au public le 2 mars 2021. (Michael Giladi/FLASH90)

Le Premier ministre Naftali Bennett et de hauts-responsables de la santé ont convenu, mardi, de remettre en vigueur les règles du Pass vert dans les centres commerciaux alors que 22 nouveaux cas du variant Omicron, qui présente de nombreuses mutations, ont été confirmés en Israël – ce qui amène le nombre de cas total de cette souche dans le pays à 89.

En conséquence de cette directive, les Israéliens devront, dès vendredi, présenter une preuve de vaccination ou un résultat de test négatif au coronavirus pour pouvoir entrer dans les zones commerciales.

Ce sont des gardiens de la sécurité qui effectueront les contrôles à l’entrée des clients dans les centres – s’ils sont en règle, ils recevront un bracelet leur permettant de rester dans la zone commerciale pendant toute la journée. Pour bénéficier du Pass vert, il faut être vacciné, avoir récemment guéri de la COVID-19 ou être en mesure de présenter un résultat négatif de test de dépistage.

Les personnes qui ne sont pas en possession d’un Pass vert pourront entrer dans les centres mais, sans bracelet, ils n’auront accès qu’aux magasins essentiels – pharmacies, épiceries… Il faudra, pour pouvoir pénétrer dans les autres boutiques, présenter le bracelet à l’entrée.

Selon des informations parues dans la presse israélienne, de nombreux magasins ont promis de ne pas se conformer aux nouvelles directives et prévoient de faire appel devant la Haute-cour.

« On ne va pas commencer à étiqueter les clients. Si l’État d’Israël veut qu’on fasse des contrôles à l’entrée du centre commercial, qu’il fasse donc appel à la police. Les employés ne s’en chargeront pas », auraient dit différents gérants à la Treizième chaîne.

Eli Avidar, député de Yisrael Beytenu, à la Knesset, le 29 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

De son côté, Eli Avidar, ministre issu du parti Yisrael Beytenu, a signalé qu’il s’opposerait à cette mesure. « Il s’agit d’une initiative précipitée, qui ne présente ni logique épidémiologique, ni lien avec la réalité. Et c’est un coup porté aux gérants de magasin comme à leurs clients », a-t-il écrit sur Twitter.

Avidar a ajouté que « le public attaché à la démocratie perd le reste de confiance qui lui restait encore, et il blâme tous ceux qui sont responsables de cette folie ».

Bennett et les responsables de la santé ont également convenu, mardi, de réactualiser les règles de quatorzaine pour les voyageurs qui arrivent dans le pays – des règles qui ont été durcies par le gouvernement dans le cadre de l’apparition inquiétante du variant Omicron.

Des Israéliens au centre commercial Ayalon, à Ramat Gan, le 27 novembre 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les Israéliens vaccinés qui reviennent des pays « rouges » (les pays présentant un nombre de cas élevé de coronavirus) auront la permission de se placer à l’isolement chez eux pendant une semaine plutôt que de rejoindre obligatoirement une structure de quarantaine placée sous la responsabilité de l’État. Un résultat de test négatif sera exigé pour pouvoir sortir de l’isolement.

Les personnes non-vaccinées seront envoyées directement dans ces structures de quarantaine dirigées par l’État, mais elles seront néanmoins autorisées à les quitter et à retourner chez elles si le test de dépistage réalisé à l’atterrissage, à l’aéroport Ben Gurion, est négatif.

Ces changements pourraient empêcher le surpeuplement de ces structures alors que le ministère de la Santé prend actuellement l’initiative d’élargir la liste des pays « rouges » interdits aux Israéliens – une initiative qui devrait envoyer un plus grand nombre encore de voyageurs de retour dans le pays en quarantaine.

Le hall des départs de l’aéroport Ben Gurion, le 28 novembre 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Actuellement, tous les Israéliens qui reviennent des pays « rouges » doivent s’isoler dans des structures dirigées par l’État pendant au moins dix jours, même s’ils peuvent retourner chez eux pour terminer leur mise à l’isolement s’ils sont testés négatifs au variant Omicron.

Les règles proposées – qui devront être approuvées par le gouvernement et par la commission de la Constitution, du droit et de la Justice – doivent entrer en vigueur vendredi.

Selon la Treizième chaîne, pendant la réunion de mardi, Bennett a proposé que tous les pays qui ne dépistent pas spécifiquement Omicron soient catégorisés comme pays « rouges » par mesure de prudence. Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz aurait répondu : « Vous êtes fou ? Il ne restera plus de place dans les hôtels de quarantaine ».

Des voyageurs portant le masque arrivent à l’aéroport Ben-Gurion après qu’Israël a interdit l’entrée des ressortissants étrangers pour contrer l’apparition d’un nouveau variant du coronavirus, le 28 novembre 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Le ministère de la Santé a indiqué que 57 des 89 cas de variant Omicron enregistrés sur le territoire concernaient des ressortissants revenant de l’étranger et que 21 concernaient des personnes ayant été en contact avec des voyageurs revenus d’un séjour à l’international. Les autres infections sont des cas de contamination communautaire.

Parmi les cas confirmés, 67 personnes étaient considérées comme « protégées » – elles avaient reçu une injection de rappel, elles avaient bénéficié des deux doses de vaccin initiales ou elles s’étaient rétablies du coronavirus dans les six mois précédents. 22 cas concernent des Israéliens qui étaient « non-protégés ».

Le ministère a fait savoir qu’il attendait les résultats d’analyse de séquençage génétique de 150 autres cas mais qu’il était probable qu’il s’agisse, encore une fois, d’infections au variant Omicron.

Entre le nombre de cas confirmés et encore présumés, le ministère de la Santé a établi que 94 personnes présentaient une forme symptomatique de la maladie. Il n’y a eu jusqu’à présent dans le pays qu’un seul cas grave de ce nouveau variant – un homme non-vacciné qui a dû être hospitalisé – et cette nouvelle souche n’a pas entraîné de décès sur le sol israélien.

Des employés pratiquent des tests à la COVID-19 dans un centre de dépistage de type Drive-in à Modiin, le 10 septembre 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Selon la docteure Sharon Alroy-Preis, à la tête des services de santé publique au sein du ministère de la Santé, Omicron est plus contagieux et plus apte à échapper au vaccin. Elle a également noté qu’il semblait entraîner moins de morts et qu’il paraissait entraîner moins de formes graves de la maladie que les souches responsables des vagues précédentes.

Le gouvernement a imposé un certain nombre de restrictions pour empêcher la propagation du variant Omicron au sein de l’État juif, interdisant notamment l’entrée des touristes étrangers sur le territoire et imposant au moins soixante-douze heures de quarantaine pour tous les voyageurs de retour dans le pays, et ce, indépendamment de leur parcours vaccinal.

Le ministère de la Santé réactualise aussi quotidiennement la liste des pays « rouges », une initiative qui pourrait réduire le nombre de vols vers l’étranger en rendant difficile toute planification anticipée d’un déplacement à l’international. Le Royaume-Uni et le Danemark devraient être ajoutés à cette liste jeudi à minuit.

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