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Le président allemand constate la « confiance perdue » avec les Etats-Unis de Trump

Même son de cloche du côté du chef d'état-major interarmées français, le général Fabien Mandon, qui a déploré mardi que les Etats-Unis soient "de moins en moins prévisibles"

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier s'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue libanais Joseph Aoun (hors champ), au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, au Liban, le 16 février 2026. (Crédit : Hussein Malla/AP)
Le président allemand Frank-Walter Steinmeier s'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue libanais Joseph Aoun (hors champ), au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, au Liban, le 16 février 2026. (Crédit : Hussein Malla/AP)

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a relevé mardi que la confiance entre les Etats-Unis et ses alliés occidentaux était « perdue », estimant que cette réalité perdurera même après la présidence de Donald Trump.

« La rupture est trop profonde, et la confiance perdue dans la politique de grande puissance des États-Unis est trop importante, non seulement chez leurs alliés, mais aussi, comme je le constate, à l’échelle mondiale », a déclaré M. Steinmeier dans un discours prononcé à Berlin à l’occasion du 75e anniversaire du ministère allemand des Affaires étrangères.

« Il n’y aura pas de retour à la situation d’avant le 20 janvier 2025 », date du début du deuxième mandat de Donald Trump à la Maison Blanche, a jugé cet ex-ministre des Affaires étrangères, évoquant l’avenir des relations transatlantiques.

A cette perte de confiance s’ajoute l’incompréhension face au déclenchement de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui, selon lui, est « contraire au droit international ».

« Cette guerre constitue (…) une erreur politique aux conséquences graves », a insisté le diplomate, évoquant un conflit « évitable, inutile ».

Le président allemand occupe un rôle essentiellement protocolaire et dispose d’une influence morale. Ses critiques vont plus loin que celles du gouvernement, mais sont dans la même lignée.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a ainsi appelé vendredi à la fin de la guerre contre l’Iran, soulignant qu’elle « ne profitait à personne et nuisait économiquement à beaucoup ».

Le député écologiste Volker Beck (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Le président de la Société germano-israélienne, Volker Beck, a de son côté jugé les propos du président allemand « totalement inappropriés », dénonçant une « attitude prétentieuse de donneur de leçons ».

« Le régime des mollahs menace et mène une guerre contre l’existence même d’Israël depuis des années », a-t-il déclaré, accusant M. Steinmeier de fermer les yeux sur ces dangers.

Ces derniers mois, le chancelier a cependant exprimé des critiques envers les actions d’Israël à Gaza et ses frappes au Liban.

Même son de cloche du côté du chef d’état-major interarmées français, le général Fabien Mandon, qui a déploré mardi que les Etats-Unis soient « de moins en moins prévisibles » et n’aient pas prévenu leurs alliés de leur décision d’entrer en conflit avec l’Iran.

« La relation reste très forte, mais malheureusement, après un désengagement de l’Afghanistan dans lequel il n’y a eu aucune concertation (…), ils viennent de décider d’intervenir au Proche et au Moyen-Orient sans nous prévenir », a déclaré le haut-gradé en ouverture du Forum de stratégie et de défense de Paris (PDSF).

Le chef d’état-major des armées françaises, Fabien Mandon, à son arrivée pour assister au sommet de la Coalition des volontaires, à l’Élysée, à Paris, le 4 septembre 2025. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

« On a agi immédiatement, surpris par un allié américain qui reste un allié, mais qui est de moins en moins prévisible et qui ne prend pas la peine de nous prévenir lorsqu’il décide d’engager des opérations militaires », a-t-il regretté alors que « ça a un impact sur notre sécurité, ça a un impact sur nos intérêts ».

Les intérêts de la France dans la région ont été engagés, a renchéri la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo.

« Du fait des conséquences de la situation, nous avons eu des pertes à déplorer et des blessés » a-t-elle rappelé, en faisant référence aux militaires français déployés au Kurdistan iranien victimes d’une frappe de drone.

« En termes de protection de nos ressortissants, de protection de nos forces et de nos partenaires dans la région, il faut de la coordination, c’est comme ça que ça fonctionne dans une alliance » comme l’Otan, a-t-elle ajouté.

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