Le président iranien jure d’aider la Syrie contre Israël pour libérer le Golan
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Le président iranien jure d’aider la Syrie contre Israël pour libérer le Golan

Rouhani a indiqué que Téhéran et Damas partageaient l'objectif de battre "les occupants sionistes" ; un haut responsable appelle à lutter contre le régime sioniste "vampire"

Le président iranien Hassan Rouhani s'exprime lors d'une rencontre du cabinet à Téhéran, en Iran, le 2 décembre 2020. (Crédit : Bureau de la présidence iranienne via AP)
Le président iranien Hassan Rouhani s'exprime lors d'une rencontre du cabinet à Téhéran, en Iran, le 2 décembre 2020. (Crédit : Bureau de la présidence iranienne via AP)

Le président iranien Hassan Rouhani a déclaré, mardi, que Téhéran et Damas partageaient l’objectif commun d’affronter l’Etat juif et qu’ils continueraient à le faire jusqu’à la restitution à la Syrie du plateau du Golan.

Le site internet de Rouhani a précisé que ces propos ont été tenus pendant une rencontre avec Fayçal Mekdad, le ministre syrien des Affaires étrangères, qui se trouvait dans le pays.

« La république islamique d’Iran continuera à soutenir le gouvernement et le peuple syriens, qui sont nos alliés stratégiques, et nous défendrons la Syrie jusqu’à son ultime victoire », a déclaré Rouhani, qui a ajouté que la guerre contre « l’occupant et le terrorisme sionistes » était un objectif partagé par les deux nations.

« Jusqu’à la libération de toutes les terres occupées, le Golan y compris, la confrontation à l’occupant sioniste » devra continuer, a ajouté Rouhani.

Selon l’agence de presse Tasnim, Rouhani a aussi dénoncé le président américain Donald Trump pour sa reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, l’année dernière.

Mekad, en retour, a salué les liens « précieux et honorables » entre les deux pays, a noté l’agence de presse. L’Iran est un allié déterminant du président syrien Bashar Assad, et la république islamique offre à son gouvernement de Damas un soutien militaire et économique vital.

Cela fait plusieurs années qu’Israël mène une campagne visant à garantir que les forces iraniennes et ses milices alliées ne s’ancreront pas en Syrie, spécialement à proximité du Golan, craignant que le secteur puisse être utilisé pour attaquer l’Etat juif.

L’Iran a affirmé, dans le passé, que ses troupes se trouvaient en Syrie dans un strict rôle de conseil contre le « terrorisme ».

Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité national iranien, s’exprime lors de la première réunion des secrétaires de sécurité nationale dans la capitale iranienne de Téhéran, le 26 septembre 2018. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

Lors d’une rencontre distincte avec Mekdad, le secrétaire du conseil suprême de sécurité nationale iranien Ali Shamkhani a expliqué que « le monde sera indubitablement plus sûr sans le régime sioniste ».

Shamkhani a aussi appelé la communauté internationale à agir contre Israël, qu’il a décrit comme « un vampire, anti-humain ».

C’est la première visite effectuée par Mekdad en Iran en tant que ministre des Affaires étrangères depuis qu’il a pris son poste au mois de novembre, succédant au diplomate vétéran Walid Muallem.

Il a rencontré son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, dans la journée de lundi. Les deux hommes ont discuté de « questions bilatérales, régionales et internationales ainsi que du combat conjoint contre le terrorisme », a fait savoir le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Sur cette photo diffusée par le ministère iranien des Affaires étrangères, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, à droite, et son homologue syrien Faisal Mekdad posent devant les médias avant une rencontre à Téhéran, le 7 décembre 2020. (Crédit : Ministère iranien des Affaires étrangères via AP)

Ces propos surviennent à un moment d’escalade dans la région, ces dernières semaines, qui ont été marquées par l’assassinat du père du nucléaire Mohsen Fakhrizadeh et par des informations non-confirmées qui ont porté sur des frappes aériennes qui auraient tué des combattants pro-iraniens ou des soldats de la république islamique. Ces événements ont été largement attribués à l’Etat juif.

La menace représentée par les groupes mandataires iraniens – en particulier le Hezbollah et d’autres milices implantées en Syrie et au Liban – vise essentiellement la frontière nord d’Israël. Téhéran, toutefois, apporte également son appui au groupe terroriste du Jihad islamique palestinien et, à un niveau moindre, au Hamas, dans la bande de Gaza.

Le mois dernier, les soldats israéliens ont découvert trois mines antipersonnel qui, selon les militaires, avaient été installées par des combattants syriens sur l’ordre des forces expéditionnaires al-Quds des Gardiens de la révolution iraniens.

Trois mines anti-personnel placées dans le territoire israélien à la frontière israélo-syrienne, dans le plateau du Golan et découvertes le 17 novembre 2020. (Crédit : armée israélienne)

En réponse à cette attaque manquée – qui, selon Tsahal, aurait visé les soldats qui patrouillent le long de la frontière – les militaires ont lancé une série de frappes aériennes sur des cibles iraniennes et syriennes en Syrie, tuant au moins quatre soldats syriens en charge des systèmes de défense antiaérienne qui étaient précisément visés par l’aviation militaire israélienne.

Le chef d’Etat-major israélien, Aviv Kohavi, a déclaré la semaine dernière que l’Etat juif continuerait à se battre pour empêcher l’implantation des combattants soutenus par l’Iran en Syrie.

L’armée israélienne a lancé des centaines de frappes en Syrie depuis le début de la guerre civile, en 2011, pour décourager les tentatives entreprises par l’Iran d’établir une présence militaire permanente dans le pays et pour dissuader ses efforts de transférer des armes avancées et susceptibles de changer la donne aux groupes terroristes de la région, en particulier au Hezbollah.

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