Le remaniement ministériel de Netanyahu aurait « blessé » Yaalon
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Le remaniement ministériel de Netanyahu aurait « blessé » Yaalon

Un ami du ministre de la Défense fustige que le remplacement par Liberman serait l’équivalent d’un « méga attentat terroriste » ; HaBayit HaYehudi nie rechercher une promotion de cabinet

Moshe Yaalon à un meeting du parti du Likud le 11 janvier 2016 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
Moshe Yaalon à un meeting du parti du Likud le 11 janvier 2016 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, devrait se voir offrir le poste de ministre des Affaires étrangères, suite à une décision du Premier ministre Benjamin Netanyahu de libérer le poste à la Défense pour le nouveau partenaire de la coalition, Avigdor Liberman.

Netanyahu et Yaalon envisagent de se rencontrer jeudi pour discuter du remaniement ministériel, selon le quotidien Israël Hayom, qui est considéré comme étroitement lié à Netanyahu.

Le rapport ne citait aucune source quant à cette information, et il n’y avait pas de confirmation immédiate de la part du cabinet du Premier ministre.

Yaalon a déclaré mercredi qu’on ne lui avait pas proposé le portefeuille des Affaires étrangères, actuellement détenu par Netanyahu, après l’annonce qu’il allait devoir céder sa place à Liberman à la Défense.

Liberman et Netanyahu ont entamé des pourparlers sérieux mercredi après-midi pour que les six sièges du parti Yisrael Beytenu rejoignent le gouvernement dirigé par le Likoud, des rapports faisant rapidement état que Netanyahu avait accédé à la demande de Liberman pour le portefeuille de la Défense. Les pourparlers n’étaient pas encore conclus jeudi matin.

Avigdor Liberman, à gauche, et Yariv Levin durant les pourparlers pour la coalition, jeudi matin (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Avigdor Liberman, à gauche, et Yariv Levin durant les pourparlers pour la coalition, jeudi matin (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cette décision a fait beaucoup de bruit : Yaalon, ancien chef de l’armée israélienne, a été acclamé pour son travail à la direction du ministère de la Défense depuis 2013 et Liberman a été fustigé pour ses propositions politiques dures.

« Cette initiative est un méga attentat terroriste », a déclaré Meir Ramon, un ami proche de Yaalon, dans des entretiens avec plusieurs organes de presse, jeudi matin.

Une querelle avait récemment eu lieu entre Yaalon et Netanyahu et le flanc droit de la coalition sur un soldat qui a abattu un assaillant palestinien blessé à Hébron. En opposition avec Yaalon, qui a apaisé la critique cinglante du soldat et a dit qu’il devrait être puni dans toute la mesure de la loi, Liberman a critiqué le chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eisenkot, pour ne serait-ce qu’avoir retenu des charges contre lui, qualifiant le procès d’ « hypocrite et injustifié ».

Plus récemment, Yaalon a croisé le fer avec Netanyahu et d’autres responsables en soutenant un général qui semblait comparer certains segments de la société israélienne avec l’Allemagne d’avant la Seconde Guerre mondiale.

Ramon a déclaré à Ynet qu’il avait parlé à Yaalon, qui « l’avait vu venir », mais ne pensait pas qu’impliquer Liberman, ancien ministre des Affaires étrangères, signifierait qu’il allait perdre le ministère de la Défense.

« D’après moi, il semble blessé, il croyait à la justesse de son chemin. Il espère peut-être que cela ne passera finalement pas, mais il est fort, courageux et surmontera cet obstacle », a-t-il dit.

John Kerry, à droite, rencontre Moshe Yaalon à Jérusalem en mai 2013 (Crédit : US State Department)
John Kerry, à droite, rencontre Moshe Yaalon à Jérusalem en mai 2013 (Crédit : US State Department)

Alors qu’il s’y connait bien en matière de sécurité, Yaalon a peu d’expérience diplomatique. En 2014, une écoute d’un appel au secrétaire d’Etat américain John Kerry a révélé qu’il l’avait qualifié d’ « inexplicablement obsessionnel » et « messianique » dans ses efforts pour amadouer Israël et les Palestiniens pour un accord de paix.

L’incident a été considéré comme ayant endommagé une relation déjà fragile entre Israël et la Maison Blanche, et Yaalon s’est excusé plus tard, mais on lui a par la suite interdit d’assister aux réunions avec Kerry et le vice-président américain Joe Biden lors d’un voyage aux États-Unis plus tard dans l’année.

Le parti HaBayit HaYehudi, qui détient les ministères de l’Education et de la Justice, a nié jeudi matin qu’il visait le ministère de la Défense ou celui des Affaires étrangères dans le cadre du remaniement ministériel.

Les ministres du parti « ne veulent aucun autre portefeuille que ceux qu’ils ont déjà », a déclaré le parti dans un communiqué. « Ils sont satisfaits de leurs postes ».

Liberman, quant à lui, rencontrait jeudi matin le ministre du Tourisme, Yariv Levin, du Likud pour sceller l’accord qui verra son parti rejoindre la coalition.

Levin a déclaré à Haaretz qu’il n’y avait pas de grandes différences entre les deux parties, et que, en fait, la conclusion des pourparlers était la plupart du temps une histoire de « combien de temps ça va prendre pour mettre les choses par écrit ».

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