Le shekel atteint son niveau le plus haut depuis 30 ans face au dollar
La situation s'est également améliorée pour les consommateurs : les produits qu'ils achètent et font venir de l'étranger sont de moins en moins chers
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le shekel israélien a atteint son plus haut niveau depuis 30 ans face au dollar, le dynamisme de la monnaie locale continuant d’être alimenté, après la guerre, par les anticipations d’une amélioration de l’environnement géopolitique et d’une reprise économique rapide, parallèlement à la faiblesse du dollar à l’échelle mondiale.
Le taux de référence du shekel de la Banque d’Israël a clôturé à 3,0680 shekels pour un dollar, son plus haut niveau depuis 1995. Depuis le début de l’année, la devise s’est appréciée d’environ 4 % par rapport au dollar, ainsi que de 15 % au cours de l’année écoulée.
« Le renforcement rapide du shekel résulte d’une part de l’affaiblissement continu du dollar par rapport à de nombreuses devises mondiales et d’autre part de la hausse des marchés boursiers locaux, qui continuent d’attirer les fonds des investisseurs étrangers et locaux », a expliqué Ronen Menahem, économiste en chef des marchés à la Mizrahi Tefahot Bank, au Times of Israel.
« Les performances de l’économie et du marché des capitaux, relativement bonnes malgré deux années de guerre, témoignent d’une résilience qui a entraîné un afflux d’investissements et de capitaux étrangers, en particulier dans le secteur technologique du pays, ce qui a renforcé la monnaie locale. »
« Du point de vue des consommateurs, la situation s’est améliorée, car les produits qu’ils achètent et font venir de l’étranger sont de moins en moins chers, en particulier les achats en ligne », a ajouté Menahem.
Si un shekel très fort a un effet déflationniste car il réduit les importations, freine la hausse des prix et le coût du crédit pour les consommateurs et permet à la Banque d’Israël de baisser les taux d’intérêt, il pose des problèmes aux fabricants et entreprises israéliens dépendantes des exportations et des revenus en dollars.
Le risque est que le shekel fort renchérisse le prix des biens et services israéliens à l’étranger, ce qui aurait pour effet de freiner l’un des moteurs de croissance les plus importants de l’économie israélienne, avec à la clef un impact sur l’emploi.
« Un shekel fort n’est pas un phénomène technique ou temporaire, mais le reflet direct de fondements solides qui attirent les investissements étrangers et dopent la bourse israélienne, avec une forte confiance dans la reprise rapide de l’économie », a expliqué au Times of Israel Alex Zabezhinsky, économiste en chef de la maison d’investissement Meitav. « Une monnaie forte fait baisser les prix des importations de matières premières, ainsi que de nombreux biens tels que les vêtements, les meubles, les équipements, les appareils électroniques, sans oublier les voyages à l’étranger. »
« Mais un shekel fort a aussi pour effet de rendre les produits israéliens moins compétitifs, alors même que les entreprises qui produisent en Israël paient leurs factures et les salaires en shekels, ce qui affecte leurs bénéfices », a ajouté Zabejinsky.
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