Le taux d’IVG en baisse depuis 32 ans en Israël
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Le taux d’IVG en baisse depuis 32 ans en Israël

En 2019, 17 688 femmes israéliennes ont déposé une demande d’avortement ; alors que 99,4 % d’entre elles ont été acceptées, 106 ont été refusées

Illustration. Une procédure d'échographie. (Crédit : via Shutterstock)
Illustration. Une procédure d'échographie. (Crédit : via Shutterstock)

Le Bureau central des statistiques israélien a publié le 29 décembre dernier un nouveau rapport sur l’IVG en Israël durant l’année 2019.

Les données du document révèlent que, sur l’année, 17 688 femmes ont déposé une demande d’avortement. Alors que 99,4 % d’entre elles ont été acceptées, 106 ont été refusées.

8,4 femmes israéliennes sur 1 000, âgées de 15 à 49 ans, ont ainsi fait une demande. Ce chiffre était de 18,6 sur 1 000 en 1988. À titre de comparaison, Il était de 15,6 pour 1 000 en France sur l’année 2019.

Selon les chiffres par communauté, les résultats sont : 10 femmes sur 1 000 chez celles qui se présentent comme non religieuses, non affiliées ou comme chrétiennes non pratiquantes non arabes ont effectué une demande ; 8,9 sur 1 000 chez les Juives, 8,4 sur 1000 chez les arabes chrétiennes ; 6,2 sur 1 000 chez les musulmanes ; et 5,6 sur 1 000 chez les Druzes.

La grande majorité (86,5 %) des IVG ont été effectuées au cours du premier trimestre de la grossesse (jusqu’à la 12e semaine). 1,6 % des opérations ont eu lieu à un stade de grossesse avancé (24 semaines ou plus).

Selon Sharon Orshalimy, conseillère en santé sexuelle et en contraception, doctorante à l’université Ben-Gourion du Néguev, citée par l’agence The Media Line, les communautés ultra-orthodoxes et bédouines feraient baisser la moyenne : elles n’ont pas recours à l’avortement et leur taux de natalité est fort.

Elle explique également le déclin de l’IVG par un meilleur accès aux moyens de contraception et à une éducation plus moderne. Elle note que, si le nombre d’IVG est resté sensiblement le même au fil des dernières décennies, le taux de natalité a augmenté, ce qui fait baisser le taux d’IVG.

L’avortement, dont les coûts sont prix en charge par l’État, a été légalisé en Israël en 1977, sous certaines conditions et selon l’avis d’un comité médical.

Ces professionnels n’approuvent généralement les IVG que sous certaines conditions : si la patiente a moins de 18 ans ou plus de 40 ans ; si la grossesse a eu lieu hors mariage ; si la grossesse est le résultat d’un viol ou d’un inceste ; si la vie de la mère est en danger ; si mener la grossesse à terme entraînerait une détresse mentale ou physique ; ou si le fœtus a de graves complications.

En 2019, plus de la moitié des avortements ont eu lieu car la grossesse résultait d’une relation hors mariage – première cause d’IVG.

Selon Michal Gera Margaliot, ancienne directrice exécutive du Réseau des femmes israéliennes, les femmes mariées auraient plus de difficultés à avorter, et devraient mentir – en affirmant par exemple au comité que leur grossesse résulte d’une relation extra-conjugale – pour y avoir accès.

« La loi ne reconnaît pas l’autonomie des femmes en ce qui concerne leur santé sexuelle ; elle reconnaît l’autonomie de l’État pour décider de la santé reproductive des femmes. Le comité est l’expression de l’État », a déclaré Sharon Orshalimy.

« En Israël, l’avortement est très accessible, sûr, semi-légal et financé jusqu’à l’âge de 33 ans, et pour des raisons médicales [ou viol et inceste] après 33 ans », a-t-elle ajouté. « Ce raisonnement est très conservateur, mais la pratique de l’avortement en elle-même est très libérale, et il y a un grand écart entre les deux. »

En 2017, l’association Yedid avait rapporté que 15 000 avortements environ étaient pratiqués de façon clandestine en Israël chaque année.

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