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Le Texas prend des mesures pour désinvestir de la marque Ben & Jerry’s

Le géant de la crème glacée et sa société-mère ont été ajoutés à la liste des entreprises boycottant Israël, ce qui devrait conduire le Texas à désinvestir 100 millions de dollars

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des manifestants pro-israéliens protestent à New York contre Ben and Jerry's au sujet de son boycott des implantations, le 12 août 2021. (Crédit : Luke Tress/Flash90)
Des manifestants pro-israéliens protestent à New York contre Ben and Jerry's au sujet de son boycott des implantations, le 12 août 2021. (Crédit : Luke Tress/Flash90)

Le Texas a officiellement ajouté jeudi Ben & Jerry’s et sa société-mère Unilever à la liste des entreprises qui boycottent Israël en raison de la décision de la marque de cesser la vente de ses produits dans les implantations de Cisjordanie. Pour le Texas, cette décision est une étape supplémentaire dans la voie du désinvestissement par l’État de quelque 100 millions de dollars de ces entreprises.

« À compter d’aujourd’hui, le bureau du contrôleur a ajouté Ben & Jerry’s et sa société -ère, Unilever, à la liste texane des entreprises qui boycottent Israël », a déclaré le bureau du contrôleur du Texas, Glenn Hegar, dans un communiqué.

Cette action a été entreprise conformément au chapitre 808 du code du gouvernement du Texas, qui définit le boycott d’Israël comme « le refus de traiter avec, la cessation des activités commerciales avec, ou toute autre action visant à pénaliser, infliger des dommages économiques ou limiter les relations commerciales spécifiquement avec Israël ou avec une personne ou une entité faisant des affaires en Israël ou dans un territoire contrôlé par Israël », ajoute la déclaration.

Cette décision marque le début d’un processus qui se terminera probablement par le retrait de 100 millions de dollars de fonds de pension publics investis dans Unilever. Une fois qu’une entreprise est ajoutée à la liste des boycotteurs d’Israël de l’État et qu’elle en est informée, elle dispose de 90 jours pour changer de cap avant que le désinvestissement n’entre en vigueur.

Il n’était pas immédiatement clair si le Texas avait officiellement notifié Unilever de ce développement.

« La loi texane est claire sur cette question et mon bureau soutient depuis longtemps Israël par le biais de nos obligations israéliennes et de nos listes de sociétés contrôlées ayant des liens avec l’Iran et avec des organisations terroristes étrangères », a déclaré M. Hegar.

La décision de jeudi a été rendue possible par la définition large d’Israël donnée par la loi texane sur le boycott, qui inclut les « territoires qu’il contrôle », c’est-à-dire la Cisjordanie.

La société de crème glacée a annoncé en juillet qu’elle cesserait de vendre ses produits dans ce qu’elle appelle le « territoire palestinien occupé », c’est-à-dire la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Ben & Jerry’s a déclaré qu’elle couperait les liens avec son fabricant et son distributeur israéliens et mettrait fin aux ventes au-delà de la ligne verte à partir de la fin de 2022.

Le contrôleur financier du Texas, Glenn Hegar. (Crédit : Wikipedia Commons)

Unilever a déclaré qu’elle espérait continuer à faire des affaires en Israël même et qu’elle s’opposait au mouvement BDS, tandis que les fondateurs de Ben & Jerry’s ont déclaré qu’ils ne soutenaient pas le mouvement de boycott mais qu’ils s’opposaient à « l’occupation illégale » d’Israël. Il n’est toutefois pas certain que Ben & Jerry’s continuera à être disponible en Israël lorsque l’interdiction prendra effet à la fin de l’année prochaine, car la loi israélienne interdit toute discrimination à l’encontre des citoyens israéliens dans les territoires.

L’effort du Texas pour se défaire de Ben & Jerry’s a commencé en juillet, peu après l’annonce du boycott des implantations. M. Hegar a ensuite annoncé qu’il avait ordonné à son bureau de mener une enquête pour déterminer si le désinvestissement d’Unilever était justifié.

Au début du mois, l’Arizona est devenu le premier État à se désinvestir d’Unilever et de Ben & Jerry’s en réponse à sa décision.

Les investissements de l’Arizona dans Unilever ont été réduits de 143 millions de dollars au 30 juin à seulement 50 millions de dollars la semaine dernière, et ils seront réduits à zéro d’ici le 21 septembre, a déclaré la trésorière de l’État Kimberly Yee dans un communiqué.

La semaine dernière, le New Jersey a annoncé qu’il était sur le point d’emboîter le pas.

Alan Jope, directeur de la division des investissements du New Jersey, a écrit une lettre au PDG d’Unilever pour l’informer que l’examen par l’État de la décision de boycott prise par Ben & Jerry’s en juillet avait abouti à la conclusion préliminaire que la société avait enfreint les lois locales exigeant le désinvestissement des entreprises qui boycottent Israël.

Des manifestants pro-israéliens protestent à New York contre Ben & Jerry’s suite à son boycott des implantations, le 12 août 2021. (Crédit : Luke Tress/Flash90)

En ne parvenant qu’à une conclusion préliminaire, les autorités du New Jersey ont donné à Unilever 90 jours pour convaincre Ben & Jerry’s de revenir sur son annonce avant que l’État n’aille de l’avant avec le désinvestissement des actifs du fonds de pension.

Au total, 34 États exigent de leur gouvernement qu’il cesse de faire des affaires avec des entreprises qui boycottent Israël – et 21 d’entre eux, comme l’Arizona, incluent le boycott des implantations de Cisjordanie dans leur définition.

À ce jour, huit États sont connus pour avoir déclenché des réexamens similaires qui pourraient aboutir à un désinvestissement de Ben & Jerry’s et d’Unilever. Outre le Texas, l’Arizona et le New Jersey, New York, la Floride, l’Illinois, le Maryland et le Rhode Island ont lancé des procédures formelles.

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