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Le vaccin Pfizer protège les ados contre le variant Delta – étude en Israël

Les chercheurs ont analysé les données de la caisse de santé Clalit concernant plus de 94 000 adolescents vaccinés et le même nombre d'adolescents non vaccinés

Des Israéliens reçoivent leur dose de vaccin COVID-19 dans une organisation de soins de santé Clalit, le 9 septembre 2021, à Jérusalem. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Des Israéliens reçoivent leur dose de vaccin COVID-19 dans une organisation de soins de santé Clalit, le 9 septembre 2021, à Jérusalem. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Une analyse de près de 200 000 adolescents israéliens montre que le vaccin contre le coronavirus de Pfizer-Bio NTech est efficace à 93 % pour stopper les infections symptomatiques au COVID-19 et presque aussi efficace pour tenir à distance la variante Delta du virus, ont déclaré des chercheurs mercredi dernier.

L’étude, menée par des chercheurs de l’organisme de santé israélien Clalit, de l’université de Harvard et de l’hôpital pour enfants de Boston, a comparé 94 354 personnes âgées de 12 à 18 ans ayant reçu le vaccin avec le même nombre de personnes non vaccinées du même groupe d’âge.

Elle a été menée alors que la variante Delta était la souche dominante du coronavirus en Israël, ce qui a amené les chercheurs à conclure que le vaccin était aussi efficace chez les jeunes contre cette mutation que contre les versions antérieures.

« Nos résultats montrent que le vaccin à ARNm BNT162b2 a été très efficace dans les premières semaines après la vaccination contre l’infection documentée et la Covid-19 symptomatique avec la variante delta chez les adolescents âgés de 12 à 18 ans », ont écrit les chercheurs dans une lettre au New England Journal of Medicine, qui a inclus les données.

Selon l’analyse, les adolescents qui ont reçu le vaccin entre le 8 juin et le 14 septembre étaient 59 % moins susceptibles que ceux d’un groupe témoin non vacciné de contracter le coronavirus deux semaines après avoir reçu la première dose et 57 % moins susceptibles de présenter des symptômes de COVID-19. Ces chiffres sont passés respectivement à 90 % et 93 % une semaine après l’administration de la deuxième dose du vaccin, selon l’étude.

Les auteurs ont noté que la variante Delta était responsable de plus de 95 % de toutes les infections en Israël pendant la période d’essai.

L’étude a été réalisée à partir des données de Clalit, qui est la plus grande caisse de santé d’Israël. Elle dessert plus de la moitié de sa population.

Des Israéliens reçoivent un vaccin COVID-19, dans une salle de sport transformée en centre de vaccination Clalit Health à Hod Hasharon, le 2 février 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les personnes vaccinées ont été associées avec un témoin non vacciné, en fonction de l’âge, du sexe, de la race ou de l’appartenance à une communauté, de l’emplacement géographique et de divers facteurs de risque médical. Sur les quelque 95 000 adolescents vaccinés étudiés, seuls 11 ont présenté des symptômes de COVID-19 une semaine à trois semaines après avoir reçu la deuxième dose, contre 151 dans la cohorte non vaccinée.

Seules trois hospitalisations ont été enregistrées dans l’ensemble du groupe de plus de 188 000 personnes étudiées, dont une personne entièrement vaccinée, et il n’y a eu aucune maladie grave ni aucun décès.

Les données semblent confirmer que le vaccin Pfizer-BioNTech est aussi efficace contre la variante Delta chez les adolescents que contre les souches précédentes, ont écrit les auteurs.

« Nos estimations de l’efficacité de deux doses du vaccin BNT162b2 contre la variante Delta chez les adolescents sont similaires aux estimations de l’efficacité contre la variante Alpha dans la population générale avec l’utilisation du même modèle d’étude », lit-on dans la lettre.

Une étude précédente menée auprès de patients en Angleterre et publiée en août a révélé que le vaccin était presque aussi efficace contre la variante Delta que contre la souche Alpha dans tous les groupes d’âge. Cependant, il semble que cette étude soit la première étude à grande échelle sur l’efficacité du vaccin contre la souche Delta chez les adolescents.

En Israël, certains avaient d’abord craint que le vaccin soit moins efficace contre la mutation Delta, étant donné qu’un fort pic de cas au cours de l’été a coïncidé avec l’arrivée de la variante dans le pays.

Cependant, les chercheurs israéliens ont depuis conclu que l’affaiblissement de l’immunité due aux premières doses du vaccin en était responsable, ce qui a permis de lancer une campagne massive de vaccination de rappel.

Un enfant subit un test de dépistage du coronavirus dans un centre de dépistage de la ville de Katzrin, sur le plateau du Golan, le 6 septembre 2021. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Ces derniers jours, les responsables israéliens ont fait part de leurs inquiétudes concernant l’arrivée d’une nouvelle sous-variante appelée AY4.2. Mercredi, le Premier ministre Naftali Bennett a ordonné que la nouvelle souche soit étroitement surveillée, après une rencontre avec les plus hauts responsables de la Santé.

Selon les données du ministère de la Santé publiées mercredi, près de 75 % des adolescents israéliens âgés de 16 à 19 ans ont reçu au moins deux doses du vaccin Pfizer-BioNTech, qui est essentiellement le seul vaccin disponible en Israël. Chez les 12-15 ans, ce chiffre n’est toutefois que de 44 %.

Les jeunes de 19 ans et moins ont été responsables de plus de 20 % de toutes les infections depuis le début de la pandémie, bien qu’ils ne représentent qu’un pourcentage minime des personnes présentant des symptômes ou des cas graves.

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