Le vaccin, une dose d’optimisme : la Banque d’Israël maintient son taux à 0,1 %
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Le vaccin, une dose d’optimisme : la Banque d’Israël maintient son taux à 0,1 %

La Banque d'Israël prévoit une contraction du PIB de 3,7 % en 2020 ; si le rythme rapide de l'inoculation se poursuit, l'économie devrait croître de 6,3% en 2021 et de 5,8% en 2022

Le gouverneur de la Banque d'Israël Amir Yaron, le 24 décembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le gouverneur de la Banque d'Israël Amir Yaron, le 24 décembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La Banque d’Israël a maintenu lundi son taux de référence à un niveau historiquement bas de 0,1 %, affirmant que le rythme rapide de la campagne de vaccination contre la pandémie de coronavirus « renforce l’optimisme quant à un retour rapide de l’économie sur le chemin de la croissance dans l’année à venir ».

La banque centrale a révisé à la hausse ses prévisions macro-économiques pour les deux années à venir, estimant que la contraction du PIB en 2020 sera de 3,7 %. Le PIB devrait croître de 6,3 % en 2021, et le taux de chômage général devrait diminuer au cours de l’année pour atteindre 7,7 % de la population active au quatrième trimestre 2021 – en supposant que le rythme de la campagne de vaccination se poursuive.

En 2022, le PIB devrait croître de 5,8 %, le taux de chômage devrait continuer à baisser pour atteindre 5,4 %, et le ratio dette/PIB devrait être de 75 %, selon le communiqué.

Le rythme rapide de la vaccination va aider l’économie israélienne à se redresser, a déclaré Amir Yaron lors d’une conférence de presse lundi. « Cela conduira à une activité économique plus importante et plus claire » et à moins d’incertitudes en matière de santé. Cela aidera l’économie à croître et à retrouver la voie qu’elle suivait avant que la pandémie ne frappe, a-t-il dit, ce qui sera bon pour les entreprises et les ménages. Même ainsi, parce qu’Israël est une économie ouverte, la reprise dépendra également du rythme de la reprise mondiale et de l’inoculation, a-t-il dit.

Si la vaccination ralentit en Israël et se poursuit jusqu’au milieu de l’année 2022, le PIB devrait croître de 3,5 % en 2021 et le taux de chômage général devrait baisser à environ 11 %. En 2022, la croissance du PIB devrait être de 6 %, tandis que le chômage devrait baisser à 7 %, et le ratio dette/PIB en 2022 devrait être de 82 %.

Des Israéliens attendent de recevoir le vaccin contre la COVID-19 dans un centre de vaccination géré par la municipalité de Tel Aviv, au centre médical Sourasky (Ichilov), sur la place Rabin à Tel Aviv, le 31 décembre 2020. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

« Compte tenu du rythme rapide de la vaccination, il semble qu’actuellement, le scénario de la vaccination rapide soit nettement plus probable que le scénario de la vaccination lente », a déclaré la banque centrale dans un communiqué.

Sur les 14 économistes interrogés par Reuters, 12 prévoient que la banque centrale maintiendra le taux de référence inchangé.

Plus d’un million de personnes ont déjà été vaccinées, soit environ 12 % de la population, ce qui fait d’Israël un leader mondial en ce qui concerne le pourcentage de vaccinations par habitant.

Malgré cela, le pays est entré dans sa troisième phase de confinement cette année et la pandémie continue de se propager, avec 49 643 cas actifs dans le pays en date de lundi matin et 5 135 nouveaux cas confirmés la veille. La semaine dernière, le nombre de cas quotidiens a franchi la barre des 6 000.

Selon le ministère de la Santé, 6,6 % des tests sont revenus positifs dimanche, le taux le plus élevé depuis des mois. Le nombre de décès s’est élevé à 3 416.

La commission monétaire de la banque centrale a déclaré que les risques pour l’activité économique « restent élevés, et l’impact négatif sur l’économie, et en particulier sur le marché du travail, devrait se prolonger ».

La commission a déclaré qu’elle continuera à utiliser une série d’outils monétaires pour assurer le bon fonctionnement des marchés financiers, si nécessaire.

Depuis le début de la pandémie, la banque centrale a baissé son taux directeur une seule fois – de 0,25 % en avril – et a utilisé des mesures telles que l’achat d’obligations d’État et d’entreprises et l’offre de prêts aux banques pour encourager les prêts aux entreprises en difficulté pendant la pandémie, pour maintenir les liquidités sur le marché et éviter une pénurie de liquidités.

La banque centrale a déclaré que le coût hebdomadaire direct du troisième confinement par rapport à un état de pleine activité économique est d’environ 2,5 milliards de shekels. Si les mesures de confinement sont encore renforcées, le coût sera plus élevé, a déclaré le gouverneur de la banque centrale, M. Yaron, lors de la conférence de presse.

Le déficit public global à la fin de 2020 est estimé à environ 12 % du PIB.

L’absence d’un budget national pour 2021 et la nécessité de s’appuyer sur un budget intérimaire qui a été essentiellement élaboré en 2018 « pèsent considérablement sur la capacité du gouvernement à faire fonctionner les accélérateurs de croissance et à prendre des mesures pour préparer l’économie à la période d’après-crise », a déclaré M. Yaron.

Il a ajouté que la banque centrale continuera à intervenir sur le marché des devises étrangères pour contrôler la hausse du shekel. Le shekel s’est apprécié de près de 7,5 % en 2020 par rapport au dollar, ce qui a incité la Banque d’Israël à acheter un montant record de 20 milliards de dollars sur le marché des changes au cours de l’année, a déclaré M. Yaron.

« Cela a modéré l’appréciation », a-t-il dit. « Et nous n’hésiterons pas à continuer à utiliser cet outil tant que l’économie sera en crise ».

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