Lecornu promet un texte sur l’antisémitisme au Parlement en avril
Le Premier ministre a aussi défendu la proposition faite par Emmanuel Macron d'une peine d'inéligibilité pour propos antisémite, qui "devra être également inscrite dans notre droit"
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis jeudi qu’un texte de loi visant à lutter contre l’antisémitisme, qui suscite déjà de vifs débats, serait examinée « dès avril » par le Parlement.
« Le gouvernement inscrira à l’ordre du jour des travaux du Parlement dès ce mois d’avril la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan », a affirmé Lecornu lors du 40ᵉ dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) à Paris.
Ce texte élargit le délit d’apologie du terrorisme et crée un délit de négation d’un État. Il est contesté, ses opposants y voyant un amalgame entre Juifs et Israël et une tentative de brider toute critique de la politique de Benjamin Netanyahu.
« Appeler à la destruction de l’État d’Israël, c’est appeler à la mise en danger vital d’un peuple » ce qui « ne peut plus être toléré », a affirmé Lecornu, précisant que « Dire ‘De la mer au Jourdain’ c’est appeler à la disparition d’Israël ».
Par ailleurs « soutenir Israël ce n’est pas soutenir un gouvernement » mais « l’existence d’un État, sa souveraineté, sa sécurité et donc le droit du peuple juif à disposer de lui-même », a-t-il ajouté.
Lecornu a par ailleurs estimé que « ce que fait l’actuel gouvernement israélien en Cisjordanie contrevient au droit international ».
Mais « l’instrumentalisation politique du droit n’est pas davantage acceptable », a-t-il ajouté, soulignant que la rapporteuse spéciale des Nations unies Francesca Albanese « décrédibilise profondément la parole internationale » lorsqu’elle « tient des propos en compagnie de représentants du Hamas ou de l’Iran ».
« La France en tire alors les conséquences et demande donc sa démission », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre a aussi défendu la proposition annoncée par Emmanuel Macron d’une peine d’inéligibilité pour propos antisémite, qui « devra être également inscrite dans notre droit ».
Avant lui le président du CRIF, Yonathan Arfi, avait salué cette proposition, annoncée par le chef de l’État à l’occasion d’une cérémonie à l’Elysée pour les vingt ans de la mort d’Ilan Halimi, jeune juif séquestré et torturé à mort en 2006.
« Rima Hassan, Aymeric Caron, David Guiraud, Thomas Portes, tôt ou tard, vous serez rattrapés par la justice ! », a lancé Arfi.
Il s’en est vivement pris à LFI qui selon lui « représente un danger existentiel pour les Français juifs », y voyant un « parti factieux » et une « secte politique dangereuse pour la République ».
« La mort de Quentin Deranque à Lyon doit servir aujourd’hui d’électrochoc : l’angélisme face à la violence de LFI doit cesser », a-t-il ajouté.
À quelques semaines des élections municipales, Arfi a aussi affirmé que « le PS et tous les acteurs de la gauche responsable doivent rompre clairement, définitivement, avec LFI ».
Déplorant une « assignation permanente à la guerre à Gaza », Arfi s’est inquiété d' »un antisémitisme d’atmosphère » et du niveau élevé des actes antisémites, qui ont atteint 1 320 actes en 2025.
« L’antisémitisme est toujours le signal d’alarme. Il annonce les autres haines, les autres malheurs », a prévenu de son côté Lecornu.







