Israël en guerre - Jour 193

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L’enregistrement d’un otage criant à l’aide avant d’être tué par erreur par Tsahal a été diffusé

Alon Shamriz hurlait "à l'aide" entre les tirs nourris, alors qu'il tentait d'informer l'armée de sa présence et de celle de deux autres otages

Alon Shamriz, 26 ans, enlevé par le Hamas le 7 octobre et abattu accidentellement par des soldats israéliens à Gaza le 15 décembre 2023. (Autorisation)
Alon Shamriz, 26 ans, enlevé par le Hamas le 7 octobre et abattu accidentellement par des soldats israéliens à Gaza le 15 décembre 2023. (Autorisation)

La voix, forte, claire et terrifiée, résonne entre les coups de feu.

« À l’aide », crie la voix, encore et encore. « Les otages Alon et Yotam. À l’aide ! »

Cette voix est celle d’Alon Shamriz, en décembre dernier, l’un des trois otages israéliens qui ont réussi à échapper à leurs ravisseurs et qui tentaient d’alerter les soldats qui se trouvaient à proximité de leur position. On entend également une deuxième voix en arrière-plan, celle de Yotam Haïm, otage lui aussi.

Shamriz, Haïm et Samar Talalka ont péri quelques jours plus tard, abattus par les troupes de l’armée israélienne dans un cas tragique d’erreur d’identité, alors qu’ils tentaient de se rapprocher des troupes, torse nu et en agitant un chiffon blanc.

« Aidez-nous. Nous sommes près des escaliers, sous les escaliers. Sous l’escalier », entend-on Shamriz crier de manière désespérée. « S’il vous plaît, aidez-nous ».

L’enregistrement, publié dimanche par la chaîne publique Kan, a été capté par une caméra GoPro fixée sur un chien de l’unité canine Oketz de l’armée, qui avait été envoyé dans un immeuble de la ville de Gaza lors d’une fusillade.

Il ressort d’une enquête menée par Tsahal que les soldats ont bien entendu des cris « À l’aide » et « Otages » en hébreu provenant de l’immeuble, mais ils ont cru que c’était un énième piège du groupe terroriste palestinien du Hamas pour tenter de les attirer dans une embuscade. Les troupes israéliennes ont également trouvé des signes laissés par les otages pour tenter d’attirer l’attention des soldats, mais ils ont cru que ces signes faisaient partie du piège.

« Otages israéliens », criait Shamriz entre les coups de feu. « A l’aide. À l’aide. »

De gauche à droite : Les otages Yotam Haïm, Samar Talalka et Alon Lulu Shamriz, tués par erreur par des soldats de l’armée israélienne, à Gaza, le 15 décembre 2023. (Autorisation)

Pendant les combats, les terroristes du Hamas ont tué le chien, et l’appareil n’a été retrouvé que quelques jours plus tard. Entre temps, les trois otages qui s’étaient échappés à plusieurs centaines de mètres de là, avaient déjà tué par erreur les troupes de l’armée israélienne.

Shamriz, 26 ans, a été enlevé par des terroristes du Hamas du kibboutz Kfar Aza le 7 octobre, en même temps que Yotam Haïm, 28 ans. Ils étaient retenus en captivité avec Samar Fouad Talalka, 24 ans, kidnappé à Nir Am.

« Nous sommes à l’intérieur du site », a crié Shamriz. « S’il vous plaît, aidez-nous. »

Des proches et des mis d’Alon Shamriz, dont sa mère, Dikla, au centre, à gauche, lors des funérailles de l’otage tué accidentellement par les soldats israéliens à Gaza alors qu’il fuyait la captivité du Hamas, ,au kibboutz Shefayim, le 17 décembre 2023. (Crédit : Oren ZIV / AFP)

Le 15 décembre, quelques jours après l’enregistrement, les trois hommes ont été abattus par les troupes de Tsahal dans le quartier de Shejaiya, à Gaza, alors qu’ils tentaient de se mettre à l’abri, après avoir été pris par les troupes pour des terroristes du Hamas.

Selon Tsahal, les trois hommes « ont fui ou ont été abandonnés par les terroristes qui les retenaient prisonniers » lorsque les forces de Tsahal se sont rapprochées, notant que les troupes n’avaient plus croisé de civils dans la zone déchirée par la guerre de la bande de Gaza depuis un bon bout de temps.

Un journaliste de Kan a publié sur X que le père d’Alon, Avi Shamriz, avait donné son accord pour que l’enregistrement soit diffusé, au cours d’une interview au cours de laquelle il l’avait décrit devant les caméras de Kan.

Toutefois, l’un des frères d’Alon a publié sur X que la famille n’avait pas été informée par l’armée que les enregistrements avaient été transmis aux médias.

Explosion à Shejaiya, dans le nord de Gaza, le 15 décembre 2023. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israël)

Il a indiqué que la famille Shamriz avait été informée de l’enquête il y a plusieurs mois, mais que leur mère avait refusé d’écouter l’enregistrement « parce qu’elle savait qu’elle ne le supporterait pas ».

« Je pensais que c’était derrière nous… personne n’a besoin d’entendre ça. Et voilà que Tsahal le diffuse et nous fait subir la terreur psychologique du Hamas. Maintenant, c’est sorti… pour toujours », a-t-il ajouté.

Shamriz, Haïm et Talalka faisaient partie des 253 otages capturés le 7 octobre par le groupe terroriste palestinien du Hamas lors d’un assaut sur le sud d’Israël au cours duquel près de 1 200 personnes ont été massacrées.

Selon Israël, une centaine d’otages sont toujours retenus en captivité, ainsi que les dépouilles de 30 autres personnes.

Depuis le début de la guerre à Gaza, l’armée a réussi à secourir trois otages lors de deux raids distincts. Au moins un autre otage a été tué lors d’une tentative de sauvetage ratée.

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