L’envoyé qatari explique la dernière escalade de violence entre Israël et Gaza
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L’envoyé qatari explique la dernière escalade de violence entre Israël et Gaza

L'émissaire qatari Mohammed al-Emadi a entre autres déclaré que si les affrontements entre Israël et Gaza avaient continué, il y aurait eu une "catastrophe humanitaire"

Un Palestinien montre un billet de 100 dollars reçu dans le cadre de l'aide à hauteur de 480 millions de dollars de la part du Qatar, à Gaza ville, le 13 mai 2019.(MOHAMMED ABED / AFP)
Un Palestinien montre un billet de 100 dollars reçu dans le cadre de l'aide à hauteur de 480 millions de dollars de la part du Qatar, à Gaza ville, le 13 mai 2019.(MOHAMMED ABED / AFP)

Le Qatar continuera à accorder de petites aides financières aux familles pauvres de la bande de Gaza lors des six prochains mois, a déclaré un diplomate qatari mardi soir.

Au cours des neuf derniers mois, Doha a versé, à plusieurs occasions, des aides de 100 dollars aux familles dans le besoin de l’enclave côtière.

Le Qatar poursuivra son « soutien financier pour les pauvres et les familles modestes sur une période de six mois », a déclaré l’émissaire qatari Mohammed al-Emadi lors d’une conférence de presse dans la ville de Gaza.

Fréquemment en contact avec le Hamas, l’Autorité palestinienne et Israël sur la question gazaouïe, le diplomate est revenu dans l’enclave côtière tôt lundi matin après quelques mois sans visite.

L’émissaire qatari a déclaré que les fonds pour les familles dans le besoin viendront des 180 millions de dollars que l’Etat du Golfe a promis d’envoyer dans la bande de Gaza la semaine dernière et dont il a dit qu’ils « serviront directement à Gaza ». Pourtant, il n’a pas dit à quelle fréquence Doha avait l’intention de verser des petites aides aux familles pauvres dans les six prochains mois ou quelle serait l’ampleur de ces subventions.

L’émissaire qatari pour la bande de Gaza, Mohammed al-Emadi, s’exprime dans une conférence de presse à Gaza ville le 14 mai 2019. (MOHAMMED ABED / AFP)

Au cours des deux derniers jours, sous la supervision du Comité qatari de reconstruction de Gaza, des banques postales de la bande ont distribué des billets de 100 dollars à des dizaines de milliers de familles pauvres.

Des experts ont déclaré que l’aide était désespérément nécessaire. Selon un rapport de juin 2018 des Nations unies, 53 % des Palestiniens de Gaza vivent dans le pauvreté.

Selon l’UNRWA, la principale organisation internationale qui assure des services de santé, d’éducation et d’autres services aux réfugiés palestiniens, 80 % des Gazaouis dépendant de l’aide internationale.

Des Palestiniens font la queue devant un bureau de poste pour recevoir de l’argent dans le cadre de l’aide à hauteur de 480 millions de dollars attribuée par le Qatar, à Gaza ville, le 13 mai 2019. (MOHAMMED ABED / AFP)

La semaine dernière, un officiel basé à Gaza a déclaré lors d’une conversation téléphonique qu’Israël avait accepté le transfert de fonds qatari pour les familles pauvres et à d’autres fins dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu avec des groupes terroristes, dont le Hamas et le Jihad islamique.

Après deux jours de combats intenses plus tôt en mai au cours desquels les deux groupes terroristes ont lancé plus de 650 roquettes vers le sud d’Israël. L’armée israélienne avait riposté par plus de 300 frappes aériennes sur Gaza. Le Hamas et le Jihad islamique ont ensuite annoncé que l’Egypte et d’autres acteurs internationaux avaient réussi à négocier un accord de trêve.

De la fumée s’échappe au-dessus des bâtiments lors d’une frappe aérienne d’Israël sur Gaza ville en riposte à des tirs de roquettes en provenance de l’enclave côtière le 4 mai 2019. (Mahmud Hams / AFP)

Emadi a déclaré que si le dernier épisode de combats « avait continué quelques heures de plus, le monde aurait assisté à des catastrophes humanitaires, avec des milliers de sans-abris, des milliers de maisons détruites et de civils tués ».

L’émissaire du Qatar a ajouté que ni Israël ni le Hamas ne voulaient aller vers l’escalade.

« Les deux camps ne veulent pas d’escalade… Lors de la dernière confrontation, il y a eu un problème avec une faction le long de la frontière », a-t-il déclaré, en bégayant au moment de désigner la faction, qu’il a finalement refusé de nommer.

« C’est ce qui a causé les problèmes. Les deux principaux acteurs ne veulent pas entrer dans une confrontation », a-t-il ajouté.

L’armée israélienne a accusé le Jihad islamique, soutenu par l’Iran, d’être le principal responsable de la violence lors de la dernière escalade, plutôt que le Hamas, qui dirige Gaza.

Un homme palestinien tient une affiche avec des slogans de protestation alors qui se tient sur les décombres d’un bâtiment détruit lors d’une manifestation commémorant le 71ème anniversaire de la « Nakba » à Gaza ville, le 14 mai 2019.
(MOHAMMED ABED / AFP)

Israël et des groupes terroristes de Gaza se sont livrés trois guerres au cours des 11 dernières années et plusieurs autres confrontations d’ampleur plus réduite. Israël désigne souvent le Hamas, un groupe terroriste qui a juré la destruction d’Israël, comme étant le responsable des violences qui proviennent de la bande de Gaza.

Emadi a suggéré que Doha n’avait pas l’intention de payer les salaires des fonctionnaires nommés par le Hamas dans les prochaines jours.

« Nous discuterons de ces salaires plus tard », a-t-il dit, ajoutant qu’il pensait que les autorités du Hamas « n’auront pas de problèmes à payer ces salaires » elles-mêmes après que le Qatar a versé les fonds promis pour les carburants et d’autres projets humanitaires.

Fin 2018, le Qatar avait en effet versé 10 millions de dollars, à deux reprises, pour payer les salaires de la plupart des fonctionnaires du Hamas. Le gouvernement israélien avait été très critiqué dans le pays pour avoir permis que l’argent aille au Hamas.

De l’électricité et un hôpital de campagne

Le diplomate qatari a dit que Doha utiliserait aussi les 180 millions de dollars distribués à Gaza pour continuer à payer le carburant pour la seule centrale électrique de la bande de Gaza jusqu’à la fin de 2019.

Depuis octobre 2018, Israël autorise aussi l’entrée du carburant acheté par le Qatar afin de faire tourner la centrale électrique de la bande, ce qui a permis d’augmenter sensiblement les heures d’électricité auxquelles ont accès quotidiennement de nombreuses familles palestiniennes.

Des camions israéliens transportant du carburant diesel entrent au point de passage de Kerem Shalom, à la frontière entre Israël et Gaza, le jeudi 11 octobre 2018. ( Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)

Emadi a déclaré que le Qatar allait aussi réserver 50 à 60 millions des 180 millions de dollars pour développer une ligne électrique de 161 kilo-volt, dont le Quartet – les Etats-Unis, la Russie, les Nations unies et l’UE – a dit qu’elle pourrait fournir 100 mégawatts d’heures supplémentaires d’électricité à Gaza.

Gaza reçoit environ 190 megawatts heures de la centrale électrique, alors que sa demande moyenne se situe entre 500 et 550 megawatts heures.

Une partie de l’infrastructure de la centrale de 161 kV a été construite, mais des travaux importants doivent encore être réalisés par l’Entreprise électrique d’Israël pour commencer à approvisionner l’électricité depuis l’Etat juif vers Gaza, a déclaré Mohammed Thabet, un porte-parole de l’Entreprise de distribution d’électricité de Gaza, lors d’un appel téléphonique.

L’émissaire qatari a ajouté que les fonds que le Qatar a promis d’envoyer à Gaza la semaine dernière continuerait à soutenir les programmes « argent contre travail » supervisés par les Nations unies.

Un certain nombre de Gazaouis ont récemment commencé des emplois temporaires dans le cadre de ces programmes.

Un émeutier palestinien jette des pierres sur les soldats israéliens alors qu’une femme portant une tenue palestinienne traditionnelle agite un drapeau national près de la frontière avec Israël, à l’est de la ville de Gaza, le 10 mai 2019. (Photo par Said KHATIB / AFP)

Emadi a noté que le Qatar, en coordination avec ce qu’il a appelé « l’institution américaine pour l’humanitarisme », allait commencer à travailler sur la construction d’un hôpital de campagne de 40 000 mètres carrés dans le nord de la bande.

L’année passée, des milliers de Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens lors d’émeutes violentes dans la zone frontalière entre Gaza et Israël, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

Les manifestations le long de la frontière, qui se sont traduites par de nombreux actes de violence contre les soldats israéliens, avaient pour but qu’Israël lève ses restrictions de mouvement des personnes et des biens qui entrent et qui sortent de Gaza et demandaient le retour des réfugiés palestiniens et de leurs descendants sur des terres relevant aujourd’hui de l’Etat juif.

Des officiels israéliens ont déclaré que le retour des réfugiés palestiniens et de leurs descendants détruirait le caractère juif d’Israël. Ils affirment aussi que les restrictions de mouvement sont en place pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes de faire entrer des armes dans le territoire.

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