Les candidats du Likud doivent signer une promesse de ne pas renverser Netanyahu
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Les candidats du Likud doivent signer une promesse de ne pas renverser Netanyahu

L'initiative a été lancée après que Liberman a proposé Yuli Edelstein pour remplacer Netanyahu si le Premier ministre ne réussit pas à bâtir une coalition

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, entouré par des politiciens du Likud et sa femme Sara, s'adresse à ses partisans alors que les résultats des élections israéliennes sont annoncés, au quartier général du parti à Tel Aviv, tôt le 10 avril 2019. (Yonatan Sindel/FLASH90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, entouré par des politiciens du Likud et sa femme Sara, s'adresse à ses partisans alors que les résultats des élections israéliennes sont annoncés, au quartier général du parti à Tel Aviv, tôt le 10 avril 2019. (Yonatan Sindel/FLASH90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait demandé un engagement signé de la part des principaux candidats à la Knesset de son parti pour attester qu’ils restent bien unis derrière lui et qu’ils n’ont pas l’intention de le remplacer.

Les informations, qui ont été rapportées en premier par le site Ynet, ont été diffusées un jour après que les principaux rivaux de Netanyahu ont déclaré qu’ils pourraient tenter de former un gouvernement de coalition après les élections avec quelqu’un d’autre dans le parti si le Premier ministre refusait de jouer le jeu.

Selon Ynet, Netanyahu veut que les 40 premiers candidats à la Knesset signent une déclaration de loyauté où il est écrit : « Nous, soussignés, les candidats sur la liste du Likud pour la 22ème Knesset, affirmons que nous ne nous laisserons pas imposer de règles par aucun autre parti. Quels que soient les résultats des élections, le Premier ministre et président du Likud Benjamin Netanyahu est le seul candidat du Likud au poste de Premier ministre, et il n’y aura pas d’autre candidat ».

L’ancien président de la coalition David Bitan aurait demandé aux élus du Likud de signer la déclaration.

La Douzième chaîne a annoncé que cinq candidats sur la liste du Likud ont déjà signé la déclaration, et au moins deux membres de la Knesset l’ont confirmé publiquement.

« J’ai aussi signé. Seulement Netanyahu », a tweeté l’élue du Likud Miki Zohar.

« Les militants du Likud pensent seulement à ce qui est le mieux pour le pays et ils mettent donc Netanyahu au gouvernail », a déclaré Zohar.

Shlomo Karhi, un nouvel élu du Likud, a également signé la lettre avec « conviction et grande fierté ». Il a fustigé d’autres partis qui n’ont pas tenu de primaires internes.

« Tout parti dictatorial qui ose nous faire la leçon [sur] qui a été choisi pour nous diriger doit d’abord se regarder dans le miroir et avoir profondément honte », a-t-il écrit sut Twitter.

L’élu du Likud Nir Barkat a également dit qu’il allait signer le document.

« Nous sommes loyaux à notre chef », a-t-il déclaré à Ynet.

Le parti du Likud a déclaré qu’il n’avait pas de commentaire sur le sujet et la députée du Likud Osnat Mark a démenti l’information comme étant un « fake ».

« Je n’ai pas la moindre idée de tout cela, personne ne m’en a parlé, c’est un autre fake de Ynet« , a-t-elle déclaré à la chaîne radio Galei Yisrael.

Le co-dirigeant de Kakhol lavan, Yair Lapid, fait une déclaration devant les médias à la Knesset de Jérusalem, le 13 mai 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

En réagissant à l’information, le numéro 2 de Kakhol lavan Yair lapid a dit que les membres du parti du Likud parlent avec Kakhol lavan sur un possible successeur à Netanyahu.

« Bibi a raison. Tout le monde au Likud cherche déjà son héritier et on nous en parle. Pour le moment, ce ne sont que des chuchotements. Mais cela ne durera pas », a déclaré Lapid sur Twitter, en utilisant le surnom du Premier ministre.

Le Camp démocratique a déclaré dans un communiqué que « le spectacle de marionnettes de Netanyahu continue pour l’aider dans sa quête visant à échapper à la menace de la Justice ».

L’idée d’une déclaration de loyauté au Likud aurait été lancée samedi après que le chef d’Yisrael Beytenu Avidgor Liberman eut exposé un scénario dans lequel il pourrait faire quitter le direction du parti à Netanyahu.

Liberman, qui est perçu comme ayant un rôle clef à jouer pour compléter une coalition de droite ou de gauche, a dit qu’il rejoindra uniquement un gouvernement d’unité conduit par le Likud et Kakhol lavan.

Jusqu’à présent, le Likud a rejeté l’idée du gouvernement d’unité, déclarant qu’il chercherait à établir une coalition de droite et de partis religieux.

Le mois dernier, Gantz a déclaré qu’il était en « négociations avec des représentants du Likud » sur la possibilité de former un gouvernement d’unité nationale sans Netanyahu, qui fait l’objet de procédures judiciaires dans trois affaires de corruption, après les élections.

A l’époque, un porte-parole de Kakhol lavan avait refusé de donner des détails sur les hommes politiques rencontrés, ni où et quand ses rencontres avaient eu lieu, mais il avait déclaré que les discussions étaient « plus directes que ce qui avait été fait sur le sujet auparavant ».

Avidgor Liberman, le chef d’Yisrael Beytenu, lors du lancement de la campagne de son parti à Tel Aviv, el 30 juillet 2019.
(Tomer Neuberg/Flash90)

Liberman a dit que si le Likud remporte plus de sièges que Kakhol lavan aux élections de septembre mais qu’il ne s’engage pas à former une coalition avec Kakhol lavan et Yisrael Beytenu, il demanderait au Likud de « placer quelqu’un d’autre à la tête du parti ».

Quand on lui a demandé de proposer un membre du Likud qu’il pourrait choisir pour remplacer Netanyahu, Liberman a mentionné le président de la Knesset Yuli Edelstein.

« Je suis certain qu’au sein du Likud, quand ils vont à nouveau se rendre compte que Netanyahu ne pourra pas former un gouvernement comme il n’a pas pu le faire en avril, un autre chef de parti sera désigné », a déclaré Liberman, qui avait reconnu samedi qu’il était intéressé par le poste de Premier ministre. Il a dit qu’il n’avait pas exclu l’idée d’une rotation au poste.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de la Knesset Yuli Edelstein arrivent pour un événement conjoint organisé entre le parlement israélien et le congrès américain, célébrant le 50ème anniversaire de la réunification de Jérusalem à la Knesset, le 7 juin 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Peu après les commentaires de Liberman, Yair, le fils de Netanyahu, a accusé Edelstein de tenter d’organiser une prise de pouvoir au sein du parti contre son père.

« Liberman vient juste de révéler par erreur en direct qu’une tentative de prise de pouvoir est organisée avec Edelstein, a tweeté Netanyahu. Et ensuite ils disent que moi, je ne sais pas me taire ».

Il a ensuite effacé son tweet. Quand d’autres utilisateurs ont affirmé qu’il avait fait ses accusations pour le compte de son père, il l’a démenti. « Je suis un adulte et j’écris sur mon iPhone ce qui me vient à l’esprit sur le moment », a-t-il dit.

Edelstein a ensuite tweeté son soutien à Netanyahu comme étant « le seul candidat du Likud au poste de Premier ministre ».

Des dirigeants des partis d’opposition se sont, quant à eux, moqués de Netanyahu qui aurait cherché à obtenir un engagement signé des principaux candidats du Likud à la Knesset pour le soutenir et n’ont pas l’intention de le remplacer.

« La paranoïa de Netanyahu a franchi toutes les limites logiques », a déclaré Amir Peretz, chef du Parti travailliste-Gesher, sur le site d’information YNet. « Il semble que lui aussi comprenne que son règne est terminé. Le Likud est passé d’un parti national libéral à un parti qui vénère un homme. »

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