Les candidats Républicains contre Obama et pour Israël
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Les candidats Républicains contre Obama et pour Israël

Lors du second débat républicain, Donald trump s’en est pris à Jeb Bush sur la guerre en Irak, et a dit qu’il "s’entendra" avec la Russie de Poutine

Le plateau du débat des candidats aux primaires du parti républicain organisé par la CNN le 16 septembre 2015 au Ronald Reagan Presidential Library and Museum à Simi Valley en Californie (Photo: page Facebook de la CNN)
Le plateau du débat des candidats aux primaires du parti républicain organisé par la CNN le 16 septembre 2015 au Ronald Reagan Presidential Library and Museum à Simi Valley en Californie (Photo: page Facebook de la CNN)

WASHINGTON — Les candidats Républicains à la présidentielle ont débattu mercredi soir sur la politique étrangère, tout particulièrement du futur de l’accord nucléaire avec l’Iran et l’héritage de la guerre en Irak. Mais dans un débat qui a parfois dérivé en attaques personnelles, les candidats semblaient largement prêts à partager leur mépris sur l’héritage diplomatique du président Barack Obama, ainsi qu’un fervent soutien à Israël.

« Je ne serrerai pas la main, je ne rencontrerai pas et je n’accepterai rien avec un pays qui dit « Mort aux Etats-Unis » et « Mort à Israël », et qui détient nos otages alors que nous signons des accords avec eux », a déclaré le gouverneur du New Jersey Chris Cristie en référence à l’Iran. Il a ajouté qu’il conduirait « une Amérique qui sera forte et résolue, et sera à nouveau capable de bomber le torse et de dire ‘Nous sommes vraiment le plus grand pays dans le monde, parce que nous vivons nos vies de cette manière, tous les jours’ ».

Le Sénateur Marco Rubio, qui a semblé très ferme dans ses réponses sur les questions de politique étrangère tout au long du débat, a déclaré que, s’il était élu, « notre avion Air Force One volera, tout d’abord, vers nos alliés, en Israël, en Corée du Sud et au Japon. Ils savent que nous sommes avec eux, que l’on peut compter sur l’Amérique ». Il a également promis qu’en plus de rencontrer les dirigeants de Russie et de Chine, il rencontrerait « ceux qui aspirent à la liberté » dans ces états.

Restaurer la force américaine et renforcer ses alliés était le thème commun des déclarations finales. L’ancien gouverneur d’Arkansas Mike Huckabee a avancé une position similaire dans ses propos. « A la fin de ma présidence, j’aimerais croire que le monde sera un endroit plus sûr, et qu’il n’y aurait pas des menaces, non seulement contre les Etats-Unis, mais aussi contre Israël et nos alliés, parce que nous aurions l’armée la mieux entraînée, la mieux équipée et la mieux préparée de l’histoire de l’humanité », a-t-il déclaré. « Ils sauraient que le président ne les enverrait jamais dans une mision sans toutes les ressources nécessaires, mais les gens ne nous attaqueraient plus parce qu’ils sauront que cela représenterait une invitation à leur propre destruction ».

Le sénateur Ted Cruz a également réassuré son public que, s’il devait être élu, « nos amis et alliés dans le monde sauront que nous sommes avec eux ».

« Le buste de Winston Churchill sera de retour dans le Bureau Oval, l’ambassade américaine en Israël sera à Jérusalem. Les ennemis dans le monde sauront que les Etats-Unis ne doivent pas être pris à la légère. L’EIIL sera vaincu », a-t-il promis en utilisant un des acronymes pour le groupe radical de l’Etat islamique. « Nous aurons un président prêt à prononcer les mots « terrorisme islamique radical », et le [guide suprême iranien] Ayatollah Ali Khamenei comprendra qu’il n’aura jamais, jamais, d’armes nucléaires ».

La promesse de Cruz de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem était aussi un point de discussion dans le précédent débat républicain, et il n’était pas le seul candidat à répéter de telles assurances. La femme d’affaire Carly Fiorina a rappelé son engagement, effectué la première fois lors de son entrée en campagne en mai, de contacter le Premier ministre Benjamin Netanyahu directement après son élection.

« Le premier jour au Bureau Oval, je passerai deux appels, le premier à mon ami Bibi Netanyahu pour le réassurer que nous soutenons l’Etat d’Israël, a déclaré Fiorina. Le deuxième, au guide suprême, pour lui dire qu’à moins et jusqu’à ce qu’il ouvre toute installation militaire et nucléaire sérieusement, n’importe quand et n’importe où, à nos équipes, pas aux siennes, nous, les Etats-Unis d’Amérique, leur rendrons aussi difficile que possible de déplacer de l’argent dans le système financier mondial ».

Différences sur l’Iran et l’Irak

Malgré les apparentes similarités sur la nécessité de proposer un leadership mondial fort, des désaccords clefs ont emmergé entre les candidats sur les manières dont ce leadership devrait être démontré concernant l’accord nucléaire signé avec l’Iran en juillet.

Le sénateur Rand Paul, le gouverneur de l’Ohio John Kasich, et l’ancien gouverneur de la Floride Jeb Bush ont déclaré que le prochain président ne devrait pas immédiatement annuler l’accord nucléaire avec l’Iran.

Insistant sur le fait que « déchirer un accord ne constitue pas une stratégie », Bush a déclaré que les Etats-Unis ont besoin d’une approche plus nuancée envers l’Iran. « La première chose que nous devons faire est d’établir notre engagement envers Israël, qui a été endommagé par l’administration sortante, et de s’assurer qu’ils disposent des armes les plus sophistiquées pour envoyer un signal à l’Iran que nous soutenons Israël. Si nous faisons cela, nous pourrons créer l’effet de dissuasion le plus sain que tout autre chose à laquelle je peux penser ».

Le parti républicain était fermement opposé à l’accord signé par l’administration Obama et les puissances mondiales, qui cherche à limiter le programme nucléaire de la République islamique en échange d’une levée des sanctions. Plusieurs candidats du parti ont promis d’annuler l’accord, qui a été fortement critiqué par Israël, s’ils devaient remporter la Maison Blanche.

Mais lors de ce deuxième débat pour les primaires du parti, Paul prit une attitude différente, affirmant qu’il serait «absurde» de «rompre l’accord immédiatement. » Kasich a également adopté une approche mesurée, en disant que déchirer un accord conclu non seulement par les Etats-Unis mais aussi par plusieurs alliés n’était pas une stratégie pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.
 
« S’ils violent l’accord, nous revenons aux sanctions, et nous avons la supériorité morale de parler à nos alliés en Europe pour les amener à nous suivre, » a-t-il expliqué. « S’ils ne vont pas avec nous, nous retablissons les sanctions de toute façon. S’ils financent ces groupes radicaux qui menacent Israël et tout l’Occident, alors nous devrions déchirer l’accord et revenir aux sanctions ».

Un alignement entièrement différent est apparu parmi les candidats en ce qui concerne la guerre en Irak. Alors que Bush a défendu le bilan de son frère George W. Bush à « nous protéger » suite aux attaques terroristes du 11 septembre 2001, Paul, le médecin Ben Carson et l’homme d’affaires Donald Trump ont tous mis l’accent sur leur opposition précoce – ou tout au moins, dans le cas de Carson, leurs préoccupations – concernant l’invasion américaine de l’Irak en 2003.
 
Trump, le favori du parti républicain dans les premiers Etats à voter que sont l’Iowa et le New Hampshire, s’est retrouvé sous le feu tout au long du débat, notamment pas des concurrents qui l’ont attaqué pour ne pas être suffisamment préparé à faire face à des questions difficiles de la politique étrangère.
 
Trump, pour sa part, a réitéré les préoccupations du parti républicain que les dirigeants étrangers n’ont « absolument aucun respect pour le président Obama. » Il a réitéré ses déclarations qu’il «se débrouillerait» avec le président russe Vladimir Poutine, dont le récent engagement militaire accru en Syrie a fait les manchettes aux Etats-Unis cette semaine.
 
« Nous ne nous entendons pas avec n’importe qui, et pourtant, dans le même temps, ils nous critiquent pour un oui ou pour un non », s’est plaint Trump. « Ils prennent avantage de nous sur le terrain économique et par tous les autres moyens. Actuellement, nous ne nous entendons avec personne. Je vais m’arranger, je pense, avec Poutine, et je vais m’arranger avec d’autres, et nous aurons un monde beaucoup plus stable.
 
« La Syrie est un gâchis, » a-t-il poursuivi. « Vous voyez ce qui se passe avec l’EIIL là-bas, maintenant pensez à ceci: Nous combattons l’EIIL. l’EIIL veut combattre la Syrie. Pourquoi combattons-nous l’EIIL en Syrie ? Qu’ils se battent entre eux et ramassons les restes. »

A un autre point dans le débat, le favori a cependant accusé Obama de manquer de courage pour agir, en disant qu’il serait entré dans le conflit « avec une force terrible » quand le président syrien Bashar el-Assad a commencé à attaquer ses propres civils.

https://www.youtube.com/watch?v=V8sEy7DJIZQ

L’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article

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