Les candidats travaillistes s’accusent de mettre en péril le parti
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Les candidats travaillistes s’accusent de mettre en péril le parti

Le scrutin pour désigner le prochain responsable travailliste aura lieu le 2 juillet ; Stav Shaffir et Itzik Shmuli sont en lice

Les députés Travaillistes Itzik Shmuli, à gauche, et Amir Peretz au siège du parti à Tel Aviv, le 13 février 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Les députés Travaillistes Itzik Shmuli, à gauche, et Amir Peretz au siège du parti à Tel Aviv, le 13 février 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les candidats à la tête du parti travailliste se sont lancés mutuellement des piques, samedi, alors qu’ils réfléchissent à d’éventuelles alliances avec d’autres factions de centre-gauche en amont du scrutin national qui aura lieu au mois de septembre.

Le député Itzik Shmuli, considéré comme l’un des favoris au poste, a accusé Amir Peretz, son concurrent, de mettre le parti en danger en imposant des pré-requis à tout accord d’alliance potentiel.

« Les pré-requis cités par Amir Peretz à une alliance risquent probablement de placer le parti Travailliste dans une course [électorale] indépendante et dangereuse, qui est susceptible d’entraîner sa disparition », a commenté Shmuli lors d’un événement culturel organisé à Petah Tikva.

« Nous ne devons pas répéter les erreurs du passé en raison de considérations personnelles », a-t-il ajouté.

Shmuli a déclaré que la priorité du prochain chef travailliste était de « reconstruire le parti » et d’œuvrer en faveur du rassemblement avec d’autres formations de centre-gauche.

« La stratégie visant à retirer des votes à la droite est dangereuse. Notre camp a trop pris l’habitude de se battre et de ne pas vaincre », a-t-il dit.

La députée travailliste Stav Shaffir s’exprime à la Knesset à Jérusalem, le 29 mai 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Pour sa part, la législatrice Stav Shaffir, autre candidate à la tête du parti travailliste, a accusé Shmuli de vouloir « vendre » le parti pour une alliance électorale avec Ehud Barak, ancien Premier ministre qui a annoncé cette semaine son retour en politique.

« Shmuli est prêt à vendre le parti pour avoir la quatrième place dans un autre », a-t-elle clamé lors d’un événement culturel organisé à Hadera.

« Les rassemblements entre formations ne se font pas sur Twitter mais bien en construisant des liens et la confiance, comme je m’efforce de le faire actuellement et sans pour autant en faire les gros titres », a-t-elle ajouté.

Shaffir a expliqué que si elle était choisie comme dirigeante travailliste, elle oeuvrerait à s’associer avec le Meretz de gauche, la nouvelle formation de Barak – qui n’a pas encore de nom officiel – et Kakhol lavan.

Mais elle a également semblé suggérer qu’elle pourrait quitter les rangs du parti si elle ne remportait pas la primaire – des propos qui ont été soulignés par Shmuli sur Twitter.

« Stav, nous pouvons sauver le parti ensemble. Dans le passé, il y a eu des candidats qui ont perdu et qui sont partis. Ce n’est pas la bonne manière de faire. Le parti Travailliste est plus grand qu’un candidat ou un autre. Rejoins-moi et nous construirons le parti », a écrit Shmuli.

Shaffir a rapidement répondu à Shmuli, l’accusant de se « montrer poli sur Twitter » tout en lui retransmettant, dans son dos, des « messages menaçants ».

« Ne t’inquiète pas, je ne vais nulle part. Mardi, je mènerai notre parti vers le meilleur et je serais heureuse si tu participes à l’aventure – mais en tant que véritable partenaire. Pas de politique à l’ancienne », a-t-elle tweeté.

Shaffir, 34 ans, et Shmuli, 39 ans, ont connu la notoriété en prenant la tête d’un mouvement de protestation contre le coût de la vie en 2011 avant d’entrer à la Knesset comme députés travaillistes deux ans plus tard.

Peretz, 67 ans, avait d’abord siégé à la Knesset en 1988, prenant ultérieurement la tête du parti travailliste de 2005 à 2007. Il avait cédé sa place à la direction de la formation à Ehud Barak à l’occasion du premier retour en politique de ce dernier, six ans après sa démission.

Peretz avait ensuite quitté le parti pour rejoindre le mouvement de Tzipi Livni, Hatnua, et il était retourné dans les rangs de la formation travailliste en 2015, s’inclinant face à Avi Gabbay lors de la course à son leadership.

Le poste de chef du parti est à pourvoir depuis l’annonce par Gabbay de sa démission après les pires résultats électoraux jamais obtenus par la formation dans toute son histoire et une controverse portant sur une offre faite par le Premier ministre Benjamin Netanyahu au chef du parti de rejoindre sa coalition – une initiative qui a été vivement critiquée en interne.

Le scrutin pour désigner le prochain responsable travailliste aura lieu le 2 juillet.

Réunion avec Avi Gabbay, chef du Parti travailliste, et des parlementaires travaillistes (de gauche à droite) : Stav Shaffir, Itzik Shmuli, Amir Peretz et Shelly Yachimovich, à Tel Aviv le 13 février 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

De plus, le député Ram Ben Barak de Kakhol lavan a écarté les inquiétudes nées du retour en politique d’Ehud Barak – qui, selon certains, pourrait nuire aux résultats du parti centriste dans les urnes.

« Je ne pense pas qu’il nous portera préjudice et je pense que si c’est le cas, le coup sera léger », a-t-il déclaré lors de l’événement organisé à Hadera.

« [Barak] ne soulève pas des masses » de votes, a-t-il ajouté.

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