Les Démocrates US à Biden : Réintégrons l’accord avec l’Iran sans conditions
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Les Démocrates US à Biden : Réintégrons l’accord avec l’Iran sans conditions

Dans une lettre, les députés veulent rassurer leur président élu sur le fait de réintégrer l'accord sans obstacle du Congrès malgré le refus du lobby pro-Israël et de Netanyahu

Le député Brad Sherman, Démocrate de Californie, s'entretient avec des journalistes dans un couloir au sous-sol du Capitole à Washington, le 4 janvier 2019. (AP Photo/J. Scott Applewhite)
Le député Brad Sherman, Démocrate de Californie, s'entretient avec des journalistes dans un couloir au sous-sol du Capitole à Washington, le 4 janvier 2019. (AP Photo/J. Scott Applewhite)

WASHINGTON (JTA) – Des Démocrates influents de la Chambre des représentants américaine, dont un proche de la communauté pro-israélienne de centre-droit, soutiennent le projet du président désigné Joe Biden de réintégrer l’accord nucléaire iranien – sans nouvelles conditions pour le pays.

Dans une lettre obtenue par la Jewish Telegraphic Agency qui a commencé à circuler mercredi après-midi, les députés soutiennent la vision de Biden en contradiction directe avec les demandes de l’American Israel Public Affairs Committee, [AIPAC], d’autres membres de la communauté pro-Israël de centre-droit et du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Ces organisations veulent que M. Biden renégocie au moins certains éléments de l’accord, voire qu’il en établisse un nouveau, avant de réintégrer le plan d’action global conjoint de 2015, [JCPOA], qui a allégé les sanctions contre l’Iran en échange de restrictions, contrôlées par des observateurs extérieurs, sur le programme nucléaire du pays.

« Nous soutenons fermement votre appel à ce que l’Iran revienne à un respect strict de l’accord nucléaire, à ce que les États-Unis réintègrent l’accord et à ce que des négociations de suivi aient lieu par la suite », indique la lettre. Elle est diffusée par trois démocrates qui ont galvanisé leurs collègues pour qu’ils soutiennent l’accord de 2015 : Jan Schakowsky de l’Illinois, David Price de Caroline du Nord et Barbara Lee de Californie.

L’objectif de cette lettre, qui, espèrent les députés, obtiendra le soutien de la majorité du caucus démocrate, est de rassurer Biden sur le fait qu’il peut réintégrer l’accord sans crainte de représailles, du moins à la Chambre.

Plusieurs des membres de la Chambre des Représentants qui ont déjà signé sont des partisans d’Israël, notamment Brad Sherman de Californie, un démocrate qui a des liens de longue date avec la communauté de centre-droit pro-Israël et qui a contribué à la fondation du Israel Project au début des années 2000. La lettre est également signée par Abigail Spanberger, une démocrate de Virginie, Gregory Meeks de New York, le nouveau président de la commission des Affaires étrangères, et Joaquin Castro, un progressiste du Texas.

Sherman et Castro ont rivalisé avec Meeks pour présider la commission des Affaires étrangères. Le fait que les trois ont apposé leur signature sur la lettre indique que le soutien à la réintégration traverse les divisions au sein du parti.

Biden a annoncé la semaine dernière qu’il était prêt à réintégrer l’accord sans conditions préalables afin de contenir la poursuite accélérée du programme nucléaire iranien, déclenchée selon lui par le retrait du président Donald Trump de l’accord en 2018 et les sanctions intensives qu’il a imposées. L’économie iranienne est donc dans une situation difficile, mais les sanctions n’ont pas entravé le programme nucléaire de l’Iran. Ni l’Iran ni les États-Unis ne respectent actuellement l’accord et, selon les termes de M. Biden – salués par le gouvernement iranien – les deux nations devraient à nouveau se conformer à l’accord.

M. Biden a déclaré qu’il était prêt, après avoir réintégré l’accord, à négocier les éléments manquants à l’accord qui troublaient Israël et les nations arabes sunnites, y compris le programme de missiles de l’Iran. L’accord initial ne traitait pas du tout des armes non nucléaires.

La communauté pro-Israël de centre-droit, en particulier l’AIPAC, a demandé à Biden de modifier l’accord avant de revenir ou de le remplacer par un autre accord plus complet.

L’AIPAC a déclaré mercredi dans un tweet : « Utilisez l’effet de levier obtenu par les sanctions pour #FixTheFlaws et parvenir à un large accord avec l’Iran ».

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