Les données de 2 000 membres de l’AfD livrées sur Internet
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Les données de 2 000 membres de l’AfD livrées sur Internet

L''Alternative pour l'Allemagne est devenue la 3e force politique d'Allemagne avec 12 à 14 % des intentions de vote

Logo pour Alternative pour l’Allemagne (AfD) (Crédit : Wikimedia commons)
Logo pour Alternative pour l’Allemagne (AfD) (Crédit : Wikimedia commons)

Les données personnelles de plus de 2 000 participants au congrès du parti populiste allemand AfD, qui se tient ce week-end à Stuttgart (sud-ouest), ont été publiées dans la nuit de samedi à dimanche sur un site internet marqué à gauche.

L’un des deux dirigeants de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), Jörg Meuthen, a annoncé la nouvelle dimanche matin à la reprise des débats, réclamant du gouvernement allemand qu’il se montre « aussi ferme avec les sites d’extrême gauche qu’avec les sites d’extrême droite ».

Publiée à 00H01 (22H01 GMT) par un contributeur anonyme, la liste de plus de 2 000 noms, adresses, adresses mails, numéros de téléphone et cartes de membres de l’AfD était encore visible en milieu de matinée sur le site d’informations Indymedia, a constaté l’AFP.

L’AfD, devenue dans les sondages la troisième force politique d’Allemagne avec 12 à 14 % des intentions de vote, suscite une opposition croissante en raison de sa dérive vers la droite, d’une ligne anti-euro à une ligne anti-réfugiés et islamophobe.

Une manifestation pacifique a également rassemblé quelque 1 800 personnes dans le centre de la ville, appelant à « stopper ensemble la droitisation », et une autre est prévue ce dimanche à 11H00 locales (09H00 GMT).

Créée au printemps 2013 et entrée depuis au Parlement européen et dans la moitié des parlements régionaux allemands, l’AfD doit finir d’adopter ce dimanche son premier programme en trois ans d’existence.

Parmi les motions soumises au débat figure la phrase « l’islam n’appartient pas à l’Allemagne » et l’interdiction des minarets et des appels à la prière du muezzin.

Des centaines d’interpellations à l’ouverture d’un congrès de l’AfD

L’ouverture du congrès du parti populiste Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui doit voter le premier programme de cette jeune formation, a été perturbée samedi à Stuttgart (sud-ouest) par des échauffourées avec des militants de gauche dont des centaines ont été interpellés.

Dans la matinée, plusieurs centaines de personnes opposées à l’AfD ont tenté de bloquer l’accès au congrès et a l’aéroport de Stuttgart voisin, conduisant la police locale à interpeller 400 personnes, a indiqué un porte-parole de la police locale à l’AFP.

« Aucun droit pour la propagande nazie ! », « Gardons les réfugiés et virons les nazis ! », scandaient plusieurs groupes de manifestants aux abords du palais des congrès et de l’aéroport, où la circulation a été partiellement interrompue et les voitures arrêtées sur la voie rapide pour déposer leurs passagers.

Certains manifestants ont également enflammé des pneus et lancé des pétards sur les policiers et journalistes, selon la même source. Sur son compte Twitter, la police de Stuttgart a également indiqué avoir utilisé des sprays lacrymogènes pour repousser des protestatires.

Plus tard, des échauffourées entre militants de gauche et des membres de l’AfD ont également éclaté.

Plus d’un millier de policiers en tenue anti-émeutes, ont été déployés, appuyés par des canons à eau. Plusieurs cordons formés par des barrières et des voitures de police sécurisaient l’accès à la salle où se tient le congrès de l’AfD, a constaté une journaliste de l’AFP.

Sur le parvis devant l’entrée du palais des congrès, bouclé par la sécurité, un seul militant chantait et dansait en début de matinée, ironiquement grimé en prophète venu annoncer une série de calamités au nom de l’AfD.

Ces incidents ont retardé d’une bonne heure l’ouverture du congrès où sont attendus environ 2.400 membres samedi et dimanche.

Fondé en 2013 sur une ligne anti-euro en pleine crise de la dette, avant d’évoluer vers un discours antiréfugiés puis islamophobe, l’AfD est emmenée par Frauke Petry et Jörg Meuthen. La formation est représentée au Parlement européen et dans la moitié des parlements régionaux du pays.

Konrad Adam, Frauke Petry et Bernd Lucke au premier congrès de l'AfD, le 14 avril 2013. (Crédit : CC BY-SA 3.0)
Konrad Adam, Frauke Petry et Bernd Lucke au premier congrès de l’AfD, le 14 avril 2013. (Crédit : CC BY-SA 3.0)

S’allier au FN ?

Un an et demi avant les élections législatives de 2017, il est en forte progression dans l’opinion, où son discours dénonçant la politique d’ouverture aux migrants jusqu’en début d’année de la chancelière Angela Merkel trouve un écho certain.

Il oscille selon les enquêtes entre 12 et 14 % d’intentions de vote et est donc bien placé pour faire son entrée à la chambre fédérale des députés, le Bundestag, à l’automne 2017 lors des prochaines élections législatives. Ce qui serait une première dans l’Allemagne d’après-guerre.

Pour la première fois en trois ans d’existence, l’AfD, qui se réunit en congrès dans le sillage du succès électorale de l’extrême-droite en Autriche, doit se doter d’un programme ce week-end.

Parmi les motions soumises au vote figurent l’interdiction des minarets, « symboles de la domination islamique », des appels du muezzin ainsi que du voile, « signe politico-religieux de la soumission des femmes musulmanes aux hommes ».

Ces textes s’ajoutent à une récente salve de déclarations des leaders de l’AfD, jugeant l’islam « incompatible avec la Constitution » ou qualifiant la religion musulmane « d’idéologie politique » et de « plus grande menace pour la démocratie et la liberté ».

Le jeune parti devra aussi voter sur la question d’un rapprochement avec le Front national français et le FPÖ autrichien au Parlement européen, question qui divise la formation, entre le courant proche de l’extrême droite voire des néonazis, très implanté dans l’ex-RDA, qui y est favorable et un courant dans l’Ouest du pays tenant d’une ligne plus modérée, qui cherche à éviter l’étiquette « extrême droite » particulièrement infâmante en Allemagne.

Les débats de fond au sein de l’AfD se doublent d’une bataille pour la tête du parti: Frauke Petry, numéro un depuis qu’elle a évincé son cofondateur à l’été 2015, apparaît de plus en plus isolée face à la nuée de barons locaux confortés par les percées électorales du parti. Elle a menacé à mots couverts ces derniers jours de démissionner si sa volonté d’orienter le parti vers une ligne anti-islam devait être contestée.

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