Les employés des associations juives américaines sont inspirés, mais frustrés
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Les employés des associations juives américaines sont inspirés, mais frustrés

Six statistiques d'une étude font réfléchir sur les associations juives et ceux qui travaillent pour elles

Le public de l'Assemblée générale des Fédérations juives d'Amérique du Nord, l'un des plus grands rassemblements associatifs juifs d'Amérique du Nord, le 10 novembre 2015. (Crédit : JTA)
Le public de l'Assemblée générale des Fédérations juives d'Amérique du Nord, l'un des plus grands rassemblements associatifs juifs d'Amérique du Nord, le 10 novembre 2015. (Crédit : JTA)

Les travailleurs juifs des associations sont inspirés, respectés, et intéressés. Ils sont aussi débordés, manquent de retours réguliers de leurs supérieurs et ont hâte de changer de poste.

Ce sont certaines des conclusions d’une étude, “Are Jewish Organizations Great Places to Work?” (Les organisations juives sont-elles un bon endroit où travailler ?), publiée jeudi par Leading Edge, un partenariat de fondations et fédérations juives visant à attirer des employés talentueux vers le secteur caritatif juif.

L’étude, qui a interrogé plus de 3 000 employés de 55 associations juives, décrit le tableau d’une industrie de flux, pourvue d’employés passionnés, mais temporaires.

Voici les principaux points du rapport.

Environ 1 % des juifs américains travaillent dans une association juive

Il y a presque 10 000 associations juives aux Etats-Unis, qui comptent plus de 75 000 employés. Le domaine recouvre aussi bien les synagogues que les fédérations, en passant par les organisations sociales, et a, selon un article du Forward publié en 2014, un budget combiné dépassant les 26 milliards de dollars. En comparaison, environ 3,5 % des Américains travaillent dans une association.

Beaucoup d’employés d’associations juives sont des jeunes femmes – et 22 % ne sont pas juifs

Deux tiers des employés d’associations juives sont des femmes, et la plupart ont moins de 40 ans. Un employé sur 20 n’a pas précisé son genre. Et ce qui est peut-être plus surprenant : 22 % des professionnels juifs ne sont pas juifs.

En 2023, presque tous les directeurs des associations juives d’aujourd’hui seront remplacés

Abe Foxman, ancien directeur de la Ligue anti diffamation (ADL), s’est retiré l’année dernière après presque trois décennies à la tête du groupe. Mais il est l’exception plutôt que la règle. Selon l’étude, les associations juives ont un taux élevé de remplacement à leur sommet. De plus, d’ici cinq à sept ans, 75 % à 90 % des associations juives devront remplacer leurs dirigeants sortants.

Les employés aiment leur travail…

Voici la bonne nouvelle pour les associations juives : plus que les employés des associations américaines moyennes, les employés des associations juives se sentent « motivés par la mission de leur organisation et comprennent comment leur poste en particulier y contribue. »

Les employés des associations juives ont également le sentiment, en moyenne, d’avoir été 10 % plus respectés et 9 % plus intéressés que les employés d’associations en général, selon l’étude.

… mais beaucoup pensent à travailleur ailleurs

L’idée qu’ils aiment leur lieu travail ne signifie pas que les employés vont y rester. Comparés aux études sur les employés d’associations en général, les employés d’associations juives ont le sentiment de ne pas être reconnu dans leur travail et ne pas avoir assez d’équipement. Dans les cinq prochaines années, 60 % d’entre eux pensent changer d’organisation, même si la plupart des répondants prévoient de rester dans le secteur associatif juif pendant plus de cinq ans.

15 % des employés d’associations juives gagnent moins de 30 000 dollars

L’étude couvrait une large gamme de salaires, à commencer par une poignée de dirigeants qui gagnent plus de 350 000 dollars. Mais la majorité des travailleurs d’associations juives gagnent entre 40 000 et 50 000 dollars. Tous ne sont pas aussi chanceux, environ 15 % des employés du secteur gagnent moins de 30 000 dollars par an.

Au final, l’étude décrit un secteur associatif juif dont l’ossature est formée par des femmes, qui aiment leur mission et gagnent des salaires relativement bas, désireuses de servir mais souvent frustrées par la direction.

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