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Les employés du ministère des Affaires étrangères entament un conflit de travail

Le ministère a maintenant deux semaines pour négocier avant que le syndicat ne prenne des mesures

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid rencontre l'ambassadrice à l'ONU des États-Unis Linda Thomas-Greenfield, le 15 novembre 2021. (Crédit : Asi Efrati/ GPO)
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid rencontre l'ambassadrice à l'ONU des États-Unis Linda Thomas-Greenfield, le 15 novembre 2021. (Crédit : Asi Efrati/ GPO)

Le syndicat de la Histadrout a officiellement entamé lundi un conflit de travail contre la direction du ministère des Affaires étrangères afin d’obtenir une meilleure rémunération et de meilleurs avantages pour les diplomates et les employés du ministère.

Dans une lettre adressée aux missions diplomatiques d’Israël dans le monde, le syndicat des travailleurs du ministère des Affaires étrangères a écrit que la démarche « pourrait entraîner des perturbations dans le travail du ministère, y compris tout ce qui a trait aux visites d’invités officiels en Israël ».

Le syndicat a également demandé aux diplomates d’être prêts à prendre toutes les mesures nécessaires dans les mois à venir.

« Les conditions d’emploi des employés du ministère des Affaires étrangères en Israël et dans le monde entier se sont systématiquement et régulièrement dégradées depuis des années », a déclaré le syndicat dans un communiqué.

« Cela fait six mois que les représentants des employés demandent que ces questions soient traitées. Malheureusement, nos efforts n’ont pas abouti, et les employés du ministère des Affaires étrangères se retrouvent donc une fois de plus contraints de se battre pour leurs droits. »

Ils ont appelé le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, actuellement en visite de deux jours au Royaume-Uni et en France, à prendre fait et cause pour eux.

« Les employés du ministère des Affaires étrangères ont une influence déterminante sur de nombreux aspects des activités du pays », poursuit le communiqué. « Nous espérons que nous n’aurons pas besoin de prendre des mesures supplémentaires pour perturber ces activités importantes. »

Les employés du ministère des Affaires étrangères perturbent une rencontre de la commission des promotions alors qu’un membre de la commission attend qu’ils quittent la salle, le 19 octobre 2021. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

Selon la loi, le ministère des Affaires étrangères a maintenant deux semaines pour négocier afin de trouver une solution avant que le syndicat ne commence à prendre des mesures.

Une demande centrale est que le calendrier actuel des promotions soit reconfiguré par le ministère des Finances. Les calendriers de promotion sont un point de discorde majeur, car seuls un ou deux postes se libèrent à chaque fois pour des dizaines de candidats à chaque grade.

Les retards dans les promotions affectent gravement les salaires de leur travail, qu’ils décrivent comme ayant lieu régulièrement jusque tard le soir et le week-end.

« Le ministre des Affaires étrangères et le directeur général apprécient le bon travail et le dévouement des employés du ministère des Affaires étrangères », a répondu le ministère dans un communiqué, « et s’engagent à continuer à travailler pour améliorer les conditions d’emploi et les salaires des employés du ministère, qu’ils méritent. »

Les représentants concentrent actuellement leurs efforts sur la gestion du ministère des Affaires étrangères, et non sur celle du ministère des Finances, qui négocie les salaires et les avantages sociaux avec les autres services gouvernementaux.

Le directeur général du ministère des Affaires Etrangères, Alon Ushpiz, participe à une réunion de la commission de la Défense et des Affaires Etrangères, à la Knesset, à Jérusalem, le 9 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Nos demandes s’adressent au ministère des Affaires étrangères, puisque c’est notre père et que nous fonctionnons par son intermédiaire », a déclaré un porte-parole du syndicat au Times of Israel. « Bien sûr, notre ‘père’ dit toujours qu’il aime beaucoup ses enfants ».

Le syndicat avait annoncé en octobre qu’il allait entamer le processus de déclaration d’un conflit de travail. Les employés du ministère se sont lancés dans une campagne agressive pour obtenir une meilleure rémunération et de meilleurs avantages, perturbant une réunion du comité de promotion et affichant des panneaux à l’entrée du bureau de Lapid.

Yosi Levi Sfari, chef du syndicat des employés du ministère des Affaires étrangères, pendant un mouvement de protestation, le 19 octobre 2021. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

« Nous en sommes arrivés à un point où quelqu’un est censé être promu, et la direction lui dit : ‘Nous ne pouvons tout simplement pas vous promouvoir’. Ce n’est pas que cela prendra un mois ou deux de plus ; c’est encore dix ans, douze ans, ou cela n’arrivera jamais », avait déclaré Yosef Levi Sfari, chef du syndicat des travailleurs du ministère des Affaires étrangères, au Times of Israel en octobre.

Quelque 229 employés sont éligibles et attendent une promotion, a déclaré Levi Sfari, certains depuis plus de dix ans. L’âge moyen de ceux qui atteignent le rang d’ambassadeur est de 63 ans, et même à ce grade supérieur, le salaire de base n’est que d’environ 14 500 shekels par mois.

Les employés du ministère des Affaires étrangères ont annoncé en 2019 qu’ils intensifieraient leurs protestations après que le gouvernement eut adopté une réduction radicale des dépenses de 1,2 milliard de shekels. Les coupes budgétaires ont encore grevé le budget déjà serré du ministère des Affaires étrangères, entraînant une dégradation des services dans les ambassades israéliennes.

Le ministre des Affaires Etrangères Yair Lapid (à gauche) est reçu par son homologue bahreïni Abdullatif Al Zayani à l’aéroport de Manama, Bahreïn, le 30 septembre 2021. (Crédit : Shlomi Amsalem/GPO)

En mai, un rapport du contrôleur de l’État de l’époque, Yosef Shapira, avait révélé que certains ambassadeurs israéliens et leur personnel vivaient dans des conditions invivables lorsqu’ils étaient en poste à l’étranger.

Le rapport de Shapira indiquait en effet qu’un grand nombre des quelque 250 propriétés et résidences du personnel sous la responsabilité du ministère des Affaires étrangères étaient dans un état de délabrement.

Le rapport détaille les plaintes de l’ambassadeur d’Israël au Nigeria concernant les rats et les poux dans la résidence officielle, et note que l’envoyé au Brésil dormait sur un matelas à même le sol.

Les diplomates se sont mis en grève en raison de différends salariaux et budgétaires en 2014 et à nouveau en 2016, affirmant que le trésor public avait traîné les pieds pour mettre en œuvre un accord de compensation antérieur.

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